Search Results
206 résultats trouvés avec une recherche vide
- Des mises à jour dans le CLM pour préparer la prochaine phase de collecte de données
Les acteurs du Community Led Monitoring (CLM) se sont réunis le vendredi 8 mai 2026, au local de Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), à Delmas 54, autour d’un atelier stratégique consacré à la préparation de la prochaine phase de collecte de données en Haïti. Cette activité a rassemblé les équipes de terrain, les membres du groupe consultatif communautaire (GCC) et de Housing Works ainsi que plusieurs partenaires communautaires impliqués dans la riposte au VIH dans le pays. Dès l’ouverture de la rencontre, la présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline Rateau, a insisté sur l’importance de renforcer les mécanismes communautaires de suivi afin d’améliorer la qualité des données recueillies sur le terrain : « Cette activité est essentielle pour nous permettre d’harmoniser le travail des équipes et de préparer efficacement la prochaine phase de collecte des données communautaires. » Docteur, de son côté, Eva Steide a souligné la nécessité de renforcer les capacités des acteurs communautaires engagés dans la riposte au VIH en Haïti : « Le CLM joue un rôle important dans l’amélioration de l’accès aux services et dans la remontée des réalités vécues par les communautés. Nous devons disposer de données fiables pour mieux orienter les interventions », a-t-elle expliqué. Et de poursuivre : « Cette initiative permet aux structures communautaires de travailler ensemble autour d’une même méthodologie afin de rendre le processus plus efficace et mieux coordonné », pour mettre l’accent sur la collaboration entre les organisations partenaires. Au cours de la matinée, Soeurette Policar avait présenté le contexte général du cycle du CLM dans le cadre du partenariat avec amfAR : « Le Community Led Monitoring donne aux communautés la possibilité de participer directement à l’amélioration des services liés au VIH. Les données collectées permettent d’identifier les obstacles rencontrés par les patients et d’apporter des réponses plus adaptées », avait-elle expliqué aux participants. L’un des points centraux de cette journée avait toutefois été la transition de l’application CommCare vers KoboToolBox, désormais adoptée comme nouvel outil de collecte des données du CLM. Chargée d’expliquer cette transition, Joanne H. Isidor, Directrice des données, avait indiqué que ce changement marquait une étape importante dans la modernisation du système communautaire : « KoboToolBox offre plus de flexibilité dans la gestion des formulaires et facilite la transmission des données en temps réel. Cet outil permettra aux enquêteurs de travailler de manière plus rapide et plus organisée sur le terrain », avait-elle expliqué. Elle a ajouté que cette migration visait également à améliorer la sécurité et la centralisation des informations collectées : « Nous voulions rendre le système plus performant et mieux adapté aux réalités du terrain en Haïti ». Durant les séances pratiques de formation, c’était au tour d’Alana d’accompagner les participants dans la prise en main de la nouvelle plateforme numérique. L’objectif était que chaque enquêteur puisse maîtriser les fonctionnalités de KoboToolBox avant le début de la prochaine collecte. Ainsi, ont-ils travaillé sur le remplissage des formulaires, la synchronisation des données et les différentes procédures techniques. Les participants avaient également été sensibilisés aux différentes étapes du processus de collecte des données communautaires. Lors de cette session, Georges Casimir, assistante des données, avait insisté sur l’importance du respect des procédures méthodologiques : « La qualité des données dépend du respect des critères d’échantillonnage et de la manière dont les questionnaires sont administrés aux patients », avait-il expliqué tout en rappelant le rôle clé des enquêteurs communautaires dans le processus. « Les agents de terrain doivent être capables d’identifier correctement les participants, de respecter les protocoles et d’assurer une collecte fiable des informations », a-t-il souligné. Au-delà de l’aspect technique, cette journée avait également servi d’espace de concertation entre les différentes structures engagées dans le CLM. Les participants avaient échangé sur les difficultés rencontrées lors des précédentes collectes et avaient défini ensemble les prochaines étapes du calendrier opérationnel. À la clôture de l’atelier, Julyannah Buteau, Assistante des données du CLM, a présenté les prochaines échéances liées à la collecte de données. À travers cette initiative, l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) et ses partenaires cherchent à renforcer l’efficacité du suivi communautaire dans un contexte où la disponibilité de données fiables demeure essentielle pour améliorer les réponses apportées aux personnes vivant avec le VIH et aux communautés vulnérables en Haïti. Jobenson ANDOU
- Clôture de la première session de formation : des femmes mieux outillées pour agir face à la crise
Photo de groupe Ce mardi 28 avril 2026 marque la clôture de la première session de formation réalisée par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Cette activité déroulée au local de l’institution s’inscrit dans le cadre d’une Campagne d’éducation, de sensibilisation, d’appui psychosocial et de renforcement économique des filles et des femmes pour faire face à la crise humanitaire dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Une initiative mise en œuvre pour renforcer les capacités des participantes dans un contexte de vulnérabilité croissante. Pour cette journée de clôture, les activités ont été consacrées aux affaires et à l’entrepreneuriat, considérés comme des leviers essentiels d’autonomisation économique. Le formateur chevronné Louiny Fontal a animé cette dernière session, mettant l’accent sur la nécessité, pour les femmes et les filles, de développer des initiatives économiques résilientes face aux défis de la crise. La journée a débuté par la restitution d’un devoir portant sur le plan d’engagement communautaire, exercice conçu pour permettre aux participantes de réfléchir à leur implication concrète dans leurs communautés. Réparties en groupes, elles ont présenté tour à tour leurs travaux autour de thématiques variées, notamment le leadership féminin, la solidarité communautaire, la situation des personnes déplacées internes, la prévention des violences basées sur le genre et les mécanismes de soutien aux femmes affectées par la crise. À travers ces présentations, les participantes ont démontré leur capacité à analyser les réalités de leurs milieux et à proposer des pistes d’action, traduisant ainsi les acquis des différents modules suivis au cours de cette session. L’entrepreneuriat a ensuite occupé le reste de la journée. Entre introduction aux bases de l’initiative entrepreneuriale, élaboration simplifiée de plans d’affaires et exercices pratiques en groupe, les participantes ont été initiées à des outils pouvant les aider à transformer des idées en projets générateurs de revenus. L’accent a été mis sur l’entrepreneuriat comme stratégie de résilience économique, particulièrement pour les femmes vivant dans des contextes marqués par l’instabilité et les déplacements forcés. Le module a également permis d’aborder des notions clés telles que la gestion d’une petite activité, l’identification d’opportunités économiques, la prise de risque calculée, ainsi que l’importance de la persévérance et du leadership dans le parcours entrepreneurial. Au-delà des connaissances techniques, cette session de formation, financée par ONUFEMME, aura constitué un espace d’apprentissage, d’écoute, de solidarité et de transformation. Durant cinq jours, les participantes ont été formées sur les droits humains et les violences basées sur le genre, la résilience psychosociale, le leadership féminin, les outils numériques, le marketing digital et l’entrepreneuriat, avec une approche visant à renforcer leur pouvoir d’agir dans un contexte de crise multiple. Jobenson ANDOU
