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- Haïti : l’éducation en sursis ou l’histoire du Collège Mixte Justin JUSTE ?
« Un vendredi de mars 2024, j’étais chez moi, en congé après les examens du deuxième contrôle. À l’autre bout du fil, un responsable m’a annoncé que le site de l’école avait été vandalisé. Des hommes sont entrés. Tout a été détruit. Jusqu’à ce jour, je ne suis jamais retourné sur ce lieu où j’avais tant investi », a déclaré David BAZIL, directeur du Collège Mixte Justin JUSTE. Dans un contexte marqué par une insécurité croissante, l’enseignement recule sous la pression des groupes armés. Le témoignage de ce normalien éclaire l’érosion d’un système déjà éprouvé et met en évidence l’impact de la violence sur l’accès au savoir. En ce 24 janvier 2026, Journée internationale de l’éducation, le contraste est saisissant : tandis que l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) célèbre « le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation », Haïti révèle un visage meurtri. Selon un rapport conjoint du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et de Plan International, plus de 900 structures scolaires ont cessé leurs activités dès janvier 2024. Entre avril et juin de la même année, près de 3 000 sites sont devenus inaccessibles, touchant plus de 300 000 enfants, selon les données du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) relayées par AyiboPost en novembre 2024. À Delmas 19, l’établissement accueillait des élèves du préscolaire au troisième cycle jusqu’au jour du basculement. Lors d’un affrontement entre les groupes armés et les forces de l’ordre, le mobilier a été arraché aux salles de classe pour ériger des barricades. Documents administratifs, dossiers scolaires et réserves alimentaires, provenant de Food for the Poor et de la Fondation Lespwa, ont été pillés. Pourtant, les seigneurs du pavé avaient juré que les lieux seraient épargnés en raison du service rendu à la communauté. Cette promesse a été cyniquement démentie une semaine avant l’attaque, lorsqu’une « taxe de protection » de 10 000 dollars américains a été exigée. « Nous percevons des frais modestes pour rendre l’éducation accessible à tous. Nous sommes souvent dans l’incapacité de payer les professeurs et même de régler le loyer. Réunir une telle somme était absolument impossible », a expliqué M. BAZIL. Un bâtisseur dans l’âme Originaire de Mirebalais, le sexagénaire s’est orienté très tôt vers l’enseignement. Dès la neuvième année fondamentale, il transmettait son savoir au Collège Bethléem, sis au cœur de sa ville. Après le baccalauréat, il a rejoint Port-au-Prince pour intégrer l’École normale supérieure (ENS). Parallèlement à ses études, ses leçons particulières à domicile assoient sa notoriété dans la zone de Delmas. Fort de cette reconnaissance, il fonde, en 2007, le Collège Mixte Justin JUSTE. « Grâce au soutien financier d’un ami, Issat ALAMA, j’ai conçu cette institution qui, avec un taux de réussite avoisinant les 90 % aux examens officiels, a rapidement été repérée comme un modèle. Trois ans plus tard, l’afflux des effectifs nous a conduits à la rue La Barbancourt, où nous avons fonctionné durant quinze ans. La bâtisse, fissurée par le séisme du 12 janvier 2010, nous a obligés à rejoindre Delmas 19 afin d’assurer notre mission pédagogique. Les voies étant parallèles, les élèves n’ont eu aucun mal à nous suivre, et l’excellence scolaire est demeurée constante », a-t-il relaté. L’exil scolaire En mai 2024, au lendemain du pillage, l’institution a trouvé refuge à la Cité-aux-Cayes durant six mois. Une brève accalmie, puisqu’une hausse brutale des frais de location a provoqué un nouveau départ. Aujourd’hui, les cours se tiennent à Delmas 31 prolongé, rue Gaou Guynioud, dans des locaux partagés avec l’institution du pasteur BIEN-AIMÉ. Face à cette instabilité, si certains élèves s’accrochent encore, quoique vivant parfois dans la promiscuité des camps de déplacés, d’autres ont fui vers les provinces. La précarité matérielle devient alors un obstacle quotidien à l’apprentissage. « Je lance un appel à toutes les organisations qui peuvent nous aider avec les enfants. Il arrive que certains d’entre eux n’aient même pas de cahiers pour suivre les cours ; Conscients de la réalité du pays, nous sommes obligés de les accepter », a plaidé le directeur avec émotion. Entre foi et devoir d’État Derrière cette résilience, David BAZIL puise sa force dans sa foi, espérant que Dieu se souvienne d’Haïti comme il s’est souvenu d’Israël. Ce témoignage souligne l’abîme entre les principes de l’UNESCO, qui définit l’école comme un espace protégé, et la tragédie haïtienne. Dans un paysage où un établissement sur trois est aujourd’hui hors service, le normalien refuse de capituler. « L’éducation est une responsabilité régalienne. Sans une intervention ferme de l’État, la jeunesse continuera de s’enfoncer dans l’abîme. Car, comme l’a dit Nelson Mandela, l’éducation demeure l’arme la plus puissante pour transformer une nation en péril », a-t-il conclu, interpellant les autorités étatiques à leur devoir. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gamil.com
- De Village de Dieu à l’atelier de l’ODELPA : le parcours d’une déplacée interne
« L’idée même de devenir lauréate ne m’avait jamais traversé l’esprit. Pour moi, l’essentiel résidait dans l’apprentissage. Aujourd’hui, cette distinction confirme que je chemine enfin sur la bonne voie. » Tels sont les propos d’Alicienne MÉMÉ, récemment distinguée lors de la deuxième cohorte en coupe et couture de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Cette formation, organisée entre novembre et décembre 2025, s’inscrivait dans la cinquième phase de la campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychologique et de renforcement de capacités au profit des jeunes des quartiers vulnérables. Soutenue par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’initiative transforme la précarité en résilience. Pour Alicienne, comme pour ses pairs, ci seaux et machines à coudre sont désormais de véritables leviers d’autonomie face aux turbulences qui secouent le pays. Pourtant, derrière cette réussite, le parcours de la trentenaire porte les stigmates d’une existence bouleversée par la violence armée et l’errance des déplacements forcés. Longtemps, elle a recherché une stabilité qui semblait se dérober à chacun de ses pas. Aujourd’hui, le cliquetis de la pédale de couture remplace le fracas des détonations, esquissant les contours d’un avenir enfin saisissable. Village de Dieu, entre refuge et chaos Pendant près de vingt-sept ans, Alicienne a vécu au Village de Dieu, quartier populaire de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, aux côtés de ses parents et de sa sœur aînée. Malgré la modestie du cadre de vie, elle y puisait un sentiment de sécurité. Après ses études classiques, elle a entamé une formation en sciences infirmières à la Mission Bon Samaritain School of Nursing, à Delmas. Rien ne laissait présager que l’irréparable se jouait déjà à ses portes. Le 6 juillet 2018 marque un tournant brutal. La défaite du Brésil face à la Belgique à la Coupe du monde, conjuguée à l’annonce de la hausse des prix du carburant par l’administration Lafontant/Moïse, avait déclenché une vague de contestation nationale. Barricades, pneus enflammés et pillages se multipliaient. À Village de Dieu, le chaos a atteint son paroxysme. « Ce jour-là, je me suis retrouvée totalement livrée à moi-même. Je venais de terminer mes études en sciences de la santé. Mes parents étaient sortis travailler, ma sœur vivait déjà dans son propre foyer. Seule dans la maison familiale, j’ai subi de plein fouet l’escalade de la violence », raconte-t-elle. Les détonations fusent de toutes parts. Terrifiée, elle est prise d’une forte fièvre. Cachée sous un lit, elle contacte un oncle paternel résidant à la rue Chavannes, à Port-au-Prince, afin de lui demander secours. Fuir devient une nécessité vitale. Sous les balles, elle quitte le quartier et trouve refuge chez ce proche. À l’hôpital, le diagnostic est sans appel : un traumatisme profond lié au choc émotionnel. Dès lors, Village de Dieu cesse d’être un refuge. L’idée d’un retour s’évanouit définitivement, rupture symboliquement scellée un an plus tard par l’arrestation du chef de gang Arnel Joseph. De Charybde en Scylla Commence alors une longue errance. Alicienne trouve d’abord refuge pendant près de trois ans à la rue Chavannes, avant que ses parents ne s’installent à la Croix-des-Bouquets, où son père construit une maison, espérant offrir un havre de paix à sa famille. Mais l’insécurité gagne rapidement du terrain, imposant une nouvelle fuite. « Nous avons quitté Croix-des-Bouquets lorsque la menace s’est resserrée autour de nous. Je me suis ensuite installée à Pernier, près de l’Académie de Police. Là encore, la violence nous a rattrapés. J’ai dû partir une fois de plus », confie-t-elle, résignée. Aujourd’hui, l’ancienne étudiante en sciences de la santé vit chez une cousine, tandis que ses parents se sont installés définitivement à Miragoâne. Ces séparations successives illustrent les sacrifices imposés par un climat d’insécurité qui fragmente les cellules familiales. Pour Alicienne, chaque nouveau toit n’a été qu’une halte provisoire dans une quête de stabilité sans cesse contrariée. La formation comme point d’ancrage Bien que diplômée en sciences infirmières, Alicienne se heurte à un marché du travail verrouillé. Faute de licence professionnelle, son insertion reste quasi impossible. Elle traverse alors une longue période sans activité ni