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- Sous l’emprise de la violence, les jeunes brisent la glace
« Les violences basées sur le genre (VBG) naissent à partir des inégalités entre les sexes, l’abus de pouvoir et les normes néfastes. On dénombre différents types (physiques, économiques, sexuelles, verbales et autres) et peuvent avoir de graves conséquences sur votre vie, votre avenir, votre santé et même la société », a déclaré Madame Daïka FANFAN, intervenant à la dernière journée de formation, le vendredi 26 juillet 2024. Cette activité a été réalisée par l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), du 23 au 26 juillet 2024, en son local. Supportée financièrement par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR), cette deuxième cohorte a accueilli une trentaine de jeunes en provenance de Fort-national et Saint Martin. Intervenant sur les VBG et ses corollaires, la facilitatrice a mis un accent particulier sur les types et les formes de violences également les conséquences qui en découlent. Elle a proposé des travaux de groupes permettant à l’assistance de distinguer la typologie de ce fléau dont la majorité des victimes sont des filles et des femmes. Madame FANFAN, n’a pas raté l’occasion de prodiguer quelques conseils aux bénéficiaires. « Lorsque vous êtes victimes de violences, peu importe sa forme, ne gardez pas le silence. Parlez-en à votre entourage pour trouver de l’aide », a-t-elle relaté. Une présentation qui a poussé certains participants de rompre le silence. Avec beaucoup d’émotions, ils ont partagé leurs histoires. Certaines plus tristes et poignantes que d’autres. Le tableau sombre de Nancy « Nous sommes en 2016, il était 4 heures environ, en sortant du travail, en compagnie de ma cousine, arrivées sur la route de Delmas, nous avions été attaquées par des hommes armés. Ils nous ont braqué et nous ont demandé nos valises. Ma cousine s’est vite pliée à leur volonté, moi j’ai résisté, parce-que je sais combien c'est difficile d’obtenir des documents relatifs à l’identité en Haïti. Ce jour-là, j’ai vécu un enfer que je m’en souviendrai jusqu’à ma mort », a-t-elle balbutié pour éviter de fondre en larmes. Avant de continuer, elle a émis un grand soupir : « Je me suis fait bastonner pendant plusieurs minutes, au final on m’avait pris la valise. Et j’avais tout perdu. Ma cousine, quant à elle a été tombée en syncope. Elle a rouvert les yeux le lendemain à l’hôpital. Depuis, je me suis dit que je dois laisser le pays, pour essayer de dissiper cette douleur ». Nancy n’a pas connu une enfance facile. Fille d’un homme marié, elle a dû vivre avec sa belle mère pour que ce dernier puisse répondre à ses obligations paternelles. La vie ne lui a pas souri, des jours sombres ont marqué son existence dans cette maison. on pouvait lire sur son visage les douleurs ressentis dans ce chapitre de sa vie. Mere de deux enfants, Nancy réside à Fort-national. Aujourd’hui, elle effectue des activités commerciales pour subvenir à ses besoins et ceux de ses deux filles. « Je ne me résume pas à l’idée d’être entretenue par un homme. J’ai appris à me débrouiller seule. Quoique l’insécurité est criant dans la zone, je fais de mon mieux pour protéger ma progéniture et les offrir une vie meilleure » a-t-elle émis dans un brin d'espoir. L’assaut de la violence, d'autres témoignages « Dans mon quartier la violence se voit à l’œil nu, les hommes lourdement armés font la parade à longueur de journée » a confié Tara, une autre participante. Âgée de 24 ans, elle habite à la rue des arts plastiques, un quartier du bicentenaire. Étudiante finissante en assistance administrative, c'est un périple pour elle d'effectuer des allers-retours entre sa maison et l’université. « Je ne me sens pas bien, je suis impuissante face à une telle réalité. En tant que jeune femme, je me sens vulnérable face à la violence. Cela me perturbe énormément », nous a-t-elle confié. Pour Joseph qui vient de la rue des Remparts, au bas Bel-Air, la situation n’est pas trop différente « Je fais face personnellement à la violence psychologique. De temps à autres, des détonations d’armes à feu retentissent dans la zone. Je ne cesse de voir des jeunes passer de vie à trépas sous mes yeux, pourtant ils n’avaient pas encore vécu leur temps destiné. On se lève chaque jour en se demandant qui sera le prochain cible », a-t-il déclaré en essayant de dissimuler la crainte qui se lit sur son visage. Nancy, Tara et Joseph :des noms d’emprunts Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Former les jeunes sur les droits humains, un impératif pour ODELPA