- Le fil et l'aiguille : des outils de résilience pour prévenir et combattre la violence
L’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), a procédé, ce lundi 27 avril 2026, au lancement officiel d'un nouvel atelier de formation en coupe et couture. Réalisée en ses locaux à Delmas, l'activité a réuni trente bénéficiaires issus de quartiers vulnérables et de camps de déplacés de la capitale. Parmi eux, dix jeunes intègrent le premier niveau, tandis que vingt autres poursuivent leur perfectionnement au niveau II. Cette initiative, soutenue financièrement par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), s’inscrit dans une dynamique de renforcement économique visant à favoriser l’autonomie et l’épanouissement social de ces participants. Suite à la mise en contexte du projet assurée par Daika FANFAN, quatre interventions majeures ont jalonné cet événement, démontrant l'importance de l'apprentissage technique comme levier d'émancipation et de discipline professionnelle. Par écran interposé, Madame Sœurette POLICAR, Directrice Exécutive de l’ODELPA, a exprimé sa gratitude envers le HCR tout en soulignant que ce programme est un moteur essentiel de progression sociale. En citant la polyvalence d'Ismaël LAINÉ, comme comptable et tailleur, elle a présenté la couture comme un métier noble capable de générer une réelle indépendance. Ferme sur la discipline, elle a exhorté les apprenants à s'investir pleinement pour transformer durablement leur quotidien. « Les compétences que vous acquerrez ici constituent un capital précieux qui garantira votre autonomie future, vous permettant ainsi de prendre en main votre destin sans dépendre de quiconque », a-t-elle affirmé avec conviction. Dudley SAINT JEAN, Protecteur Associé du HCR De son côté, Monsieur Dudley SAINT JEAN, Protecteur Associé du HCR, a mis en lumière les raisons pour lesquelles l'agence onusienne s'est engagée aux côtés de l'ODELPA. Selon lui, cet apprentissage technique représente une opportunité de reconstruction et de résistance positive pour prévenir et combattre la violence en Haïti. Pour l'avenir, il a promis que ce partenariat pourrait donner naissance à de nouveaux outils stratégiques visant l'autonomie et la protection des populations les plus exposées. Enfin, les facilitateurs Élisabeth SYLVESTRE JEAN et Ismaël LAINÉ ont exposé la noblesse et le caractère intemporel de la couture, un secteur en perpétuelle innovation. À travers leurs interventions, ils ont illustré l'idée que la maîtrise de ce métier constitue un atout stratégique pour sécuriser l'avenir. En encourageant les participants à dépasser le stade de simples exécutants, ils ont invité ces futurs professionnels à viser l'excellence pour devenir les designers de demain, capables de métamorphoser un tissu brut en une œuvre utile et valorisante. Pour clore la journée, l’assistante psychosociale de l’ODELPA, Myriame FANÇOIS a abordé la thématique des violences basées sur le genre (VBG). Cette intervention visait à permettre aux bénéficiaires de mieux identifier les différents types et formes de violences, tout en les sensibilisant aux mécanismes de protection et de prise en charge disponibles. La redaction
- Résilience psychosociale et SOGIE au cœur de la deuxième journée de formation à l’ODELPA
Le vendredi 24 avril 2026 a marqué la deuxième journée de la session de formation réalisée par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Cette initiative, tenue en son local à Delmas, a réuni 25 jeunes femmes et filles en provenance de plusieurs communautés vulnérables et de sites de déplacés internes de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Soutenue financièrement par ONU Femmes, elle s’inscrit dans un programme visant à renforcer la résilience psychosociale et le leadership de ces dernières afin de favoriser leur participation active aux réponses humanitaires et à la gestion des crises. Deux interventions ont été à l’ordre du jour : la résilience psychosociale liée à l'estime de soi, ainsi que la sexualité, l'identité et l'expression de genre (SOGIE). L’estime de soi, comme clé de résilience psychosociale Projecteur allumé, bénéficiaires attentives, micro en mains, Myriame FRANÇOIS a lancé le premier module de la journée consacré à la santé mentale et à la reconstruction de soi. Au cours de son intervention, l’assistante psychosociale de l’ODELPA a mis l'accent sur la nécessité de transformer les ressources internes en outils perspicaces pour faire face au stress. Suivant l'approche du pionnier des études du stress, Hans SELYE, Myriame a défini cette notion comme une réponse non spécifique de l’organisme à toute demande d’adaptation. Dans cette même perspective, la reconstruction de l'identité positive a été présentée comme le premier rempart contre l'effondrement psychique en période d'instabilité. La résilience a, par ailleurs, été abordée non comme une force extérieure à acquérir, mais comme une capacité latente à réveiller. Ainsi, identifier ses propres mécanismes de survie et renforcer son image de soi permettent de réduire les cognitions négatives et de favoriser un processus de reconstruction. « La résilience existe déjà en chacune de vous ; l’objectif est de rendre ces forces conscientes pour briser le sentiment d’impuissance et choisir, chaque jour, de continuer malgré les épreuves », a-t-elle clamé. De la théorie à la pratique, Mme François a également proposé des exercices concrets, tels que la « ligne de vie ». Cette dynamique a permis aux participantes d’identifier les forces personnelles mobilisées lors de traumatismes passés, transformant ainsi leur perception du vécu. Face aux pensées dévalorisantes surgissant après une crise, l’accent a été mis sur la restructuration cognitive. Les participantes ont été encouragées à adopter des formulations réalistes pour briser le cycle de la honte. « J’ai survécu à une situation difficile, cela montre ma force », a suggéré la spécialiste en santé mentale pour remplacer les pensées traumatiques et restaurer, pierre par pierre, une confiance solide en l'avenir. S’informer pour briser les tabous et l’intolérance Grâce à la magie de la technologie, Francesca Juliyanah BUTEAU a conduit le second module de la journée. Par écran interposé, la formatrice a su captiver l’auditoire en abordant la sexualité, l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre (SOGIE), une thématique souvent jugée complexe, voire taboue en Haïti. Au cours de son exposé, la juriste a mis un focus particulier sur la distinction entre le sexe et le genre ; l'identité de genre et l'orientation sexuelle. Parallèlement, elle a été catégorique sur la liberté individuelle. « Le genre, en tant qu’ensemble de normes et de rôles sociaux, ne devrait pas être une contrainte qui impose des comportements, mais plutôt un cadre permettant de mieux se comprendre au-delà de la biologie. Bien que ces distinctions puissent sembler complexes, elles sont essentielles pour saisir la richesse et la diversité de l’humanité », a-t-elle expliqué avec clarté. Et de poursuivre : « Le sexe ne définit ni le genre, ni l'orientation