revenu stable. C’est dans ce contexte que l’ODELPA intervient. Informée par une amie de l’existence de l’atelier de coupe et couture, elle saisit immédiatement cette opportunité. « Je faisais quelques retouches à la main, sans jamais avoir utilisé une machine. Malgré tout, j’ai accepté le défi, portée par mon intérêt pour la couture. À l’ODELPA, je me suis rapidement intégrée. L’appui logistique, notamment pour le transport, a été déterminant dans ma persévérance. Ce passage a marqué un tournant décisif dans ma vie. L’aiguille et le fil sont devenus les instruments de ma reconstruction et les bases de ma nouvelle autonomie », explique-t-elle. Recoudre l’avenir La distinction reçue à l’issue de la formation ne figurait pas parmi ses objectifs initiaux. Alicienne visait avant tout la maîtrise technique. Le jour de la proclamation des résultats, alors qu’elle se trouvait à l’église, l’annonce de son nom suscite une immense surprise. Sans avoir cherché à briller, elle se retrouve première de la promotion, transformant l’instant en une célébration vécue comme un miracle. Cette reconnaissance renforce sa confiance et sa détermination. Le parcours d’Alicienne MÉMÉ illustre la capacité des initiatives locales, soutenues par des partenaires internationaux, à transformer des trajectoires marquées par la rupture en chemins de relèvement. « Après Dieu, l’ODELPA a été la première lumière sur le chemin de mon rêve. Grâce à eux, je me suis réveillée avec un nouvel espoir. Je projette désormais de créer des ateliers et des boutiques de couture, de développer mes propres collections et, à terme, de lancer ma marque. À tous les jeunes en difficulté qui n’ont pas encore eu cette chance : résistez et croyez en vous, car tôt ou tard, vous verrez le bout du tunnel », conclut-elle. Marc Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- CLM : un miroir sans complaisance du système de santé haïtien
Ce mardi 20 janvier 2025, l’hôtel Villa Thérèse, à Pétion-Ville, a accueilli la rencontre de restitution du Community Lead Monitoring (CLM). Coordonnée par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), cette activité, tenue en format hybride, visait à confronter les réalités du terrain aux politiques publiques de santé à travers une analyse approfondie des données collectées. En rendant ces résultats publics, l’OCSEVIH entend renforcer la transparence et contribuer à l’amélioration de la qualité des soins offerts aux patients dans les différents sites de prise en charge à travers le pays.Les résultats d’un cycle de surveillance mené entre juin et août 2025 dans 27 établissements répartis dans les dix départements géographiques du pays ont été présentés. Au total, 647 personnes, dont 321 patients tuberculeux, ont participé à l’enquête. L’événement a réuni plusieurs personnalités, notamment : Dr Fritz MOISE, président du Forum de la Société Civile ; Mme Soeurette POLICAR, coordonnatrice générale du CLM ; Mme Ficeline RATEAU, présidente de l’ODELPA ; Dr Dina SAINTILMON, représentante du Programme commun des Nations Unies sur le VIH (ONUSIDA) ; Mme Leinadine LUCIEN MAURICE, directrice adjointe de Housing Works ; Mme Joanne H. ISIDOR, directrice des données du CLM ; Dr Steeve SMITH, responsable du service de prévention du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) ; Dr Richard MILOT, coordonnateur du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) ; et M. Guy Marcel CRAAN, responsable du suivi et de la stratégie au Comité de Coordination Multisectoriel (CCM-Haïti). Étaient également présents des membres du comité directeur de l’OCSEVIH, du Groupe Consultatif Communautaire (GCC), des assistants de données, ainsi que des moniteurs et coordonnateurs de zone. Prises de parole officielles : un plaidoyer au profit des plus vulnérables D’entrée de jeu, les interventions officielles se sont succédé à la tribune. Empreintes de détermination, elles ont mis en évidence le rôle central du suivi communautaire dans un pays fragilisé par des crises sociopolitiques. Derrière ses fines montures, Mme RATEAU a inscrit cette rencontre sous le sceau de la résilience. Elle a salué la présence des participants, malgré un contexte sécuritaire particulièrement dégradé. « Cette journée marque une étape importante dans notre engagement collectif à améliorer la qualité des services destinés aux populations les plus vulnérables, notamment celles exposées à la tuberculose et au paludisme. Depuis 2020, l’Observatoire ne se limite pas à produire des rapports : il met en lumière les dysfonctionnements et propose des pistes concrètes là où le système de santé vacille », a-t-elle déclaré.Dans ses propos, le numéro un de l’ODELPA a plaidé pour que la santé cesse d’être un privilège réservé à quelques-uns, mais devienne un droit effectif pour tous. Dr Fritz MOISE, de son côté, a dressé un constat éveillé sur la situation du mécanisme CLM, évoquant une année 2025 marquée par des coupes budgétaires sévères ayant affecté certains services liés au VIH. Malgré ces contraintes, il a salué l’engagement des équipes. « Le CLM d’Haïti demeure un modèle. Nous menons des plaidoyers constants pour retrouver notre souffle et préserver cette référence », a-t-il affirmé. Dans le même esprit, Mme Marie-Antoinette TOUREAU a souligné la portée stratégique de ce bilan, estimant qu’il permet de mesurer les progrès accomplis tout en identifiant les failles budgétaires persistantes. Dans son intervention, Mme Leinadine L. MAURICE, directrice adjointe de Housing Works, bras technique de l’Observatoire, a rendu hommage aux moniteurs et coordonnateurs de zone, véritables chevilles ouvrières du projet. Elle a réaffirmé l’engagement de Housing Works à fournir une assistance technique adaptée au contexte actuel. « Ces données constituent les munitions indispensables d’un plaidoyer efficace. Elles existent grâce à ces héroïnes et héros qui bravent l’insécurité et les barrages routiers pour documenter la réalité », a-t-elle précisé. Représentant le directeur pays de l’ONUSIDA, Dr Dina SAINTILMON a rappelé que le mécanisme CLM 2025 poursuivait quatre objectifs majeurs : collecter des données fiables, renforcer le plaidoyer, assurer le suivi des actions correctives et consolider les capacités de l’Observatoire. Elle a insisté sur le fait que la tuberculose et le paludisme touchent de manière disproportionnée les populations vivant dans des zones contrôlées par des groupes armés. « Le CLM permet de donner une voix à ces communautés et d’orienter les décisions là où les besoins s’avèrent les plus urgents », a-t-elle déclaré, saluant l’ouverture du MSPP au dialogue. Dr SMITH, pour sa part, a reconnu la valeur stratégique de cette surveillance citoyenne pour l’action publique. « Le CLM constitue notre regard sur le terrain. Son travail appuie l’État dans ses missions d’intervention, de régulation et d’assistance », a-t-il admis, soulignant la complémentarité entre autorités sanitaires et acteurs communautaires. Radiographie d’un système de santé mis à l’épreuve Après les discours, la parole a été donnée aux équipes techniques de l’OCSEVIH. Joanne H. ISIDOR a exposé la méthodologie du CLM, rappelant que la surveillance dirigée par la communauté repose sur la collecte de preuves via CommCare, l’engagement des prestataires de services et le suivi des engagements pris. « Pour chaque site et chaque programme, un échantillon aléatoire d’au moins quinze patients est interrogé. La validation exige la complétude des quatre outils : observations, enquêtes auprès des responsables, des infirmières et des patients », a-t-elle expliqué. La présentation de John JOSEPH, membre du GCC, a révélé plusieurs faiblesses relatives aux soins liés à la tuberculose.« Neuf pour cent des patients interrogés n’avaient jamais entendu parler de la TB et 15 % déclaraient ne recevoir aucune consigne de prévention lors de leurs visites », a-t-il précisé. Il a ajouté que, dans 37 % des sites, aucun masque ni mouchoir n’était remis aux patients symptomatiques, tandis que 52 % des établissements manquaient d’affiches de sensibilisation. « Dans 15 % de ces structures, les patients tuberculeux ne sont pas séparés des autres, ce qui favorise la transmission du bacille », a-t-il insisté. De son côté, Francesca J. BUTEAU, assistante de données, a pointé les obstacles techniques et logistiques, notamment les retards dans la disponibilité des résultats de tests. « Le test d’expectoration (69 %), la radiographie (46 %) et le GeneXpert (50 %) figurent parmi les examens les plus pratiqués. Toutefois, 28 % des responsables signalent des ruptures de stock de médicaments essentiels comme le RHEZ et la rifapentine », a-t-elle déclaré, déplorant également l’intégration incomplète du dépistage VIH chez les patients tuberculeux. Concernant le paludisme, Johny CLERGÉ, membre du GCC, a mis en évidence un déficit marqué de la sensibilisation communautaire. « Vingt-huit pour cent des patients interrogés n’avaient jamais entendu parler de la malaria et 69 % ne voyaient aucune affiche d’information dans les centres », a-t-il rapporté. Il a souligné l’impact des ruptures de stock de primaquine (57 %) et de chloroquine (43 %), ajoutant que « 11 % des patients testés positifs ne commencent pas le traitement le jour même ». L’intervention de Robens DOLY sur les violences basées sur le genre a mis en lumière une réalité particulièrement alarmante. Entre mai et décembre 2025, 283 cas de violences sexuelles ont été documentés. « Nous avons recensé 248 viols collectifs et 34 viols individuels, dont deux sur des mineures », a-t-il précisé, ajoutant que 83 enfants avaient été témoins du viol de leur mère et que six survivantes déclaraient avoir contracté le VIH à la suite de ces agressions. Échanges et recommandations Les discussions qui ont suivi ont mis en évidence un système de santé fonctionnant en situation de survie, confronté à l’insécurité, aux blocages routiers et à l’épuisement du personnel. Ces échanges ont confirmé que le CLM constitue un levier essentiel pour ajuster les interventions en temps réel. Présentant les recommandations finales, Johny CLERGÉ a appelé à renforcer la sensibilisation communautaire sur la tuberculose et le paludisme, à sécuriser l’approvisionnement en médicaments essentiels et à garantir une prise en charge multisectorielle des survivantes de VBG, incluant la prophylaxie post-exposition dans les délais requis. Il a également plaidé pour un soutien accru aux moniteurs et coordonnateurs de zone. En clôture, Mme POLICAR, coordonnatrice générale du CLM, a salué la qualité des échanges et la transparence des données présentées. « Ce bilan n’est pas une fin en soi, mais une boussole. Malgré l’insécurité et le manque de ressources, la communauté démontre sa capacité à produire une expertise crédible pour exiger le respect du droit à la santé », a-t-elle affirmé. La rencontre s’est achevée dans une atmosphère conviviale, scellant l’engagement des institutions présentes à transformer ces données en un plaidoyer structuré pour l’année 2026. La rédaction