« Les droits Humains sont les droits que nous avons tout simplement car nous existons en tant qu'êtres humains ; ils ne sont conférés par aucun État. Ils sont fondés sur l’idée que toutes les personnes sont égales et en droit d’être traitées avec dignité et respect, quels que soient leur race, leur sexe, leur genre, leur âge, leur religion, leur handicap ou toute autre caractéristique. Ils sont universels et inaliénables inhérents à chacun et ne peuvent donc être transférés ou perdus », a expliqué M. Sadrack Rateau, formateur en droits de la personne humaine. Il a tenu ses propos lors de son intervention sur les droits humains dans la troisième session de formation, le mardi 6 aout 2024. Cette assise est réalisée par l’Organisation de Développement et de lutte contre la Pauvreté (ODELPA), à Delmas. Elle est financée par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés au profit d’une trentaine de jeunes issus de plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince particulièrement Fort National et Saint Martin. Projecteur allumé, micro en mains, M. Sadrack a enchainé avec les différentes normes internationales et nationales protégeant les droits humains. Pour illustrer, il a cité la déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948, considéré comme étant le premier document juridique en la matière ; le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, deux instruments constituant la Charte internationale des droits de l'homme. Il a également mentionné la Constitution Haïtienne amendée de 1987, entre autres. « À côté des droits, il existe également les devoirs. Ce sont les obligations particulières et concrètes que chaque citoyen doit remplir. En d’autres termes, on peut dire qu’ils sont ce à quoi chaque individu est tenu de respecter par rapport à une disposition législative et règlementaire, la morale, sa situation personnelle, sa profession, ses responsabilités », a relaté le facilitateur. A cette phase de la présentation, des questions, des commentaires et des suggestions sont venues de part et d'autre. Les participants ont interrogé les actions silencieuses de la puissance publique face à la montée exorbitante de la violation généralisée orchestrée par les groupes armés dans le pays. On pouvait lire sur certains visages de la frustration, de la colère et sur d’autres de la peur. « En dépit de tout cet arsenal juridique, pourquoi les droits des haïtiens ne cessent d’être violés au quotidien ? », a lancé un participant. Pour répondre, M. Rateau a fait savoir que s’il y a autant de violation en matière des droits de la personne humaine, c’est parce que l’État a failli à sa mission. Il ne répond pas à son obligation qui consiste de garantir et de veiller au respect de l'ensemble de ces droits, conformément aux prescrits de l'article 19 de la loi mère haïtienne. Néanmoins, certaines personnes, prennent également le malin plaisir de passer outre de leur limite. Clin d’œil sur les droits des populations clés La deuxième partie de l’exposé était particulièrement consacrée aux droits des populations clés et de la communauté LGBTQIA+. Pour permettre à l’assistance de saisir les notions, M. Rateau a pris le soin de définir les concepts essentiels. « Les populations clés sont les personnes les plus exposés aux IST, VIH/MST. Par ailleurs, la communauté LGBTQIA+ composée des lesbiennes, des gays, des bisexuels, transgenres et autres sont également victimes de discriminations et de stigmatisations au sein de la société. Leurs droits sont de plus en plus violés en raison de leur sexe, leur genre, leur âge, leur handicap, leur orientation sexuelle entre autres. Ils n’ont recours qu’aux organisations de la société civile pour les défendre face aux stéréotypes », a déclaré le militant des droits humains. « Partant du principe de l’universalité des droits humains, ces personnes ont le droit d’être traitées avec respect, dignité, ayant accès aux privilèges accordés à tout être humain, telle : l’alimentation, l’éducation, la santé, les loisirs, pour ne citer que ceux-là. Ils ne doivent être victimes d’aucun acte discriminatoire et stigmatisant », a-t-il poursuivi clore la journée. Esperancia Jean Noel esperanciajeannoel@gmail.com
- Session de formation à l'ODELPA, les jeunes s'expriment.