sexuelle d’une personne. Tout sexe peut cohabiter avec tout genre et toute orientation sexuelle ». Cette mise au point visait à déconstruire les préjugés et à favoriser un climat de tolérance au sein de la société. Puisque l'information reste l'arme la plus efficace contre l'intolérance, Mme BUTEAU a encouragé les bénéficiaires à devenir des acteurs de changement, afin de contribuer à la création d’espaces sécurisants où les membres de la communauté LGBTQIA+ peuvent s’épanouir en toute sérénité. Une fin de journée sous le signe de la valorisation de soi Au terminus de cette journée, sous l’égide de Myriame FRANÇOIS les participantes ont été invitées à formuler des affirmations de résilience, traduisant leur volonté de poursuivre leur chemin malgré les épreuves. Par ailleurs, chacune a été amenée à se comparer à un aliment qu’elle souhaiterait incarner. Ces exercices s’inscrivaient dans une démarche de renforcement de repères positifs chez les participantes. « À chaque fois que vous douterez de vos capacités ou que votre perception de vous-même se fragilise, rappelez-vous l’aliment auquel vous vous êtes identifiées, afin de vous reconnecter à votre valeur intrinsèque », a-t-elle conclu. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Une formation pour redonner espoir aux femmes vulnérables de Port-au-Prince
Dans une atmosphère empreinte de vitalité, vingt-cinq femmes se sont réunies, ce jeudi 23 avril 2026, au local de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) pour prendre part au lancement d’une nouvelle session de formation. Certaines sont issues des quartiers vulnérables de la capitale, d’autres des sites de déplacés internes. Toutes partagent une même et seule réalité : la précarité économique, les traumatismes liés à la violence généralisée et les déplacements forcés. Cette initiative de cinq jours, organisée en partenariat avec ONUFEMME, s’inscrit dans une campagne d’éducation, de sensibilisation, de soutien psychosocial de renforcement économique. Elle relève de renforcer la résilience des femmes face à la crise humanitaire multidimensionnelle qui secoue le pays depuis des années. « À travers ce programme, ODELPA et ONUFEMME veulent démontrer que les femmes ne sont pas seulement des victimes de la crise, mais aussi des piliers de la résilience collective. Le pays entier, particulièrement, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les défis semblent insurmontables, cette formation apparaît comme une lueur d’espoir et un pas concret vers une société plus inclusive et solidaire. Elle vise 200 bénéficiaires à raison de 25 par groupe. », a lancé M. Louiny FONTAL, Président de la FHAMEJOUDDH, pour contextualiser l’activité. « Mise à part des séances de formations, ce programme vise également le renforcement économique. Un concours sera organisé et les gagnantes bénéficieront un fonds pour démarrer ou renforcer une génératrice de revenus ». Mme Ficeline RATEAU, présidente de l’ODELPA Mme Ficeline RATEAU, présidente de l’ODELPA, de son coté, a chaleureusement salué la présence de ces femmes, qu’elle considère comme des héroïnes. Le numéro 1 de l’institution les a exhortés à la résilience. « La formation est une source de pouvoir : elle vous permet de faire des choix éclairés et de défendre votre dignité. Ce n’est pas facile mais vous devez vous armer de courage pour affronter le quotidien. » Pour sa part, Mme Soeurette Policar, directrice exécutive, dans une visioconférence, a souligné l’importance de l’activité. Elle a encouragé les bénéficiaires à aller vers l’avant nonobstant des obstacles rencontrées et à suivre la formation avec sérosité car elle peut contribuer à leur émancipation et au renforcement de leur capacité. Le respect des droits humains, un impératif « Les droits Humains sont les droits que nous avons tout simplement car nous existons en tant qu'êtres humains ; ils ne sont conférés par aucun État. Ils sont fondés sur l’idée que toutes les personnes sont égales et en droit d’être traitées avec dignité et respect, quels que soient leur race, leur sexe, leur genre, leur âge, leur religion, leur handicap ou toute autre caractéristique. Ils sont universels et inaliénables inhérents à chacun et ne peuvent donc être transférés ou perdus », a expliqué M. Sadrack Rateau, formateur en droits de la personne humaine. Projecteur allumé, micro en mains, M. Sadrack a enchainé avec les différentes normes internationales et nationales protégeant les droits humains. Pour illustrer, il a cité la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, considéré comme étant le premier document juridique en la matière ; le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, deux instruments constituant la Charte internationale des droits de l'homme. Il a également mentionné la Constitution Haïtienne amendée de 1987, entre autres. Les droits humains sont universels et inaliénables et ne peuvent donc être transférés ou perdus. Ils sont fondamentaux, comme le droit à la vie. Ils rendent notre vie digne d'être vécue, comme le droit à l'alimentation, à l'éducation, au travail, à la santé et à la liberté. « À côté des droits, il existe également les devoirs. Ce sont les obligations particulières et concrètes que chaque citoyen doit remplir. En d’autres termes, on peut dire qu’ils sont ce à quoi chaque individu est tenu de respecter par rapport à une disposition législative et règlementaire, la morale, sa situation personnelle, sa profession, ses responsabilités », a relaté le facilitateur. Les VBG, un obstacle pour le respect des droits humains Dans une autre séquence, Madame Daika FANFAN a dressé un tableau présentant la violence basée sur le genre (VBG), en exposant ses diverses formes : physique, sexuelle, psychologique et économique, en soulignant les ravages qu’elle cause sur les victimes, leurs familles et la société. Elle a insisté sur les conséquences dramatiques, allant des blessures corporelles aux traumatismes psychologiques, en passant par l’exclusion sociale et la précarité économique. Enfin, elle a mis en lumière les principales formes de prise en charge, allant des soins médicaux et du soutien psychologique à l’accompagnement juridique et social, rappelant que seule une réponse intégrée et coordonnée peut briser le cycle de la violence et redonner espoir aux survivantes. « Lorsque vous êtes victimes de violences, peu importe la forme, ne gardez pas le silence, vous devez en parler à votre entourage pour avoir de l’aide : sociale, judiciaire ou juridictionnelle », a-t-elle conseillé. De meilleures informations pour protéger les survivantes de VBG M. Louiny FONTAL, journaliste senior, a présenté, les mécanismes de protection et de recours face aux violences basées sur le genre (VBG) en Haïti, un fléau qui touche particulièrement les femmes, les filles et les femmes trans. Dans un contexte marqué par l'insécurité et l'augmentation des déplacements internes à Port-au-Prince, les conditions de vie précaires dans les sites, telles que la promiscuité et le manque d’éclairage aggravant la vulnérabilité des populations. Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité d'une réponse coordonnée pour briser les barrières de la peur et de la stigmatisation qui empêchent souvent les survivantes de solliciter de l'aide. « le cadre d'intervention préconise une approche centrée sur la survivante, reposant sur des principes fondamentaux de respect, de confidentialité et de consentement éclairé. L'objectif est de structurer une chaîne de prise en charge efficace intégrant les soins médicaux d'urgence, le soutien psychosocial pour la réhabilitation émotionnelle et l'assistance juridique pour l'accès à la justice », a fait savoir le Président de la FHAMEJOUDDH. En mobilisant les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les institutions étatiques, ce programme vise à transformer chaque acteur en un agent capable d'identifier, d'écouter et d'orienter les victimes vers des lieux sûrs, garantissant ainsi leur dignité et leur sécurité. En dépit des défis rencontrés par ces femmes : déplacements forcés et violences basées sur le genre. Pourtant, l’ambiance de la première journée de formation contraste avec ce climat. Les participantes échangent, partagent leurs expériences et découvrent des outils pour reconstruire leur confiance. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- ODELPA / HCR : un partenariat stratégique pour l’autonomisation des jeunes en situation de vulnérabilité