- Tuberculose, malaria, VBG : l’ODELPA sensibilise les leaders communautaires pour sauver des vies
Face à la recrudescence de la tuberculose, du paludisme et des violences basées sur le genre (VBG) en Haïti, l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a intensifié ses actions de sensibilisation. Les 19 et 23 décembre 2025, deux séances ont été organisées dans ses locaux à l’intention des leaders communautaires. Chacune a réuni plus d’une vingtaine de participants. L’objectif : renforcer leurs connaissances sur ces pathologies, tout en les impliquant activement dans la lutte contre les VBG. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Community Lead Monitoring (CLM), qui met l’accent sur la participation communautaire et la responsabilisation des acteurs locaux. Le coup d’envoi de ces journées a été donné par la présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline Rateau, qui, dans ses propos circonstanciels, a salué les efforts consentis par ces leaders communautaires pour se déplacer dans un contexte de sécurité galopante. Le numéro un de l’ODELPA a encouragé ces responsables à partager les informations à leur entourage. La tuberculose : comprendre, prévenir et accompagner Robens Doly, psychologue Les journées ont été dirigées par le psychologue Robens Doly, qui a intervenu sur la tuberculose, en expliquant les modes de transmission, les signes et symptômes liés à cette pathologie et les stratégies de prévention. « Haïti fait partie des pays de la région des amériques avec une forte incidence de la tuberculose. La TB demeure un problème majeur de santé publique, aggravé par : la pauvreté, la malnutrition, le surpeuplement, l’insécurité et l’accès limité aux soins. Environ 176 cas pour 100 000 habitants (2022, OMS), soit un total de 20 000 – 22 000 personnes et 3 000 décès par an », a fait savoir Doly. « La tuberculose (TB) est une maladie infectieuse causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis. Elle affecte principalement les poumons (TB pulmonaire), mais peut toucher d’autres organes (TB extra pulmonaire). Elle est transmissible par voie aérienne (toux, éternuement, salive). Une personne contaminée par cette maladie présente une toux persistante allant de 2 à 3 semaines ; une fièvre et des sueurs nocturnes ; une perte de poids, une fatigue intense ; des ganglions et des douleurs thoraciques, dans certains cas ; du crachat parfois sanglant », a-t-il poursuivi. Le rôle clé de la nutrition Dans son exposé, Doly a insisté sur le rôle fondamental de la nutrition dans le processus de rétablissement des personnes atteintes de tuberculose. Selon lui, de bonnes habitudes alimentaires permettent de renforcer le système immunitaire et d’apporter au corps les éléments essentiels dont il a besoin pour se défendre contre la maladie. « Les aliments que vous consommez ont un impact direct sur votre santé. Ils vous apportent les éléments essentiels dont votre corps a besoin pour son bien-être. Et peuvent même contribuer à la guérison de la tuberculose. Optez pour le naturel : des fruits, des légumes, de la viande fraîche à la place des sodas, des produits transformés ou de la viande congelée. » Cependant, un leader présent a soulevé une objection importante : les produits naturels coûtent généralement plus cher que les produits transformés. Dans un contexte de précarité, la population est souvent contrainte de se tourner vers les aliments les moins chers, même si leur qualité nutritionnelle est moindre. Face à cette remarque, Doly a répondu avec fermeté pour rappeler que « la santé n’a pas de prix ». Pour lui, investir dans une alimentation saine est une priorité, car la valeur de la santé dépasse largement les considérations financières. Il a également souligné que les leaders communautaires ont un rôle crucial à jouer : informer et sensibiliser les communautés sur les signes, la transmission et la prise en charge de la TB ; encourager le dépistage volontaire et la consultation précoce ; lutter contre la stigmatisation et la discrimination des malades ; appuyer le respect du traitement ; collaborer avec les structures de santé pour référer et suivre les cas ; apporter un soutien inconditionnel aux malades ; faire des plaidoyers et mobiliser la société ; œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie. La VBG, une barrière pour le respect des droits humains Daïka Fanfan De son côté, la secrétaire Daïka Fanfan a animé la session consacrée aux VBG. Sa présentation s’est portée sur les types et formes de ces violences, les conséquences psychologiques et sociales, ainsi que sur les mécanismes de protection et de dénonciation disponibles. « La violence basée sur le genre trouve ses racines dans les inégalités entre les sexes, l’abus de pouvoir et les normes néfastes. Loin d’être une affaire privée, ces violences relèvent du domaine public, politique et juridique. » Et de poursuivre : « Ce fléau peut avoir de lourdes conséquences sur la vie de la victime. Il peut pousser cette dernière à s’automutiler ou à développer des pensées ou comportements suicidaires ; contracter des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH/SIDA, ou encore entraîner une grossesse non désirée, pour ne citer que cela. » Afin de sensibiliser l’assistance, la facilitatrice a exhorté les leaders communautaires à soutenir les survivantes de VBG sans discrimination, stigmatisation ni jugement. Elle les a encouragées à se rendre dans un centre hospitalier avant les 72 heures, afin de prévenir toute complication liée à l’agression. Les deux journées ont pris fin sur une note positive. Les leaders se sont engagés à partager toutes les connaissances accumulées avec leur environnement. En les mobilisant, ODELPA entend bâtir une réponse collective et durable contre la tuberculose, la malaria et les violences basées sur le genre. Ces initiatives rappellent que la santé publique et la lutte contre les inégalités sociales passent avant tout par la participation active des communautés. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- ODELPA/HCR: de la rencontre stratégique vers le développement durable
Dans un contexte de raréfaction des financements internationaux, alors que les besoins humanitaires s’intensifient, l’Organisation de Développement et de Lutte Contre la Pauvreté (ODELPA) a franchi une étape décisive dans la consolidation de son positionnement stratégique. Le 2 décembre 2025, au siège de l’institution à Delmas, Mme Ficeline Fils RATEAU, Présidente de l’ODELPA, a reçu une délégation de haut rang du HCR, conduite par le Représentant Régional pour l’Amérique latine et des Caraïbes, accompagné de M. Dudley SAINT JEAN, Protecteur Associé. Cette rencontre a également bénéficié de la participation du Directeur Pays de l’ONUSIDA, le Dr Christian MOUALA. Autour de cette ambition commune, le staff managérial de l’ODELPA, composé du Directeur Technique, M. Louiny FONTAL ; du Directeur de projets, M. Garry COQUILLOT, ainsi que les responsables des départements psychosocial, administratif et comptabilité. Aussi la Directrice Exécutive, Mme Soeurette POLICAR, qui a suivi les échanges en ligne. Cette initiative traduit une volonté partagée : l'autonomie communautaire en moteur de développement durable. Elle s’appuie sur les résultats concrets des cohortes de la campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychosocial et de renforcement économique auprès des jeunes. Tout en poursuivant les actions menées auprès des survivantes de violences basées sur le genre (VBG), les dynamiques communautaires et les stratégies de communication engagées sur le terrain. « Travailler comme en famille » : Le nouveau credo d’un partenariat d’égal à égal « Quand on est partenaires, on travaille comme en famille ». C’est par cette affirmation solennelle que Mme RATEAU a ouvert les échanges, positionnant d’emblée l’ODELPA non comme un simple récipiendaire de fonds, mais comme un partenaire stratégique de premier plan. À tour de rôle, les responsables de l’organisation ont exposé, avec une précision chirurgicale, les retombées tangibles de ce partenariat. Les résultats du terrain M. FONTAL a dressé le panorama d’une organisation en pleine ascension, misant