Session de formation à l'ODELPA, les jeunes s'expriment. L’insécurité est monnaie courante en Haïti depuis des lustres. A partir du mois d'Aout 2023, il détient son pic. Au sein de la capitale, plusieurs quartiers sont devenus captifs des hommes lourdement armés. Les maisons parties en fumées, les personnes chassées de leur domicile, les familles divisées, un bilan alarmant qui alourdit le taux de la violence sexiste. Pour pallier à cette situation, l’organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) lance une campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychologique de Juin à Août 2024 au profit de 120 jeunes. Ce programme financièrement soutenu par le Haut-Commissariat des Nations-Unis pour les Refugiés (HCR), vise ceux issus des quartiers vulnérables. Première session de formation Du 25 au 28 juin 2024, ODELPA a réalisé la première session avec 30 jeunes, résidents particulièrement à Fort National et à Saint Martin. Au cours de ces quatre jours, l’entrepreneuriat, le VIH, la chimie cosmétique, les VBG et les techniques de communication sur les réseaux sociaux, l’élaboration de plans d’affaire, ont été, en parties les différentes thématiques traitées. Un cursus bien rempli, des méthodes participatives et inclusives proposées par les facilitateurs ont permis aux bénéficiaires de vivre un moment enrichissant. Une session qui crée de nouvel businessmen Lovema THIMOTEE s’exprime : « Je tiens à remercier ODELPA et tous les partenaires qui ont contribué à la tenue de cette initiative. Pendant ces 4 jours, j’étais dans mon assiette, j’ai acquis beaucoup de connaissances », a déclaré l'une des plus éveillée de cet atelier. Parmi toutes les nouvelles connaissances acquises, la jeune femme de 28 ans a ses préférences et nous dit pourquoi. « Toutes les présentations me seront très utiles d'une manière ou d’une autre tout au long de ma vie. Mais la chimie cosmétique me tient à cœur. Après avoir suivi une telle séance, je me vois déjà comme une businesswoman. J’aurai une rentrée économique, je serai autonome et indépendante en tant que femme », a-t-elle affirmé. Une session qui peut freiner des dérives Toujours en quête d’informations, notre micro baladeur a atterri vers celui qui vient de Delmas 24, James CHARLECIN. Ses propos ne sont pas différents de Lovema. « C’est une très belle initiative de l’ODELPA et de l’HCR », nous a-t-il confié à travers un large sourire. À côté de la chimie qui peut lui procurer de l'argent, il a mis accent sur la communication sur les réseaux. Maintenant, il sait comment mieux utiliser chaque plate-forme social, ce qui lui permettra de mieux gérer son audience. Avant de s’éclipser il démontré l’importance de cette formation en se référant sur sa zone. « Par rapport à la situation insécuritaire du pays, réaliser des séances de formations pour les jeunes sur le VIH, les VBG et autres, peut contribuer à la réduction de la violence dans la société. Beaucoup de jeunes sauront mieux se protéger contre les infections et les maladies sexuellement transmissibles, une grossesse précoce ou autres, de tels dérives qui font la une dans mon quartier ». La mission doit continuer Fabienne BOLIVAR, la représentante de la Fédération des Organisations Religieuses pour le Respect des Droits Humains (FEDORREH), quant a elle pense que ODELPA doit continuer avec cette initiative afin de toucher plus de jeunes. Bien qu'elle promet de partager au sein de son organisation, son quartier, sa famille, toutes les notions qu'elle vient d'emmagasiner. Les réactions ont été nombreuses, plusieurs participants, ont démontré au cours de cette balade leur ambition de se lancer dans le monde du business. De juin à Août 2024, en quatre cohorte, 120 jeunes seront outillés à travers cette campagne. À la fin, un concours sur le plan d’affaire sera lancé. Les gagnants de cette épreuve, bénéficieront d’un fond pour démarrer une petite activité génératrice de revenus. Renforcer la capacité technique et économique des jeunes, c'est l’arme utilisée par l'ODELPA pour combattre ce flux qui s'y installe en maître et seigneur au sein de la haïtienne. Marc-Kerley FONTAL Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Le VIH fait débat à la deuxième cohorte de formation à l’ODELPA
« Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est un virus qui attaque le système immunitaire d’une personne. Les plus touchées sont les cellules CD4 (globules blancs) qui jouent un rôle essentiel dans la protection de l’organisme humain contre les infections. En revanche, le sida, est la forme avancée et sévère de l'infection du VIH. En d’autres termes, c’est le stade grabataire du VIH. Ce qui implique qu'une personne peut être atteinte du VIH sans jamais arriver au stade du SIDA », a lancé Mme Esperancia JEAN NOEL. Ces propos ont été prononcés lors de son intervention à la deuxième cohorte de formation realisée par l’Organisation de Développement de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), le mardi 23 juillet 2024. Cette activité déroulée dans la salle de conférence de l’institution, a accueille une trentaine de jeunes. Ces derniers sont issus des sections communales de Fort National et de Saint Martin. Cette assise, supportée financièrement par Haut-commissariat des Nations Unis pour les réfugiés, s’inscrit dans le cadre de la campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychologique et de renforcement économique. Les modes de transmission du VIH « On dénombre trois modes de transmission du VIH : d’une mère infectée à son enfant ; lors d’un rapport sexuel non protégé; par l’utilisation d’une même seringue pour l’injection de drogues entre plusieurs personnes. On peut dire alors, que le virus se transmet dans les liquides corporels d’une personne infectée, tels : le sang, le lait maternel, le sperme et les sécrétions vaginales. Ce qui implique qu’une personne ne peut pas être infectée par le partage de nourriture, des baisers, des étreintes, des piqûres d’insectes, un simple contact ou autres », a expliqué l’assistante Officière de Communication de l’ODELPA. Les interactions Suite à cette approche plusieurs interrogations ont été soulevées par les participants : « Est-ce que le VIH se partage lors de fellations ou des cunnilingus? », a demandé Emmanuel GISTABE, un participant très éveillé. Oui et non a répondu la facilitatrice. « Vous savez que le virus a besoin d’une porte d’entrée. Si la bouche de la personne qui effectue l’acte sexuel a une blessure et son partenaire vivant avec le virus jouit dans sa bouche, il y a possibilité de contamination. Dans le cas contraire, non ». Moyens de prévention L’abstinence, l’utilisation des préservatifs lors des rapports sexuels, la prophylaxie pré et post exposition (PrEP, PEP), la fidélité réciproque, la Prévention de la Transmission de la Mère à l’Enfant (PTME), sont, entre autres, des méthodes de préventions liées au VIH, citées par la facilitatrice. Selon les explications fournies par Mme JEAN NOEL, la Prophylaxie Préexposition (PrEP) est une méthode de prévention récente suivant laquelle une personne séronégative utilise des antirétroviraux régulièrement pour réduire son risque d’infection au VIH. Elle est recommandée à toutes personnes à risque de contacter le VIH. On peut citer : les populations clés (HARSAH, transgenres, professionnelles de sexe, prisonniers), les couples sero-differents. Tout adulte ou adolescent indépendamment de leur orientation sexuelle ayant un comportement à risque, les utilisateurs de drogues injectables entre autres. Elle peut réduire de plus de 90% le risque de VIH par transmission sexuelle chez toutes personnes à risque lorsqu’elle est prise telle que prescrite. Sa posologie dépend de sa mode de dispensation ou de la méthode employée. « Une personne sous PrEP, doit-elle aussi utiliser le préservatif ? », a soulevé un autre participant. « Oui, puisque la PrEP constitue une barrière seulement contre le VIH. Elle laisse rentrer dans l’organisme toutes autres infections ou maladies sexuellement transmissibles », a répondu Mme JEAN NOEL. « La PrEP n’empêchera pas à une femme de tomber enceinte vue quelle n’a pas un effet anti-contraceptif », a-t-elle ajouté. Le temps passait au galop, mais les bénéficiaires ne s’étaient pas exténués. Pendant plus de deux heures la juriste a fait lumière sur cette pathologie, démystifié les mythes et démontré les nouveaux espoirs. Un sujet qui intéressait plus d’un. À la suite du module une discussion animée s’ouvrait ensuite entre les participants sur le sujet pendant plusieurs minutes. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Clôture de la dernière journée de formation à l’ODELPA
« La violence basée sur le genre ou la violence sexiste nait entre les inégalités entre les sexes , l’abus de pouvoir et les normes néfastes », a déclaré Mme Daika FANFAN, lors de la dernière journée de formation, ce vendredi 26 juillet 2024. Cette activité s’est déroulée sous l’égide de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté ( ODELPA) ,avec l'appui financier du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés.Déroulée en son enceinte, elle vise à renforcer la capacité de 30 jeunes issus des quartiers vulnérables. La présentation de Mme Fanfan s’articulait autour de la Violence Basée sur le Genre (VBG) et ses corollaires dans la société haïtienne. La secrétaire de l’ODELPA a également mis accent sur la Protection contre l’exploitation et l’abus Sexuels (PSEA). « Lorsque vous êtes victimes de violences, peu importe la forme, ne gardez pas le silence, vous devez en parler à votre entourage pour avoir de l’aide : sociale, judiciaire ou juridictionnelle », a conseillé la facilitatrice aux bénéficiaires. La deuxième partie de cette journée a été consacrée au Micro- crédit. Elle a été assurée par Mme Charline Joseph, une experte dans le domaine. L’intervenante a minutieusement présenté l’importance d’un crédit dans une entreprise et chaque étape pour l’avoir.