Vue partielle de l'assistance Ce mardi 14 avril 2026, l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a procédé au lancement d’une nouvelle cohorte de formation, en son local, à Delmas. Cette initiative de quatre jours s’inscrit dans le cadre de sa campagne de sensibilisation et d’appui psychologique en faveur des jeunes issus de Fort National, Saint Martin et d’autres quartiers vulnérables de la capitale. Réalisée en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et d’autres acteurs clés, elle vise à renforcer les capacités des jeunes en vue de leur autonomisation, dans un contexte marqué par les crises multidimensionnelles auxquelles le pays fait face. Des voix unies pour une jeunesse actrice de son destin La présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline RATEAU La cérémonie de lancement de cette 8ème phase s’est déroulée en présence de figures de la présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline RATEAU, les représentants du HCR : Thais MORAES, Dudley SAINT JEAN, pour ne citer que ceux-là . Dès la genèse de l’activité, une convergence de discours a appelé à la responsabilité et à l'action. Mme Ficeline RATEAU a ouvert le bal en plaçant l'éducation au cœur de la dignité humaine. Elle a notamment pointé du doigt la corrélation entre le manque d’investissement public dans l'instruction ainsi que la montée prépondérante de l'insécurité. « La formation est une source de pouvoir : elle donne à chacun les moyens de faire des choix éclairés et de défendre sa dignité. Face à l’effritement des valeurs et à la recrudescence de la délinquance, je vous exhorte chers jeunes à prendre conscience de votre rôle et vos potentiels », a-t-elle martelé. De son côté, Daïka FANFAN a retracé avec précision l’évolution de ce programme de longue haleine. Lancé initialement en 2022, lors de la Journée internationale des droits des femmes avec un premier groupe d’une trentaine de participantes, avec le soutien de la Fondation pour la Santé Reproductive et l'Éducation (FOSREF) ainsi que du Forum de la Société Civile. Le projet a franchi un palier décisif en 2023, avec l’implication du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). Cette collaboration a facilité l'arrivée du HCR, avec lequel des ajustements ont été apportés au programme, notamment par l’introduction de nouveaux modules, tels que : les violences basées sur le genre (VBG), le VIH, les droits humains, entre autres. Ce renforcement s’accompagne également d’un volet pratique, à travers l’octroi de fonds de start-up, permettant aux jeunes de lancer leurs propres initiatives et de progresser vers une autonomie réelle, au-delà des approches instructives. Thais MORAES, représentante de HCR Un sentiment de fierté a été exprimé par Thais MORAES, représentante de HCR , intervenant à son tour, elle a salué la constance de l’ODELPA aux côtés de la population, en dépit des défis persistants auxquels le pays est confronté. Elle a, par ailleurs, invité les participants à s’impliquer pleinement dans la formation et à faire preuve d’assiduité afin d’en tirer le meilleur profit. « N’ayez pas peur de poser des questions. Car, ce que vous apprenez ici est le socle de votre indépendance de demain. C'est vous, et vous seuls, qui tenez les rênes de votre changement », a-t-elle lancé en guise de conclusion. En conclusion des interventions officielles, Garry COQUILLO, directeur de projet à l’ODELPA, a rappelé que la discipline personnelle est le socle indispensable pour transformer ce privilège en réussite durable. Immersion dans les modules de formation : Communication et Psychologie Esperancia JEAN NOEL, officière de communication Sitôt les discours terminés, les bénéficiaires ont entamé leur parcours d'apprentissage à travers une approche participative et dynamique. Le premier module de cette journée a mis l'accent sur l'importance d'un usage responsable des réseaux sociaux. Esperancia JEAN NOEL, officière de communication, et Jobenson ANDOU, Community manager à l’ODELPA, ont exposé les techniques de communication afin d'offrir aux jeunes les clés pour maîtriser leur image numérique et transformer ces plateformes en outils de réussite. Par la suite, le psychologue Robens DOLY a analysé les impacts et les manifestations du traumatisme, en mettant en évidence ses effets sur le comportement, les émotions et les relations sociales. Dans un quotidien souvent marqué par la violence, cette immersion psychologique a permis à l’assistance de mieux comprendre certaines réalités vécues, ainsi que l’importance de la prise en charge et du soutien mutuel dans ce genre de situation. L’action comme rempart À l’issue de ces quatre jours, vingt-cinq bénéficiaires recevront un appui financier afin de lancer ou de consolider leurs activités génératrices de revenus. En alliant sensibilisation et expertises techniques, ODELPA et ses partenaires prouvent qu’au cœur des tourmentes, le savoir et l’accompagnement demeurent les leviers les plus redoutables vers l'indépendance financière. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- ODELPA : une session de formation clôturée entre stratégie marketing et savoir-faire industriel
L’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté a clôturé, ce vendredi 17 avril 2026, une session de formation alliant marketing social et chimie industrielle, offrant aux participants un équilibre entre réflexion stratégique et mise en pratique. À travers des interventions dynamiques et des ateliers concrets, cette initiative, soutenue par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, vise à doter les jeunes de compétences utiles pour entreprendre et générer des revenus dans un contexte socio-économique exigeant. Photo d e group e L’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a clôturé, ce vendredi, sa nouvelle session de formation marquée par deux modules clés : le marketing social et la chimie industrielle. Une journée riche en apprentissages, alliant réflexion stratégique et pratique concrète. « Sans un bon plan marketing, une micro-entreprise ne peut ni attirer des clients, ni se démarquer de la concurrence, encore moins atteindre des objectifs ambitieux. » C’est par cette déclaration percutante que Mme Charline Joseph, formatrice en marketing social, a donné le ton dès l’entame de la journée. Mme Charline Joseph, formatrice en marketing social Face à une assistance attentive et visiblement engagée, la formatrice a posé les bases essentielles du marketing, insistant sur son rôle central dans la structuration et la pérennité de toute activité génératrice de revenus. À travers des exemples concrets et des échanges dynamiques, elle a su capter l’intérêt des participants, suscitant de nombreuses questions et interactions. Cette