sur l’excellence opérationnelle et le bilan 2023-2025. « Notre mission est de promouvoir la dignité et l’autonomie. De 2023 à aujourd’hui, nous avons réussi le pari de renforcer les capacités de plus de 1 000 jeunes et de financer 200 activités génératrices de revenus (AGR), prouvant que l’ODELPA est un moteur de changement réel dans les dix départements », a-t-il affirmé, en mettant l’accent sur l’innovation de l’atelier de coupe et couture. Ensuite, le psychologue Robens DOLY a porté la voix de la Cellule Psychosociale, une unité née de l’urgence en avril 2025. « Nous traitons des cas d’une gravité extrême, allant des viols collectifs aux traumatismes de guerre. En sept mois, 300 femmes ont été accompagnées, mais l’urgence demeure. Il nous faut un site de refuge et une structure médicale renforcée pour ne laisser aucune victime derrière nous », a-t-il plaidé avec une solennité marquante. Dans ses propos, Mme Esperancia Jean Noël, Responsable de communication et également maîtresse de cérémonie, a démontré comment l’action de terrain se transforme en influence publique. « La communication est le pont entre nos actions et la communauté. À travers 15 émissions thématiques et 20 capsules de sensibilisation, nous avons documenté l’impact pour renforcer la transparence et, surtout, briser le silence autour de la stigmatisation », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance de la présence digitale de l’organisation. Enfin, M. Garry COQUILLOT, Directeur de projets, a projeté l’assemblée vers l’avenir, malgré les défis financiers. « Le constat est rude, les financements baissent alors que la demande explose. Pourtant, notre vision pour 2026 est inébranlable. Avec la Ferme École Paysanne de 100 hectares, nous voulons transformer la fragilité actuelle en une autonomisation économique durable pour les jeunes et les déplacés », a-t-il conclu, scellant la détermination de l’équipe. La preuve par l’impact : Quand les bénéficiaires prennent la parole Si l’exposé technique a démontré la solidité structurelle de l’institution, c’est l’irruption du réel, portée par deux voix issues des quartiers de Cité Soleil, qui a fini de bouleverser l’assistance. Issus des cohortes formées au cœur de la campagne d’éducation, de sensibilisation et de renforcement économique, Elimas DORVAL et Junia PRÉSUMÉ ont retracé leur odyssée personnelle, transformant la salle de conférence en un théâtre d’émotions. Elimas debout, un micro à la main, un réchaud artisanal posé à ses pieds. Alors que la MC assurait une traduction fluide pour les partenaires internationaux, il s’est livré sans fard : « Avant cette formation, ma vie n’était qu’une succession de luttes et d’incertitudes. J’étais l’un de ces jeunes livrés à eux-mêmes, accroché aux jeux de hasard comme ultime échappatoire, vendant du "papadap" dans les rues pour subvenir à mes besoins les plus élémentaires. Intégrer ce programme a été, pour moi, bien plus qu’une opportunité : un honneur, une chance inespérée de transformation. Malgré les embûches, j’ai tenu bon, parce qu’au fond de moi subsistait un rêve et l’espoir tenace qu’un autre avenir était possible », a-t-il confié, la voix trahissant une pointe d’émoi. Et de poursuivre : « Grâce au financement reçu, j’ai engendré mon entreprise. Aujourd’hui, nous confectionnons et livrons nos réchauds à Port-au-Prince et en province. Avant, j’étais seul ; désormais, je suis un employeur. Je contribue à l’économie de ma communauté, je prends soin de ma famille et de mes employés. Cet homme que je deviens me rend profondément heureux », a-t-il conclu dans un élan de fierté. À sa suite, Junia a offert un témoignage d’une résilience hors du commun. Elle a mis en lumière l’impact vital de l’autonomisation féminine. Grâce à son capital de démarrage, elle a su ériger une boutique tout en poursuivant ses activités de marchande ambulante de sandales à travers les quartiers. Son pragmatisme force le respect : en intégrant des "tontines" et en gérant rigoureusement ses revenus, elle a pu financer et achever ses études classiques en juillet 2024. Aujourd’hui, Junia est le pilier d’une famille transnationale. Elle subvient aux besoins de sa mère et de sa petite sœur, tout en envoyant un soutien financier à son beau-père, installé aux États-Unis via le programme Humanitarian Parole, mais encore en attente de son permis de travail. « Je remercie chacun de vous ici présents. Vous avez contribué à m’élever au sein de cette société si difficile », a-t-elle murmuré, le souffle court, luttant pour retenir une larme qui perlait au coin de l’œil. Entre rigueur budgétaire et reconnaissance du mérite : Le HCR s’engage Face à ces trajectoires de vie transfigurées, la délégation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a réagi avec une solennité proportionnelle à l’impact démontré. Le Représentant Régional, visiblement ému par la métamorphose des jeunes de Cité Soleil, a salué ce qu’il qualifie de « modèle de résilience ». Toutefois, derrière l’émotion, le discours s’est voulu d’un réalisme. Dans un contexte de coupes budgétaires mondiales drastiques, le HCR a rappelé que le rendement est désormais le seul gage de pérennité. « Suite aux réductions de financement, le HCR mise désormais sur la productivité. Pour les pays et les structures qui ne donnent pas de résultats probants, nous sommes contraints, malgré nous, de suspendre les partenariats », a relaté avec franchise le représentant du HCR. C’est ici que l’ODELPA a marqué un point convaincant. Grâce à la solidité de ses indicateurs et à l’authenticité de son impact sur le terrain, l’organisation a sécurisé sa collaboration pour l’année 2026. « L’ODELPA a encore cette chance de maintenir un contrat avec nous pour 2026, malgré un contexte où tout devient extrêmement difficile », a-t-il ajouté. Le "Nexus" de l’ONUSIDA : vers une autonomie structurelle À cette adhésion du HCR s’est jointe la vision stratégique du Dr Christian Mouala. Intervenant au nom de l’ONUSIDA, il a inscrit l’action de l’ODELPA dans le cadre conceptuel du « Nexus Humanitaire-Développement ». « La réponse durable à la crise des déplacés internes réside dans l’autonomisation économique des familles d’accueil, un domaine où l’ODELPA excelle véritablement », a martelé le Dr Mouala. Il a d’ailleurs projeté l’assemblée vers un horizon ambitieux, suggérant d’intégrer la dimension écologique à la réussite économique. « Nous devons envisager une extension de ce modèle vers le développement durable, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour (PNUE), afin de structurer des projets à fort impact environnemental, à l’instar de la future Ferme École de 100 hectares projetée pour 2026 », a-t-il proposé. Le plaidoyer audacieux de la Présidente L’apogée de la rencontre fut sans doute l’interpellation audacieuse de la Présidente. Dans une adresse directe et assumée au Représentant Régional, Mme Ficeline RATEAU a élevé l’échange au rang d’un véritable plaidoyer stratégique. « Monsieur SEGAS, comment pourriez-vous aider l’ODELPA à accéder à d’autres partenaires ? Pourriez-vous être ce catalyseur, ce passeur, vers ces bailleurs ? C’est tout ce que je vous demande », a-t-elle lancé, jetant ainsi les bases d’un repositionnement ambitieux de l’organisation sur l’échiquier international. Pour le numéro un de l’ODELPA, il ne s’agit plus de recevoir, mais de coconstruire une influence capable de bousculer les lignes du financement mondial. Cette rencontre, conclue par une séance de photo consacre la maturité institutionnelle de l’ODELPA. De ce fait, l’organisation ne se contente plus de répondre à l’urgence ; elle s’affirme comme un moteur de stabilité sociale et de réinsertion économique. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- A l’ODELPA, les rêves se transforment en projets concrets
Dans plusieurs quartiers vulnérables, durement touchés par l’insécurité persistante, le chômage et la précarité, une lueur d’espoir s’est allumée grâce à une initiative conjointe de l’Organisation pour le Développement et la Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Ce 8 janvier 2026, les deux institutions ont remis des fonds à 25 jeunes ayant suivi, entre octobre et novembre 2025, des sessions de formation axée sur les violences basées sur le genre (VBG) et ses corollaires ainsi qu’en coupe-couture. Cette remise de fonds constitue l’aboutissement de la 5eme cohorte de la campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychologique et de renforcement économique. Elle vise à offrir à ces bénéficiaires les moyens concrets de lancer des activités génératrices de revenus, favorisant ainsi leur autonomie et leur insertion socio-économique. Un geste porteur d’espoir Cette initiative s’est tenue sous la direction de M. Felinord JEAN, responsable de mobilisation à l’ODELPA, et de Mme Daika FANFAN, secrétaire de l’institution. Dans leurs interventions, ils ont souligné l’importance de ce programme. Afin de renforcer leur message, des témoignages d’anciens participants ont été partagés, illustrant les impacts positifs déjà observés. Cette démarche visait à encourager les nouveaux bénéficiaires à s’investir pleinement dans leurs projets, avec sérieux et détermination, afin d’atteindre les objectifs fixés. Les bénéficiaires, issus, particulièrement, de Cité-Soleil, Fort-National et Saint-Martin, ont unanimement salué cette action, qu’ils considèrent comme une opportunité réelle de changer leur quotidien et de bâtir un avenir plus prometteur. Pour beaucoup, ce moment symbolise une véritable bouffée d’air frais. « J’ai toujours aimé la couture. Ca été une belle expérience à l’ODELPA. Pour avancer dans ses projets, il est indispensable d’avoir un fonds de départ. Avec cette somme , je vais me procurer une machine à coudre », a confié Alicienne MEME, une jeune femme qui rêve d’ouvrir un atelier de couture. Antoine CRESPO, un autre bénéficiaire, a expliqué que ce soutien lui permettra de réaliser son rêve : « La couture c’est un métier me tient toujours à cœur. J’ai été très content de faire partie de cette belle aventure, même si elle a été de courte durée. Avec ce startup, je vais lancer un business. Puis avec les profits générés, acheter une machine à coudre afin de poursuivre mon rêve. » Olivier Sebastien Cher-fils, de son coté, a exprimé sa joie d’avoir été choisi parmi les jeunes sélectionnés et souhaite que ce projet puisse continuer. « Pour l’année 2025, avoir participé à cette session de formation et être retenu parmi les bénéficiaires de ces fonds est la meilleure nouvelle que j’aurais pu recevoir. Grâce à ce soutien, je compte renforcer mon commerce de sandwichs. Il s’agit d’une recette américaine que j’ai modifiée afin d’y apporter une touche plus raffinée et adaptée aux goûts locaux. » Des perspectives durables Au-delà de l’aide immédiate, l’ODELPA et le HCR souhaitent accompagner ces jeunes dans le suivi de leurs projets, afin d’assurer leur viabilité et leur pérennité. Dans des zones souvent marquées par la marginalisation, cette remise de fonds apparaît comme une lueur d’espoir. Les bénéficiaires repartent avec la conviction que leur avenir peut être différent, et que leurs projets, soutenus par l’ODELPA et le HCR, peuvent transformer non seulement leur vie, mais aussi celle de leur communauté. C’est un combat gagné contre la précarité permettant la promotion de l’inclusion sociale. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- L'ODELPA mobilise la jeunesse contre la cyberviolence
Dans la salle de conférence de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), à Delmas, une trentaine de jeunes se sont réunis ce vendredi 12 décembre 2025 pour prendre part à une séance de sensibilisation axée sur les violences numériques. L’activité, organisée sous le thème « Jèn kont vyolans nimerik », intervient dans un contexte préoccupant où les chiffres disponibles illustrent la vulnérabilité de cette génération face à l’essor fulgurant des réseaux sociaux dans le pays. Cette initiative avait pour objectif de contribuer à la prévention de cette forme de violence et à la promotion d’un changement de comportement chez cette catégorie, particulièrement les jeunes hommes. Cette séance a été assurée par Myriame François, assistante sociale, et Robens Doly, psychologue. Dans leurs interventions, ils ont déroulé le fil des violences en ligne, allant des insultes aux menaces, en passant par la diffusion non consentie de photos ou de vidéos. Les discussions ont également porté sur les moyens de se protéger et de signaler les abus. Quand l’intime devient arme de destruction Myriame François, assistante sociale Face à un public attentif et impliqué, l’assistante sociale a commencé par rappeler les grandes lignes des violences basées sur le genre, avant d’aborder le thème central de la séance. « La cyberviolence désigne toute forme de violence, d’agression, de harcèlement, de menace, de chantage, de diffamation ou d’atteinte à la dignité exercée par l’usage des technologies numériques. En d’autres termes, il s’agit de nuire à une personne par le biais du téléphone, d’Internet ou des réseaux sociaux », a-t-elle fait savoir. Pour aider les participants à reconnaître les différentes manifestations de ce phénomène, la facilitatrice a présenté de manière claire et structurée les principales formes de cyberviolence : cyberharcèlement, revenge porn, sextorsion, doxxing, deepfake, usurpation d’identité, stalking numérique et grooming. Elle a insisté sur les cas les plus répandus dans la société, en les illustrant par des exemples tirés du quotidien afin de rendre la présentation plus concrète. « Le revenge porn peut se définir par la diffusion publique ou privée d’images, vidéos ou audios à caractère intime sans le consentement de la personne concernée. Majoritairement, il survient après le partage de contenus entre personnes ayant une relation sentimentale, soit par chantage après une rupture, piratage de téléphone ou encore vol de fichiers », a-t-elle expliqué. Et de poursuivre : « Le grooming ou la prédation en ligne, c’est la manipulation progressive d’un mineur par un adulte à but sexuel en utilisant Internet ou les réseaux sociaux. Il commence par séduire sa cible avec des compliments ou des attentions, gagne sa confiance en se présentant comme un ami ou un confident, l’isole en lui demandant de garder le secret et de se couper de ses proches. Puis il exerce un chantage en utilisant des informations ou des images compromettantes pour maintenir son emprise, avant de passer à l’abus, qui peut se traduire par l’envoi forcé de contenus intimes ou même par une rencontre physique. » Comment se protéger des violences numériques ? À la suite des exposés, les jeunes ont souligné que la cyberviolence ne concerne pas uniquement les femmes et les jeunes filles : les hommes en sont également victimes. Toutefois, le problème majeur reste la politique du silence qu’ils adoptent face à ces situations, préférant taire leur souffrance plutôt que de la partager ou de chercher de l’aide. Face à cela, Mme François a insisté sur des gestes simples visant à se protéger : ne jamais partager de contenus intimes identifiables, activer la double authentification, refuser les demandes d’amis inconnus, ne jamais envoyer d’argent en ligne et toujours demander conseil à un adulte avant de s’engager dans une relation virtuelle. La cyberviolence et les cicatrices invisibles Robens Doly, psychologue « Les violences numériques laissent des traces profondes, souvent invisibles, mais dévastatrices chez les victimes. Elles impactent leur santé mentale, provoquant des troubles psychologiques tels que l’anxiété, la dépression, une baisse de l’estime de soi, l’isolement total, pour ne citer que ceux-là . Aussi des troubles du sommeil », a expliqué M. Doly. Selon lui, la victime peut développer une irritabilité permanente, des explosions de colère, de la violence envers les autres, des conduites à risque, une baisse de concentration et une chute des performances. Elle peut aussi sombrer dans la dépendance à l’alcool, à la drogue ou dans des relations sexuelles dangereuses. Les jeunes en première ligne En fin de journée, des travaux de groupe ont été au cœur de cette formation. Scindés en quatre groupes, les participants ont réfléchi sur des stratégies de lutte contre la cyberviolence. Certains ont proposé la création d’un slogan de campagne ou d’un guide rapide pour se protéger en ligne. D’autres ont travaillé sur une présentation scénique pour sensibiliser la population ou sur l’analyse critique d’une publication dangereuse. À travers cette initiative, ODELPA ne se contente pas de sensibiliser : elle place les jeunes au centre de la riposte contre la cyberviolence. En les outillant pour reconnaître, dénoncer et prévenir ces abus. Elle souhaite bâtir une génération plus consciente, plus résiliente et capable de défendre une culture numérique saine et respectueuse. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- VIH, lutte et résilience : Housing Works réalise la deuxième édition de sa journée Portes Ouvertes
Tandis que la crise sécuritaire continue de déchirer le tissu social haïtien, l'organisation Housing Works a opposé au statu quo une réponse à la fois créative et déterminée. Deux jours avant la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, son espace à Pétion-Ville s'est transformé en un foyer de mobilisation artistique et sanitaire. Sous le thème « Repenser la lutte contre le VIH, renforcer la prévention : ensemble, surmonter les défis », cette deuxième édition de sa Journée Portes Ouvertes a constitué un tournant stratégique dans la riposte nationale, notamment dans un contexte de ressources financières paralysées. Le succès retentissant de la première édition avait déjà révélé l'ampleur de la soif d'information du public, particulièrement la jeunesse. L'édition 2025, marquée par une affluence accrue, s'est positionnée comme une réponse concrète à ces attentes, offrant un cadre unique de dialogue, de sensibilisation et d'expression artistique. Un plaidoyer tenace face au silence de l’État Dr Eva Marly STEIDE, Directrice Pays de Housing Works D’entrée de jeu, la Directrice Pays de Housing Works, Dr Eva Marly STEIDE, a posé les termes du combat. Après avoir chaleureusement salué l’assistance, elle a rappelé les efforts de plaidoyer stratégique déployés par l’institution pour assurer la continuité de ses actions en dépit du gel des financements. « Housing Works déploie des réponses nationales multiples : un fonds de soutien aux PVVIH, des programmes de prévention et des actions de sensibilisation », a-t-elle déclaré. Poursuivant sur une note de ferme détermination, elle a ajouté : « Néanmoins, nous demeurons dans l’attente d’une réponse structurelle de l’État. Pendant ce temps, notre combat se poursuit sans relâche, car nous militons pour le respect absolu des droits et la dignité des Personnes Vivant avec le VIH. Cette mobilisation d’aujourd’hui incarne précisément cette persévérance, où chacun puisse repartir mieux informer, mieux outillé et plus conscient des méthodes de prévention accessibles, notamment la Prophylaxie pré-exposition (PrEP) et la Prophylaxie post-exposition (PEP), dont l’importance est plus cruciale que