première partie, fortement théorique mais interactive, a permis aux bénéficiaires de mieux comprendre les mécanismes permettant de « valoriser un produit, atteindre une cible et construire une identité de marque cohérente. » La chimie industrielle, source de revenu pour les jeunes M. Felinord Jean, responsable mobilisation a l’ODELPA Mais comme pour rappeler que « la théorie sans la pratique reste incomplète », la seconde partie de la journée a plongé les participants dans l’univers de la chimie industrielle, sous la direction du responsable mobilisation a l’ODELPA M. Felinord Jean, aussi chimiste. Avec pédagogie, il a introduit les notions de base liées à la fabrication de produits, notamment les mesures, le pH et certaines formules essentielles. Très vite, la curiosité des participants s’est transformée en implication active. Le moment le plus marquant de cette session reste la phase pratique, consacrée à la fabrication de plusieurs produits chimiques : détergents, champoing, entres autres. Dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale, la salle de conférence de l’ODELPA s’est transformée en véritable laboratoire : cuvettes, cuillères et balance, mesurettes ont envahi l’espace, donnant vie aux enseignements reçus. Chaque participant a pu mettre la main à la pâte, expérimenter et mieux comprendre les réalités de la production artisanale. À travers cette session, l’ODELPA et le HCR confirment une nouvelle fois leur volonté d’accompagner les jeunes et les porteurs d’initiatives dans le développement de compétences concrètes, adaptées aux réalités du marché. Une formation qui se termine, mais qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour les bénéficiaires. Job enson AN D OU jobenyan d oy08@gmail. c om
- Cinéma et droits des femmes : une journée de réflexion et d’émotion signée ambassade de France en Haïti
« La lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas une cause parmi d’autres. C’est un véritable test pour nos sociétés : un test de justice, un test de dignité, un test d’humanité. Tant que des femmes vivront dans la peur, nous avons tous le devoir de nous lever, de parler et d’agir. Parce que défendre les droits des femmes n’est pas seulement une cause, c’est défendre l’avenir même de notre société », a déclaré l’ambassadeur de France en Haïti, Antoine MICHON, lors de la cérémonie organisée par l’Ambassade de France en Haïti. L’événement s’est tenu le 8 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, au Centre Culturel Brésil–Haïti (CCBH), à Pétion-Ville. Cette rencontre a constitué un moment de réflexions et d’échanges autour du thème : « Cinéma et réalités sociales : regards croisés sur la condition féminine et la lutte contre les violences faites aux femmes en Haïti. » Acteurs humanitaires, défenseurs des droits humains et représentants d’institutions engagées s’y sont réunis afin de dialoguer sur les violences faites aux femmes et d’explorer des pistes concrètes de solutions. Dans ses allocutions, la chargée administrative du CCBH, Kimberling D. Marcelus, a insisté sur l’importance de l’action collective. Selon elle, réunir plusieurs institutions autour d’une même cause permet d’élargir l’impact des initiatives et de renforcer les actions en faveur de la communauté. La force et la créativité qui en résultent, a-t-elle souligné, contribuent à façonner le présent tout en ouvrant la voie à un avenir plus solidaire. Elle a également réaffirmé que l’administration du centre soutient ces types d’aactivités essentielles au bien-être de la population. Un panel pour analyser les réalités du terrain Sous la coordination de Marc-Kliford CÉNOR, attaché de presse de l’instance organisatrice, le panel a réuni trois femmes au cœur des réalités du terrain : Diana Manilla ARROYO, cheffe de mission de Médecins Sans Frontières en Haïti ; Marie Goretti NDUWAYO, représentante de ONU Femmes en Haïti ; et Me Rebecca Rayd REVALY, représentante du Bureau des Droits Humains en Haïti. Diana Manilla ARROYO, qui a ouvert les interventions, a présenté le rapport de MSF couvrant la période de mai à septembre 2025. « Les données que nous avons collectées montrent que les cas de violences sexuelles ont triplé depuis 2021 jusqu’à ce jour. Parmi les cas qui font la une , on peut parler de la brutalité des agressions : les victimes sont souvent attaquées par plusieurs agresseurs à la ffois.La moyenne est de trois, mais parfois ils sont dix ou vingt. Ces violences ne visent plus seulement une femme, elles terrorisent des communautés entières », a-t-elle expliqué, soulignant la gravité de la situation. Elle a ensuite mis en lumière les obstacles majeurs pour les victimes : l’insécurité dans certaines zones, la peur des représailles, la stigmatisation et la méfiance envers la justice. Face à ces réalités, Médecins Sans Frontières plaide pour un accès élargi aux soins médicaux et psychosociaux et pour un renforcement du financement afin de répondre à l’ampleur du phénomène. Me Rebecca Rayd REVALY a ensuite pris la parole pour rappeler le rôle fondamental du cadre juridique dans la protection des femmes. « La protection des femmes contre les violences n’est pas seulement une question sociale, c’est aussi une obligation juridique. La Constitution, les conventions internationales et plusieurs lois adoptées ces dernières années constituent des outils importants. Le défi aujourd’hui est de les faire appliquer dans un contexte extrêmement difficile », a-t-elle déclaré. La disciple de Themis a également insisté sur l’importance de combiner interventions juridiques et actions de terrain. Soutenir les victimes détenues, documenter les abus pour nourrir les politiques publiques et sensibiliser les communautés afin de réduire l’impunité. Car, chaque étape, du signalement à la prise en charge judiciaire, est un maillon essentiel pour reconstruire la confiance des victimes dans le système. Marie Goretti NDUWAYO a ensuite exposé l’approche globale de ONU Femmes pour répondre aux violences faites aux femmes, en insistant sur quatre axes : fournir une assistance complète et durable, assurer un accompagnement sûr et continu pour les survivantes, adopter une approche communautaire qui implique tous les acteurs dans la prévention et la réponse et intervenir dans les sites de déplacés pour protéger les femmes vulnérables dans des contextes de promiscuité. Elle a également souligné l’importance de l’utilisation des données pour orienter les actions et mieux comprendre les phénomènes de violence. « La réponse aux violences faites aux femmes doit être globale. Elle doit protéger, accompagner et reconstruire. Mais elle doit aussi s’appuyer sur les communautés et sur des données solides pour agir efficacement », a-t-elle conclu, rappelant que chaque action menée sur le terrain est un pas vers une société plus juste et plus sûre pour toutes. Le cinéma pour donner la parole aux femmes « Au départ, il s’agissait d’un appel à projets du PNUD, financé par l’Ambassade du Canada, pour réaliser des films sur la question des femmes à travers leur projet de gouvernance et de territorialité. Nous avons ainsi produit trois réalisations : l’une retraçant l’histoire du mouvement féministe haïtien, une autre mettant en valeur les réussites des femmes dans une société qui ne leur est pas toujours favorable, et une dernière donnant la parole à celles qui vivent encore aujourd’hui les violences dans le contexte actuel », a expliqué le cinéaste haïtien Richard SÉNÉCAL qui a présenté ses œuvres. Dès les premières images, le public a été captivé par les témoignages de Lise Marie DEJEAN, Danièle MAGLOIRE et Marie