jamais ». La PEP entre urgence médicale et réalités sociales Cadrage de l'émission foraine spéciale a été consacrée à la Prophylaxie Post-Exposition (PEP) Au cœur de la programmation, une émission foraine spéciale a été consacrée à la Prophylaxie Post-Exposition (PEP). Animée par Xaviera R. ELIE, cette discussion a réuni sur son plateau des expertises complémentaires, offrant un panorama à la fois technique et humain de cet enjeu de santé publique. La première séquence a permis de poser les fondements. Dr Maureen LEONARD, Conseillère Clinique Principale à l'ISPD, a détaillé avec précision le protocole d'utilisation de la PEP, ce traitement d'urgence qui doit être initié dans les 72 heures après une exposition potentielle au VIH, en insistant sur son efficacité et son caractère vital. Dans un contraste saisissant, Me Abigaïl DEROLIAN, Responsable de la section VBG de l'organisation féministe « Nègès Mawon », a dressé un tableau des obstacles systémiques. Elle a exposé les dures réalités des survivantes de violences, pour qui l'accès à ce traitement est souvent entravé par la peur, la stigmatisation, la méconnaissance et la dislocation des services de santé due à la crise. Elle a aussi rappelé que la réponse médicale ne peut être dissociée d'un plaidoyer continu pour la justice et l'accès aux droits. La deuxième partie des échanges a élargi la perspective vers les stratégies globales. Fort de son expérience de terrain et de l'engagement salué lors de la précédente édition, Dr Christian MOUALA, Directeur Pays de l'ONUSIDA, a présenté les dernières orientations et avancées portées par l'agence onusienne dans la lutte mondiale. Son intervention a trouvé un écho direct dans celle du Dr Steeve SMITH, Responsable du service de prévention au Programme National de Lutte contre le SIDA du Ministère de la Santé Publique (PNLS/MSPP). Ce dernier a articulé les stratégies de prévention nationales, démontrant comment les actions concrètes sur le terrain, comme la promotion de la PEP, s'inscrivent dans l'objectif ambitieux mais essentiel pour l'élimination du VIH d’ici 2030. Housing Works au carrefour de sensibilisation et d'échanges Le hall principal avait été ponctué de messages visuels percutants, rappelant les moyens de prévention. Au centre, une constellation de stands, soigneusement agencés, accueillait les représentants de plus d'une dizaine d'organisations partenaires, telles que l'ISPD, l'Institut Panos, Serovie et FOSREF. Chaque espace était un point d'accès à l'information, au dialogue et à des ressources, matérialisant ainsi la diversité et la complémentarité des acteurs engagés dans la lutte. Ces structures ont non seulement exposé des outils pédagogiques sur le VIH et les méthodes de prévention, mais ont également mis en avant le pilier communautaire de la réponse. Des organisations comme Marijàn y ont présenté leur travail sur les violences basées sur le genre (VBG) et l'autonomisation. Parallèlement, des stands d'artisanat et de gastronomie, réalisé par l'AFIAVIH et FOLAJ+, ont valorisé les créations des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH). Cette mise en lumière faisait directement écho à la campagne de financement participatif lancée par Housing Works en 2024 pour soutenir leurs activités génératrices de revenus. Enfin, une salle d'exposition adjacente retraçait quant à elle les actions de Housing Works. Quand l’art est aussi au rendez-vous La dimension culturelle a constitué l'un des moments les plus saisissants de la journée. La compagnie de « Théâtre Ami » a présenté une œuvre originale, conçue et dirigée par Housing Works, intitulée « Swasann douzèd tan ». Cette pièce, un drame social percutant, a placé sous projecteurs la Prophylaxie Post-Exposition (PEP), en abordant avec une justesse son urgence dans les cas de viol. En mettant en scène la fenêtre d’intervention critique de 72 heures, la troupe a réussi le pari difficile d’associer une émotion tangible à une information de santé vitale, rendant le message mémorable. Plus tard, le public a été portée par la voix envoûtante de la chanteuse Néhémie BASTIEN, sur les notes « Refren doulè ». Elle a glorifié au passage le soutien apporté par Housing Works à l’atelier « ATEMO. La voix des participants Le succès de l'événement s'est également mesuré à l'aune des réactions des participants. « C'était une belle activité et elle était très enrichissante. Je suis contente qu’une sensibilisation axée sur la PEP a été au rendez-vous. Beaucoup de gens parlent du VIH, de la PrEP, des ARV, mais ils oublient la PEP », a expliqué Jhovany HERARD. Et de poursuivre : « La seule chose qui m'a un peu déplu, c'est qu'il n'y a aucun endroit où l'on peut trouver la PrEP. C'est comme s'ils venaient à oublier les gens qui ne sont pas des PVVIH ». Cette remarque met en lumière le fossé persistant entre la sensibilisation et l’accessibilité réelle des outils de prévention, une lacune qui appelle à une mobilisation renforcée des acteurs institutionnels et communautaires. L’édition 2025 de la Journée Portes Ouvertes de Housing Works a pleinement incarné sa mission : créer un espace où l’accès à l’information, la prévention, l’expression artistique et la dignité des personnes affectées convergent. Un sentiment de fierté se lisait sur les visages des organisateurs. Cette journée a ainsi démontré que même dans un contexte de contraintes extrêmes, la mobilisation par la connaissance, l’art et la communauté reste une force irremplaçable Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gamil.com
- Face à l’insécurité croissante, ODELPA et ses partenaires tendent la main aux déplacés internes
La foule présente lors de la distribution Dans un pays en proie à l’instabilité, l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a transformé ses locaux à Delmas en un sanctuaire d’espoir. Le 20 novembre 2025, plus de 300 kits d’hygiène ont été distribués à des personnes en situation de grande vulnérabilité : déplacés internes, survivantes de violences et jeunes de quartiers à risque. « L’action que nous menons aujourd’hui, bien qu’elle soit matériellement modeste, est l’expression de solidarité et d’un soutien inébranlable. Je suis, au même titre que vous, une personne déplacée. En tant que résidente de Tabarre contrainte à l’exil interne, j’ai été personnellement affectée par la dégradation sécuritaire que subit notre pays. De fait, cette activité traduit la volonté d’ODELPA d’accompagner les populations les plus vulnérables. Je vous remercie de votre présence ». Ces paroles émouvantes, prononcées par la présidente de l’Organisation, Mme Ficeline RATEAU, ont donné le ton à l’activité. Entre besoins immenses et moyens limités Dudley SAINT JEAN, représentant du HCR Cette initiative humanitaire a été rendue possible grâce au soutien de partenaires internationaux tels que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), ONU Femmes et ONUSIDA. Elle visait à offrir des outils concrets face à la précarité. Pour introduire l’activité, réunis au milieu de la foule, les hauts dignitaires ont mis en lumière la tension constante entre l'ampleur des besoins et la rareté des moyens. M. Dudley SAINT JEAN, représentant du HCR, a souligné l'engagement de son institution, justifié par une conscience aiguë de la situation. « C'est un honneur pour le HCR de mettre la main à la pâte pour votre bien-être. Nous sommes directement informés de l'état de ceux qui sont déplacés et ceux qui ont tout perdu. En reconnaissant la modestie de cet effort, je tiens à vous rassurer que ce geste, quoiqu’il ne comble pas tous vos besoins, sera apprécié », a-t-il déclaré. Louiny FONTAL, Directeur technique d’ODELPA, a quant à lui résumé la réalité. « Les besoins sont énormes, pendant que les ressources sont limitées ». Un aveu franc qui met en lumière la tension permanente dans laquelle œuvrent les acteurs humanitaires. La parole de quelques bénéficiaires La réalité du terrain a vite dépassé les prévisions logistiques. Le besoin étant plus criant que prévu, l'affluence a submergé le stock. L'ODELPA n'avait prévu que 200 kits, mais a finalement dû en distribuer plus de 300. Un écart qui témoigne de l'urgence silencieuse vécue par ces familles.L'événement s'est déroulé dans un esprit d'ordre et de discipline, salué par la présidente. La réaction des bénéficiaires, empreinte de gratitude, s'est transformée en un murmure d'espoir. « Pour moi, cette initiative est précieuse, car elle représente un appui concret qui vient soulager certains besoins essentiels de notre quotidien. Je tiens à féliciter le HCR pour ce geste et à les encourager à poursuivre ce travail, car il apporte un changement positif dans la vie de nombreuses personnes comme moi. Continuez à apporter de la lumière là où il y a des besoins », a témoigné une jeune bénéficiaire ayant participé à la cohorte de novembre 2024. Cette jeune bénéficiaire de la cohorte de juin 2024 a ajouté avoir été très satisfaite du déroulement de l’activité. « La manière dont le kit nous a été remis avec respect m’a beaucoup touchée. Les produits sont de bonne qualité, en particulier les savons que j’ai beaucoup aimés, ils sentent très bon ». Et de poursuivre : « Pour la prochaine fois, j’aimerais que cette initiative puisse atteindre encore plus de personnes. Il n’y avait que le déodorant qui manquait, sinon tout était parfait pour moi. J’ai même partagé certains produits de mon kit avec d’autres voisins vivant dans des conditions difficiles ». Et si c’était l’avant-goût d’un « Cadeau de Noël » ? Louiny FONTAL L'événement s'est achevé sur une note d'expectative. M. Louiny FONTAL a adressé un appel pressant au HCR en faveur d'un appui accru avant la fin décembre, qu'il a joliment désigné comme un « cadeau de Noël ». Cette requête, portée publiquement, projette la possibilité d'un horizon moins sombre pour les bénéficiaires. Finalement, cette journée demeure le symbole de l'entraide et du respect mutuel qui continuent de briller malgré l’adversité. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Cérémonie de remise des certificats – Une journée de dignité, d’émotion et de renaissance collective
Grand plan sur l'assistance Ce jeudi 11 décembre 2025, l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a honoré 102 jeunes en leur remettant un certificat pour boucler sa campagne de sensibilisation et renforcement de capacité, lancée en collaboration avec la FOSREF, l'ONUSIDA et le HCR. Organisée, a l'hotel Montana, cette activité a vu défilé diverses personalités telles que Dr Fritz Moïse, président du Forum de la société civile, M. Paul Lee, émissaire de l’ambassade de Taïwan, Omilty Dorval, eprésentant l’ambassadeur du Canada, Dr Dina Saintilmon, représentant l’ONUSIDA, Mme Morgan Ecollan, représentante du HCR entre autres. Différentes personalités La salle Frank de l’Hôtel Montana semblait contenir beaucoup plus qu’une simple cérémonie : elle abritait une énergie rare, un souffle vibrant venu de 102 jeunes venus célébrer non seulement une réussite, mais une transformation profonde. Dès les premières minutes, l’atmosphère laissait deviner qu’il ne s’agissait pas d’un événement ordinaire : chaque regard, chaque sourire, chaque respiration portait la marque d’un combat mené et d’un avenir reconquis. L'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) n’a pas seulement remis des certificats : elle a mis en lumière des parcours de résilience, des rêves reconstruits, et une jeunesse prête à assumer son rôle dans un pays en quête de renouveau, malgré les difficultés, l’insécurité et les jours sombres qui marquent encore leur quotidien. Dania Saintelus La journée s’est ouverte sur la voix forte et émouvante de Dania Saintelus, l’une des 102 bénéficiaires. Elle n’a pas simplement prononcé un discours : elle a livré un fragment de sa propre histoire, un écho de celle des autres jeunes dans la salle.Son intervention, empreinte d’une maturité douloureusement acquise, résume mieux que quiconque l’esprit de cette initiative : une formation qui ne donne pas seulement des connaissances, mais qui rallume une flamme souvent étouffée par l’adversité. « Le certificat que nous recevons n’est pas une fin. C’est une promesse. »Une phrase à la fois simple et saisissante, qui a suspendu le murmure de la salle.Une promesse envers soi-même, envers sa communauté, envers un avenir qui semblait parfois impossible. Dania, en quelques minutes, a transformé la cérémonie en un engagement collectif. Les applaudissements qui ont suivi n’étaient pas seulement destinés à elle : ils saluaient tous ceux qui, comme elle, avaient refusé d’abandonner. Un projet né de l’urgence, devenu un refuge Esperancia Jean Noel La maîtresse de cérémonie a ensuite replacé le projet dans son contexte : une campagne coordonnée par l’ODELPA et la FOSREF pour offrir à des jeunes des quartiers vulnérables des formations essentielles — communication digitale, fabrication de produits, prévention des VBG, marketing, droits humains, entrepreneuriat.Le tout dans un environnement marqué par la violence, les déplacements forcés, l’incertitude quotidienne. Chaque jeune avait reçu un fonds de démarrage de 200 dollars, un montant modeste en apparence mais colossal dans ses implications. Pour beaucoup, ces 200 dollars représentaient une première étincelle d’autonomie, le début d’une activité, d’un rêve, d’une reconstruction économique. Ce projet, né comme une réponse à l’urgence sociale, est rapidement devenu une bouée, puis un espace structuré, un atelier de transformation humaine. La cérémonie a pris une dimension hautement symbolique lorsque les récipiendaires eux-mêmes ont décidé d’honorer leurs soutiens avec deux plaques d’honneur : l’une destinée à l’ODELPA, l’autre au HCR.Ce geste, rare et profondément significatif, a bouleversé la salle. Il rappelait que la reconnaissance authentique ne vient pas des institutions, mais des vies transformées. La voix d’Olivier : le courage comme acte politique Au micro, Olivier Sébastien Cherfils Olivier Sébastien Cherfils, représentant les jeunes formés sur les questions de VBG, a livré un témoignage puissant. Il a rappelé la densité des modules — plan d’affaires, prévention du VIH, chimie industrielle, communication digitale — autant de compétences destinées non seulement à offrir un métier, mais à redéfinir leur rapport au monde. « Se former dans un tel climat n’est pas un acte banal.C’est un acte de force, un acte d’espoir, un acte de résistance. » Dans une Haïti fracturée, ses mots ont résonné comme une déclaration politique, un appel à reconnaître la jeunesse non pas comme une vulnérabilité, mais comme une force en mouvement. Il remet ensuite la plaque à Mme Ficeline Rateau.On a entendu des applaudissements longs, chauds, presque soulagés — comme si, à travers lui, c’était toute une génération qui disait enfin merci. Dyline Bernard : la couture comme thérapie sociale et renaissance collective Puis vint la voix de Dyline Bernard, porte-parole de la promotion Coupe et Couture Niveau 1, surnommée “Aiguille Royale”.Elle a décrit leur parcours avec une précision poétique : « Le fil a tissé bien plus que des tissus : il a tissé des liens sociaux. » Pour ces jeunes, apprendre à coudre signifiait reprendre le contrôle, repriser des morceaux de vie déchirés, reconstruire patiemment ce que la crise avait effiloché. Sa promotion remet une plaque au HCR :« Vous n’avez pas simplement formé des couturières et des couturiers. Vous avez reconstruit des rêves. » Ce moment a déclenché une vague d’émotion, comme si chacun prenait conscience que derrière chaque robe, chaque chemise, chaque point de couture, il y avait une histoire de survie. Dyline Bernard Puis la cérémonie est entrée dans une phase rare : celle où les partenaires, habituellement protocolairement réservés, ont laissé parler l’émotion. Le Dr Fritz Moïse a salué l’ODELPA comme l’une des organisations les plus actives du réseau. Son discours, ponctué d’exemples concrets, a montré que ce projet dépasse largement son périmètre initial : il influence durablement les dynamiques communautaires. « De ce que j’ai vu et entendu, cela valait vraiment la peine d’être ici ce matin. » Un constat honnête, spontané, qui soulignait la profondeur de ce qu’ils venaient d’observer. L’émissaire taïwanais a rappelé la valeur du partenariat avec l’ODELPA, soulignant le sérieux du programme et son efficacité dans l’autonomisation économique. « Ce modèle doit être soutenu, étendu, multiplié. » Le HCR a salué les jeunes pour leur créativité, leur courage, et leur capacité à devenir des piliers dans leurs communautés. Jamais une telle unanimité n’avait été observée. La salle tremblait presque sous la force de ces déclarations convergentes. Le discours de Mme Ficeline Rateau : une vision, une exigence, un horizon Mme Ficeline Rateau, présidente de l'ODELPA Lorsque Mme Ficeline Rateau s’est avancée, la salle s’est tue comme si l’on tirait un rideau invisible.Son discours n’était pas qu’institutionnel : il portait la fatigue, la force, la passion et la gravité d’une femme qui travaille au plus près de la souffrance sociale. Elle félicite les 102 jeunes : 50 en coupe et couture, 52 en VBG, droits humains, communication, marketing, plans d’affaires. Elle rappelle la crise nationale, la fragilité des communautés, la violence quotidienne.Puis elle affirme avec conviction : « Ce que nous faisons ici fonctionne. Les résultats sont concrets, mesurables, visibles. » Elle trace ensuite une feuille de route ambitieuse : étendre les zones couvertes, renforcer l’accompagnement post-certification, créer des passerelles vers des activités génératrices de revenus, institutionnaliser les formations. Ses mots n’étaient pas seulement un discours : c’était un appel à l’action, un contrat moral lancé aux partenaires. Quand les maîtresses de cérémonie appellent le premier nom sur les notes familières de “Mesi Lavi”, un frisson parcourt la salle.L’air devient dense, chargé de fierté. Un à un, les jeunes avancent. Certains tremblent. D’autres sourient.Tous traversent l’allée comme on traverse une frontière intérieure : celle qui sépare l’hier de ce qu’ils choisiront demain. Les formateurs prennent des photos.Les parents essuient des larmes qu’ils croyaient ne plus pouvoir verser.Les partenaires observent, silencieux, mais profondément touchés. La scène ressemble à un défilé de victoires individuelles, cousues ensemble en une immense réussite collective — un patchwork humain d’une beauté rare. La chute parfaite : le discours de Rose Melissa Jacques Rose Melissa Jacques Alors que les lumières se tamisent, Rose Melissa Jacques s’avance. Dans ses mains, son certificat.Dans sa voix, une émotion qui soulève la salle. « Ce fut une expérience de transformation personnelle et collective. » Elle remercie les formateurs, les organisateurs, les partenaires.Puis elle rappelle : « Nous repartons non pas avec un papier, mais avec un pouvoir nouveau : Nous sommes des porteurs de savoir, des agents de changement. » Elle conclut, debout, fière, en citant Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde.Aujourd’hui, nous sommes désormais armés. » La salle explose en applaudissements.C’est le son du renouveau, de la fierté retrouvée, de la vie qui insiste. Cette cérémonie n’était pas seulement une célébration.Elle fut un rappel urgent : quand l’État vacille, la société civile peut bâtir des ponts puissants vers l’avenir. En formant, accompagnant et finançant la jeunesse, l’ODELPA crée des alternatives à la violence, des micro-économies locales, des leaders communautaires, et surtout une génération qui se sait capable. La cérémonie de l’Hôtel Montana l’a prouvé : la lumière existe encore — et aujourd’hui, elle brille dans les mains de 102 jeunes prêts à la porter plus loin. La rédaction