Laurence J. LASSEGUE. Ces figures emblématiques du mouvement féministe haïtien ont raconté la genèse de la lutte, les obstacles rencontrés et les avancées majeures, telles que la création du Ministère à la Condition féminine et l’adoption de lois essentielles pour protéger les droits des femmes. Le deuxième film a pris un tournant plus intense et a plongé la salle dans une émotion profonde. Sur l’écran, une quinzaine de femmes ont raconté des histoires les unes plus bouleversantes que d’autres : viols, agressions physiques, traumatismes psychologiques. Jeunes ou adultes, de toutes classes sociales, elles ont partagé des violences qui dépassent leur vécu personnel et touchent toute la communauté. Peu à peu, le silence s’est imposé dans la salle. Regards détournés, tandis que certains essuyaient discrètement des larmes avec leurs mains ou des mouchoirs. Chaque récit a profondément marqué l’audience, rappelant que derrière chaque statistique se cache une vie brisée. Une clôture marquée par l’émotion et la réflexion Face à de tels remous, le réalisateur de « I Love et We Love You Anne » a choisi de ne pas projeter le troisième film, jugeant qu’il était préférable de laisser le public intégrer pleinement l’intensité des émotions vécues. Il a toutefois invité chacun à découvrir l’ensemble des œuvres sur www.filmhaiti.com , afin de prolonger la réflexion à tête reposée. Cette journée a rappelé que la défense des droits des femmes constitue une responsabilité collective. Elle a également démontré combien le cinéma, mis en perspective avec les analyses des acteurs humanitaires et des défenseurs des droits humains, exerce une puissance particulière : rendre visibles des réalités que l’on préfère parfois ignorer et susciter une prise de conscience durable. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- L'accès des femmes au marché du travail en Haïti, entre droit et chantage
Credit Photo : Freepik « Être femme et trouver un emploi en Haïti, c’est un véritable calvaire. Dans bon nombre d’entreprises, publiques ou privées, on est perçues comme des proies plutôt que comme des candidates. Les compliments indésirables sur notre physique ou les avances malsaines ne sont jamais trop loin. Tout comme moi, des milliers de femmes sont victimes de cette situation », révèle Cassandra. Dans le tumulte du marché du travail haïtien, certains parcours ressemblent à de véritables parcours du combattant, non pas par manque de talent, mais par excès d’intégrité. C’est le cas de Cassandra, 33 ans, dont le sourire actuel, derrière son bureau, cache des années de résistance face à un système qui a tenté, à maintes reprises, de marchander son avenir professionnel contre son intimité et sa dignité. Le mirage des « coups de pouce » Dans les ruelles animées d’un quartier populaire de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, Cassandra a grandi au milieu des cris d’enfants, des vendeuses de rue et des rêves souvent brisés trop tôt. Benjamine d’une fratrie de cinq enfants , elle n’avait pour horizon que ce que ses parents pouvaient lui offrir : une éducation. « Nous n’avons pas de grands moyens économiques », confie sa mère. « La seule chose que nous pouvons te donner, c’est une bonne éducation. Gare à toi si tu ne suis pas le bon chemin et si tu tombes dans une grossesse précoce comme les autres filles de la zone. » Ces paroles, répétées très souvent comme un avertissement, ont marqué Cassandra dès son plus jeune âge. Alors que beaucoup de ses camarades d’enfance ont vu leurs rêves s’éteindre dans les difficultés quotidiennes, elle a choisi de se concentrer sur ses études. Du secondaire à l’université, ses cahiers sont devenus son refuge, ses notes une arme silencieuse pour se démarquer et vaincre la promiscuité. Le prix du « Non » Après ces sacrifices, Cassandra pensait avoir gagné la bataille. Pourtant, la guerre commençait à peine. Lors de ses premiers entretiens, elle se heurte à un mur invisible. Une porte qui ne s’ouvre qu’à une condition tacite : Offrir son corps. « Au début, on pense que c’est de la maladresse », raconte-t-elle. « Un recruteur qui vous propose un dîner pour discuter des détails du contrat , un autre qui pose sa main sur votre épaule en disant que votre profil lui plaît "énormément, sur tous les angles". Ou qui vous demande littéralement de passer une nuit avec lui » Refuser ces avances n’est pas sans conséquences. Pour Cassandra, cela s’est traduit par des mois de chômage et un sentiment d’isolement croissant. « On vous fait sentir que vous êtes difficile, que c’est le milieu qui veut ça », explique-t-elle. Le tournant : l’excellence pour seul critère Le salut est venu d’une organisation non gouvernementale réputée pour ses processus de recrutement anonymisés et sa rigueur éthique. Dans cette institution, œuvrant pour le respect des droits humains et l’autonomisation des femmes haïtiennes, pas de dîners tardifs ni de compliments déplacés : seules les capacités intellectuelles et professionnelles comptent. « Ce qui leur importait, c’était ma capacité à modéliser des stratégies complexes. Quand on m’a appelée pour m’annoncer mon embauche, j’ai eu un silence au téléphone. J’ai pleuré de soulagement : enfin, on m’embauchait pour mon cerveau », confie-t-elle, les yeux larmoyants et le visage débordant de joie et de fierté. Une victoire symbolique Aujourd’hui, Cassandra gère une équipe entière avec professionnalisme. Elle est devenue une responsable respectée pour sa rigueur, sa vision et sa créativité. Son histoire circule désormais dans les couloirs, non plus comme une anecdote, mais comme un exemple de résilience. « Je ne regrette aucun de mes refus », conclut-elle avec force. « Si j’avais accepté un de ces "arrangements", je passerais chaque jour à me demander si je suis là pour mon travail ou pour autre chose. Aujourd’hui, je sais que ma place est méritée à 100 %. Le talent finit toujours par être plus fort que le chantage. » Le parcours de Cassandra est un rappel cinglant : l’intégrité, bien que coûteuse à court terme, demeure le seul fondement solide d’une carrière réussie. Elle incarne l’espoir d’une jeunesse qui refuse de se laisser enfermer par les limites imposées par la pauvreté. Mais son histoire dépasse son destin individuel. Elle met en lumière une réalité plus vaste : en Haïti, les femmes continuent de se heurter à des obstacles structurels quant à l’accès au travail et au respect de leurs droits. Dans ce contexte, Cassandra devient le visage d’une lutte silencieuse : celle de milliers de jeunes femmes qui aspirent à une vie meilleure, où leur valeur ne se mesure pas seulement à leur capacité de survie, mais à leur droit de participer pleinement au développement du pays. « Les femmes doivent être respectées à leur juste valeur et jouir pleinement de leur droit au travail, sans condition ni compromis », répète-t-elle, comme un credo. Casandra et Sarah : nom d’emprunts Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- Entre quotas et exclusion : les corps « non rentables » dans les transports publics haïtiens