- Commémoration de la Journée mondiale de lutte contre le Sida
Vue partielle de l'assistance En ce 1er décembre 2025, date consacrée à la Journée mondiale de lutte contre le Sida, l’hôtel Montana a accueilli une cérémonie où les défis ont été identifiés et des solutions proposées. « Surmonter les perturbations – Transformer la riposte au sida » , pouvait-on lire sur le support de fond, thème retenu pour la commémoration de cet événement sanitaire. Malgré l’insécurité et le gel des financements depuis janvier 2024, la salle Frank de Montana s’est transformée en une passerelle où défilaient : hauts gradés de la puissance publique, responsables du système sanitaire et représentants de plusieurs institutions nationales et internationales impliqués dans la lutte contre cette pathologie. Les chaises se serrent. La salle est pleine à craquer. Les caméras s’ajustent. Les téléphones s’élèvent. Les flashs crépitent. Sur les tables, les agendas sont bien rangés. Un grand écran affiche le thème de l’année. Le public est impatient. Que disent les chiffres ? Quels seront les mots de l’État face aux maux des PVVIH ? Vers la création d’un fonds pour les PVVIH Dr Bertrand Sinal, ministre de la Santé publique et de la population (MSPP) Le ministre de la Santé publique, Dr Bertrand Sinal, dans ses allocutions, est revenu sur les défis rencontrés ces derniers mois dans le cadre des services liés au VIH. D’où la nécessité de créer un fonds pour les personnes vivant avec le virus. Une décision survenue suite aux multiples démarches initiées par Housing Works, de concert avec des associations militantes pour les droits de cette catégorie. « Nous sommes conscients des défis à relever et de l’ampleur de la tâche. Mais ce qui est certain, c’est qu’avec des années d’expertise, une gestion participative et une meilleure intégration des services et des soins, dans un engagement à toute épreuve, nous continuerons à faire la différence. La situation actuelle nous a montré qu’il nous faut une réponse liée à nos propres moyens, venant du trésor public, qui tienne compte de nos réalités. Une réponse avant tout haïtienne. C’est en ce sens qu’un texte portant création, organisation et fonctionnement du Fonds national de lutte contre le VIH/SIDA a été adopté. La version finale a été transmise aux autorités compétentes et sera présentée en Conseil des ministres » , a-t-il déclaré. Une information qui a ravi le public et provoqué un tonnerre d’applaudissements Prince Pierre Sonson, représentant du Conseil présidentiel, a confirmé que le processus de création du fonds national pour la riposte contre le VIH/SIDA suit son cours. Une avancée accueillie comme un véritable soulagement. Selon les chiffres avancés par ce dernier : 150 000 personnes vivent avec le VIH ; plus de 121 000 reçoivent un traitement approprié, mais peu ont une charge virale contrôlée. Ce qui augmente les risques de transmission et de complications, fragilisant ainsi la lutte contre le VIH. Le CNPPCH lance un appel à l’engagement et à la solidarité Jhonny Lafleur, président du Comité National de Plaidoyer des Populations Clés en Haïti (CNPPCH) « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au SIDA » : c’est un appel à tous les acteurs de la société — l’État à travers le Gouvernement, les institutions sanitaires, les organisations de la société civile, le secteur privé et les citoyens. « Nous devons unir nos efforts pour permettre que chaque PVVIH puisse vivre dignement, sans crainte ni honte, même en l’absence de financement de nos partenaires internationaux » , a déclaré Jhonny Lafleur, président du Comité National de Plaidoyer des Populations Clés en Haïti (CNPPCH), une structure regroupant 19 organisations de la communauté LGBTI et des populations clés. Animé par une soif profonde de mieux-être pour les PVVIH, Jhonny croit dur comme fer que l’État doit répondre à ses obligations afin que chaque Haïtien, et en particulier chaque PVVIH, puisse jouir du droit fondamental à la santé. Pourtant, dans le contexte actuel marqué par de fortes perturbations, ce droit demeure un privilège inaccessible pour une grande partie de cette communauté. « Les PVVIH ont le droit de bénéficier d’un système de santé inclusif, capable de répondre à leurs besoins spécifiques, sans jugement ni discrimination » , a-t-il ajouté. À mesure que s’enchaînent les discours, des slogans percutants fusent de temps à autre : « Kob yo pa rive jwenn PVVIH yo vre », « Si nou pa parèt, nap disparèt ! » Le gel des financements, un frein aux progrès Le Président du Forum de la société civile, Dr Fritz Moïse, a exprimé sa reconnaissance envers le MSPP et le CPT pour avoir pris en compte les revendications des PVVIH et s’être mobilisés en leur faveur. Dr Christian Mouala, Directeur Pays de l’ONUSIDA Pour Dr Christian Mouala, Directeur Pays de l’ONUSIDA, il est temps de poser des actions pour assurer l’avenir des personnes infectées par le VIH. Selon lui, le thème de cette année reflète notre réalité , où le monde fait face à une crise financière historique, marquée par l’instabilité sociale, économique et sanitaire, qui menace de freiner les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH. Une crise qui met en péril les avancées enregistrées et impacte fortement l’objectif des 95-95-95 visant à mettre fin au Sida d’ici 2030. Face à ces difficultés, Dr Mouala a évoqué quatre piliers pour renverser la situation : • Réaffirmer la solidarité mondiale et l’engagement collectif ; • Maintenir le financement de la riposte et assurer une transition progressive et sûre vers un financement national ; • Investir dans l’innovation ; • Faire respecter les droits humains en renforçant l’autonomie des communautés. Une célébration marquée par culture et reconnaissance Outre les différents discours, la projection d’un documentaire axée sur la riposte au VIH en Haïti, la remise de distinctions “Honneur et Mérite” à des acteurs engagés, ainsi qu’une prestation culturelle donnée par les jeunes du Foyer Lakay Jèn (FOLAJ+) a animé la salle. Après cette célébration, une question demeure : les PVVIH sont-ils réellement tirés d’affaire ? Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- LE FIL DE L’AMBITION : défilé inaugural de la nouvelle cohorte en coupe et couture
Le mercredi 3 décembre 2025 restera une date marquante pour la nouvelle cohorte en coupe et couture de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Trois semaines seulement après le lancement de leur formation, ces jeunes talents ont présenté leur toute première collection lors d’un défilé empreint d’émotion. Devant un public attentif, les apprentis couturiers ont dévoilé des créations originales, reflet de leur créativité et de leur détermination. L’événement a été salué comme une preuve tangible de l’efficacité du programme, qui vise à offrir aux jeunes des compétences professionnelles et une voie vers l’autonomie économique. La cérémonie, organisée dans la salle de conférence de l’ODELPA, s’est déroulée en présence de la Présidente, Mme Ficeline RATEAU, de l’équipe encadrante et des membres du personnel. Ce moment a mis en lumière non seulement la progression technique des participants, mais aussi leur détermination. Dans son intervention, Mme RATEAU a salué l’effort et la volonté du groupe. « Ce que je vois aujourd’hui, ce n’est pas simplement un morceau de tissu bien cousu. Le vêtement n’est pas seulement ce qui nous couvre, il est aussi ce qui nous révèle. À travers vos créations, vous avez le pouvoir de raconter vos histoires et de tracer votre chemin. C’est un outil de liberté. Continuez à nourrir cette passion, car elle est la clé qui vous ouvrira les portes de demain », a-t-elle déclaré. De son côté, Mme Élisabeth S. JEAN, facilitatrice, a partagé son émotion. « Vous m’avez rappelé pourquoi ce métier me tient tant à cœur. Malgré les obstacles, vous êtes restés concentrés, curieux et engagés. Votre désir d’apprendre est une source d’inspiration. Ce n’est que le commencement, mais déjà vous tracez les premières lignes de votre réussite. Je suis fière de vous ». Pour conclure, M. Ismaël LAINÉ, formateur, a conclu en adressant ses encouragements aux apprenants: « Chaque cohorte possède sa propre identité, mais la vôtre se distingue par votre cohésion, votre dynamisme et votre persévérance. En si peu de temps, vous avez franchi une étape importante. Préservez cette énergie qui vous anime. Le chemin ne fait que s’ouvrir devant vous, votre destination peut être grandiose si vous gardez la même rigueur et discipline. » Au son du titre emblématique "Shine bright like a diamond" de Rihanna, les jeunes ont foulé la passerelle, regard fier, silhouette assurée pour montrer leur pièce. Plus qu’un défilé, c’était un manifeste de confiance retrouvée. À travers cette initiative, l’ODELPA, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), investit dans le potentiel de jeunes en quête d’opportunités. Ici, une aiguille, un fil et un rêve s’entrelacent pour dessiner les premiers points d’un avenir patiemment façonné, cousu de leurs propres mains. La r é daction