« Douze passagers par voyage, pas un de moins. Je t'ai prévenu : les handicapés, laisse-les sur le trottoir. Ils cassent mon quota et je perds mon temps », a vociféré sans détour un chauffeur à son contrôleur ce matin, sous le regard passif des usagers à bord. Cette déclaration, captée à la volée dans le brouhaha d'un véhicule de transport public, déchire le voile sur une mécanique d'exclusion profondément ancrée dans la société. Dans le dédale des trajets collectifs, l’accès pour tous n’est plus un droit universel, mais une équation comptable. Et dans ce calcul, certains passagers sont tout simplement soustraits. Loin d’être un dérapage fortuit, cette hostilité est le symptôme d’une pathologie sociale profonde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 1,3 milliard de personnes — soit un individu sur six dans le monde — vivent avec un handicap. Pour elles, l’espace public est un champ de mines semé de barrières qui entravent l’accès à une existence digne. L’OMS souligne d’ailleurs que ces citoyens font face à un risque accru de pauvreté et d’exclusion des services essentiels : éducation, santé, emploi et infrastructures adaptées. En Haïti, cette réalité prend une tournure particulièrement cruelle. Au-delà des comportements discriminatoires, les infrastructures elles-mêmes, souvent vétustes, condamnent ces personnes à l’immobilité et mettent en péril leur sécurité à chaque tentative de déplacement. Des corps jugés incompatibles Dans ce système, la vulnérabilité se heurte de plein fouet à l’obsession du rendement. Pour les chauffeurs, chaque passager à mobilité réduite est perçu comme une contrainte, une anomalie qui ralentit la cadence et empiète sur l’espace précieux du gain. Mais cette sélection ne s’arrête pas là : les personnes dites plus size subissent une épreuve similaire. Si le refus n’est pas toujours explicite, il se décline en une panoplie de gestes dissuasifs : soupirs appuyés, remarques acerbes, injonctions à « se serrer », voire refus déguisés sous prétexte d’un manque de place imaginaire. « Un jour, en me rendant à l’université, j’ai été témoin d’une scène de déshumanisation ordinaire. J’étais assis dans une camionnette lorsqu’une personne en surpoids est montée à bord. En un instant, les passagers se sont levés pour s’agglutiner de l’autre côté, comme pour éviter la peste », relate Adam PIERRE, un jeune étudiant en sciences administratives. Cette scène de rejet viscéral fait écho au témoignage de Victoria A. Lines EXUMÉ, livré le 14 mai 2025 sur le plateau de l’émission Attitude à l’Organisation de Développement et de Lutte Contre la Pauvreté (ODELPA). « Dans les camionnettes, on exige souvent que je paie deux places, comme s’il fallait tarifer mon corps. Depuis, j’ai choisi de circuler à moto plutôt que de subir les regards inquisiteurs et les propos blessants qui pullulent dans ces transports. Je préfère m’épargner ce supplice et le poison des jugements », a expliqué la massothérapeute. À travers cette prise de parole, elle a dépeint sans détour les défis quotidiens et la violence du regard social auxquels sont confrontées les personnes en surpoids. La dictature du chiffre Cette course à la rentabilité transforme le transport public en une foire commerciale où seuls les corps « standards » semblent les bienvenus. La mission de servir tous les citoyens sans distinction s’efface devant l’appât du gain. La différence n’est plus une caractéristique humaine : elle devient un manque à gagner. Pourtant, les lois existent et garantissent le respect de la dignité humaine. Pourquoi leur application est difficile dès qu’elles croisent la réalité de nos trottoirs ? Réduire ce fléau à la seule moralité des chauffeurs serait une erreur de diagnostic. Une complicité silencieuse persiste au sein de la population qui, par lassitude ou indifférence, préfère trop souvent détourner le regard face à ces injustices répétées. Mais ce mal s’enracine avant tout dans l’absence de suivi public et de régulation effective. Ces dérives interpellent directement les autorités étatiques dans leur rôle de garantes du droit. Car au-delà du simple constat, une question demeure : qu’adviendra-t-il de notre société si, en plein XXIe siècle, l’exclusion continue de dicter sa loi au vu et au su de tous ? Adam PIERRE : Nom d’emprunt Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Haïti : l’éducation en sursis ou l’histoire du Collège Mixte Justin JUSTE ?
« Un vendredi de mars 2024, j’étais chez moi, en congé après les examens du deuxième contrôle. À l’autre bout du fil, un responsable m’a annoncé que le site de l’école avait été vandalisé. Des hommes sont entrés. Tout a été détruit. Jusqu’à ce jour, je ne suis jamais retourné sur ce lieu où j’avais tant investi », a déclaré David BAZIL, directeur du Collège Mixte Justin JUSTE. Dans un contexte marqué par une insécurité croissante, l’enseignement recule sous la pression des groupes armés. Le témoignage de ce normalien éclaire l’érosion d’un système déjà éprouvé et met en évidence l’impact de la violence sur l’accès au savoir. En ce 24 janvier 2026, Journée internationale de l’éducation, le contraste est saisissant : tandis que l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) célèbre « le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation », Haïti révèle un visage meurtri. Selon un rapport conjoint du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et de Plan International, plus de 900 structures scolaires ont cessé leurs activités dès janvier 2024. Entre avril et juin de la même année, près de 3 000 sites sont devenus inaccessibles, touchant plus de 300 000 enfants, selon les données du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) relayées par AyiboPost en novembre 2024. À Delmas 19, l’établissement accueillait des élèves du préscolaire au troisième cycle jusqu’au jour du basculement. Lors d’un affrontement entre les groupes armés et les forces de l’ordre, le mobilier a été arraché aux salles de classe pour ériger des barricades. Documents administratifs, dossiers scolaires et réserves alimentaires, provenant de Food for the Poor et de la Fondation Lespwa, ont été pillés. Pourtant, les seigneurs du pavé avaient juré que les lieux seraient épargnés en raison du service rendu à la communauté. Cette promesse a été cyniquement démentie une semaine avant l’attaque, lorsqu’une « taxe de protection » de 10 000 dollars américains a été exigée. « Nous percevons des frais modestes pour rendre l’éducation accessible à tous. Nous sommes souvent dans l’incapacité de payer les professeurs et même de régler le loyer. Réunir une telle somme était absolument impossible », a expliqué M. BAZIL. Un bâtisseur dans l’âme Originaire de Mirebalais, le sexagénaire s’est orienté très tôt vers l’enseignement. Dès la neuvième année fondamentale, il transmettait son savoir au Collège Bethléem, sis au cœur de sa ville. Après le baccalauréat, il a rejoint Port-au-Prince pour intégrer l’École normale supérieure (ENS). Parallèlement à ses études, ses leçons particulières à domicile assoient sa notoriété dans la zone de Delmas. Fort de cette reconnaissance, il fonde, en 2007, le Collège Mixte Justin JUSTE. « Grâce au soutien financier d’un ami, Issat ALAMA, j’ai conçu cette institution qui, avec un taux de réussite avoisinant les 90 % aux examens officiels, a rapidement été repérée comme un modèle. Trois ans plus tard, l’afflux des effectifs nous a conduits à la rue La Barbancourt, où nous avons fonctionné durant quinze ans. La bâtisse, fissurée par le séisme du 12 janvier 2010, nous a obligés à rejoindre Delmas 19 afin d’assurer notre mission pédagogique. Les voies étant parallèles, les élèves n’ont eu aucun mal à nous suivre, et l’excellence scolaire est demeurée constante », a-t-il relaté. L’exil scolaire En mai 2024, au lendemain du pillage, l’institution a trouvé refuge à la Cité-aux-Cayes durant six mois. Une brève accalmie, puisqu’une hausse brutale des frais de location a provoqué un nouveau départ. Aujourd’hui, les cours se tiennent à Delmas 31 prolongé, rue Gaou Guynioud, dans des locaux partagés avec l’institution du pasteur BIEN-AIMÉ. Face à cette instabilité, si certains élèves s’accrochent encore, quoique vivant parfois dans la promiscuité des camps de déplacés, d’autres ont fui vers les provinces. La précarité matérielle devient alors un obstacle quotidien à l’apprentissage. « Je lance un appel à toutes les organisations qui peuvent nous aider avec les enfants. Il arrive que certains d’entre eux n’aient même pas de cahiers pour suivre les cours ; Conscients de la réalité du pays, nous sommes obligés de les accepter », a plaidé le directeur avec émotion. Entre foi et devoir d’État Derrière cette résilience, David BAZIL puise sa force dans sa foi, espérant que Dieu se souvienne d’Haïti comme il s’est souvenu d’Israël. Ce témoignage souligne l’abîme entre les principes de l’UNESCO, qui définit l’école comme un espace protégé, et la tragédie haïtienne. Dans un paysage où un établissement sur trois est aujourd’hui hors service, le normalien refuse de capituler. « L’éducation est une responsabilité régalienne. Sans une intervention ferme de l’État, la jeunesse continuera de s’enfoncer dans l’abîme. Car, comme l’a dit Nelson Mandela, l’éducation demeure l’arme la plus puissante pour transformer une nation en péril », a-t-il conclu, interpellant les autorités étatiques à leur devoir. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gamil.com
- De Village de Dieu à l’atelier de l’ODELPA : le parcours d’une déplacée interne
« L’idée même de devenir lauréate ne m’avait jamais traversé l’esprit. Pour moi, l’essentiel résidait dans l’apprentissage. Aujourd’hui, cette distinction confirme que je chemine enfin sur la bonne voie. » Tels sont les propos d’Alicienne MÉMÉ, récemment distinguée lors de la deuxième cohorte en coupe et couture de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Cette formation, organisée entre novembre et décembre 2025, s’inscrivait dans la cinquième phase de la campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychologique et de renforcement de capacités au profit des jeunes des quartiers vulnérables. Soutenue par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’initiative transforme la précarité en résilience. Pour Alicienne, comme pour ses pairs, ci seaux et machines à coudre sont désormais de véritables leviers d’autonomie face aux turbulences qui secouent le pays. Pourtant, derrière cette réussite, le parcours de la trentenaire porte les stigmates d’une existence bouleversée par la violence armée et l’errance des déplacements forcés. Longtemps, elle a recherché une stabilité qui semblait se dérober à chacun de ses pas. Aujourd’hui, le cliquetis de la pédale de couture remplace le fracas des détonations, esquissant les contours d’un avenir enfin saisissable. Village de Dieu, entre refuge et chaos Pendant près de vingt-sept ans, Alicienne a vécu au Village de Dieu, quartier populaire de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, aux côtés de ses parents et de sa sœur aînée. Malgré la modestie du cadre de vie, elle y puisait un sentiment de sécurité. Après ses études classiques, elle a entamé une formation en sciences infirmières à la Mission Bon Samaritain School of Nursing, à Delmas. Rien ne laissait présager que l’irréparable se jouait déjà à ses portes. Le 6 juillet 2018 marque un tournant brutal. La défaite du Brésil face à la Belgique à la Coupe du monde, conjuguée à l’annonce de la hausse des prix du carburant par l’administration Lafontant/Moïse, avait déclenché une vague de contestation nationale. Barricades, pneus enflammés et pillages se multipliaient. À Village de Dieu, le chaos a atteint son paroxysme. « Ce jour-là, je me suis retrouvée totalement livrée à moi-même. Je venais de terminer mes études en sciences de la santé. Mes parents étaient sortis travailler, ma sœur vivait déjà dans son propre foyer. Seule dans la maison familiale, j’ai subi de plein fouet l’escalade de la violence », raconte-t-elle. Les détonations fusent de toutes parts. Terrifiée, elle est prise d’une forte fièvre. Cachée sous un lit, elle contacte un oncle paternel résidant à la rue Chavannes, à Port-au-Prince, afin de lui demander secours. Fuir devient une nécessité vitale. Sous les balles, elle quitte le quartier et trouve refuge chez ce proche. À l’hôpital, le diagnostic est sans appel : un traumatisme profond lié au choc émotionnel. Dès lors, Village de Dieu cesse d’être un refuge. L’idée d’un retour s’évanouit définitivement, rupture symboliquement scellée un an plus tard par l’arrestation du chef de gang Arnel Joseph. De Charybde en Scylla Commence alors une longue errance. Alicienne trouve d’abord refuge pendant près de trois ans à la rue Chavannes, avant que ses parents ne s’installent à la Croix-des-Bouquets, où son père construit une maison, espérant offrir un havre de paix à sa famille. Mais l’insécurité gagne rapidement du terrain, imposant une nouvelle fuite. « Nous avons quitté Croix-des-Bouquets lorsque la menace s’est resserrée autour de nous. Je me suis ensuite installée à Pernier, près de l’Académie de Police. Là encore, la violence nous a rattrapés. J’ai dû partir une fois de plus », confie-t-elle, résignée. Aujourd’hui, l’ancienne étudiante en sciences de la santé vit chez une cousine, tandis que ses parents se sont installés définitivement à Miragoâne. Ces séparations successives illustrent les sacrifices imposés par un climat d’insécurité qui fragmente les cellules familiales. Pour Alicienne, chaque nouveau toit n’a été qu’une halte provisoire dans une quête de stabilité sans cesse contrariée. La formation comme point d’ancrage Bien que diplômée en sciences infirmières, Alicienne se heurte à un marché du travail verrouillé. Faute de licence professionnelle, son insertion reste quasi impossible. Elle traverse alors une longue période sans activité ni revenu stable. C’est dans ce contexte que l’ODELPA intervient. Informée par une amie de l’existence de l’atelier de coupe et couture, elle saisit immédiatement cette opportunité. « Je faisais quelques retouches à la main, sans jamais avoir utilisé une machine. Malgré tout, j’ai accepté le défi, portée par mon intérêt pour la couture. À l’ODELPA, je me suis rapidement intégrée. L’appui logistique, notamment pour le transport, a été déterminant dans ma persévérance. Ce passage a marqué un tournant décisif dans ma vie. L’aiguille et le fil sont devenus les instruments de ma reconstruction et les bases de ma nouvelle autonomie », explique-t-elle. Recoudre l’avenir La distinction reçue à l’issue de la formation ne figurait pas parmi ses objectifs initiaux. Alicienne visait avant tout la maîtrise technique. Le jour de la proclamation des résultats, alors qu’elle se trouvait à l’église, l’annonce de son nom suscite une immense surprise. Sans avoir cherché à briller, elle se retrouve première de la promotion, transformant l’instant en une célébration vécue comme un miracle. Cette reconnaissance renforce sa confiance et sa détermination. Le parcours d’Alicienne MÉMÉ illustre la capacité des initiatives locales, soutenues par des partenaires internationaux, à transformer des trajectoires marquées par la rupture en chemins de relèvement. « Après Dieu, l’ODELPA a été la première lumière sur le chemin de mon rêve. Grâce à eux, je me suis réveillée avec un nouvel espoir. Je projette désormais de créer des ateliers et des boutiques de couture, de développer mes propres collections et, à terme, de lancer ma marque. À tous les jeunes en difficulté qui n’ont pas encore eu cette chance : résistez et croyez en vous, car tôt ou tard, vous verrez le bout du tunnel », conclut-elle. Marc Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com