- L’entreprenariat au cœur des formations à ODELPA
Ce jeudi 25 juillet 2024, marque la troisième journée de la session de formation réalisée par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), au profit de 30 jeunes en provenance de plusieurs quartiers vulnérables de Port-au-Prince. Cette journée est entièrement consacrée à l’entreprenariat. Animée par M. Louiny Fontal, officier de communication de l’ODELPA, elle vise à mieux outiller ces bénéficiaires à faire face aux aléas de la vie. « Qu’est-ce qu’un business ? », telle a été la question avec laquelle l’intervenant a commencé son exposé. Selon M. Fontal : « business », vient de deux mots anglais : busy =occupation et Ness = action, mouvement. Le mot business fait référence à toutes occupations liées aux affaires commerciales et financières dans le but de générer le maximum de profits ». Pour continuer avec son intervention, M. Fontal a présenté les différentes raisons devant pousser une personne à se lancer dans le monde de l’entreprenariat : « Avoir votre propre business vous rend indépendant, il vous permet de mettre en valeur votre créativité et votre talent. Il vous permet également de faire quelque chose que vous portez à cœur en saisissant une opportunité générant des revenus », a-t-il déclaré. Projecteur allumé, plumes et cahiers à la portée des participants, à l’instar d’une salle de classe, l’ambiance est studieuse et très chaleureuse. Ces derniers notent, interrogent et interagissent aux questionnements du Secrétaire Général du Réseau Haïtien des journalistes de la Santé (RHJS). Bien gérer son business, une obligation Le passionné du journalisme, a beaucoup insisté sur la différenciation entre une envie et un besoin. Deux concepts, certaines fois, qui peuvent conduire à la faillite d’une entreprise si on les confond « Un bon entrepreneur doit toujours distinguer un besoin d’une envie. Cela lui permettra de faire une bonne gestion de son business. Un besoin peut se définir comme un élément nécessaire à la vie, un élément qu’on ne peut pas s’en passer. Par contre, une envie est le désir ardent de posséder quelque chose mais qui n’est obligatoire », a fait savoir M. Fontal. Pour mieux asseoir ses propos, l’intervenant a fait allusion à la pyramide des besoins, connue sous le nom de pyramide de Maslow, une représentation de la hiérarchie des besoins. Au bas de l’échelle se trouve les besoins psychologiques, suivis des besoins de sécurité, d’appartenance, d’estime de soi et d’accomplissement. Selon cette figure, tous les besoins sont continuellement présents, mais certains sont plus importants que d’autres certaines fois. L’officier de communication, pour permettre aux participants de mieux cerner chaque point de son intervention, a adopté la méthode participative. En effet, Ce dernier a utilisé des exemples factuels et quotidiens pour illustrer. Il a aussi demandé à ces jeunes de présenter certains faits dans l’objectif de tester leur niveau de compréhension. D’une voix résonnante, M. Fontal a également profité de l’occasion pour inculquer quelques conseils aux jeunes. « Une personne voulant se lancer dans un business doit apprendre à saisir les opportunités. Parler d’opportunité, cela désigne un ensemble de possibilités qui prouve qu’il y a lieu de créer un business qui rapporte financièrement. On dénombre trois facteurs d’opportunités. D’une part, la demande ; D’autre part, la capacité ou la volonté des clients de payer les services ou les biens offerts et enfin, la concurrence qui peut être directe ou indirecte ». Et de poursuivre : « en business, vos actions doivent être rapides. Il faut toujours poser des questions, à partir des différentes réponses, des idées des business feront surface . Toute opportunité de business se base sur une idée. C’est pourquoi il est important de transcrire ces idées dans un carnet pour ne pas les oublier. En business, tout doit être écrit ». Cette activité est financée par le Haut-Commissariat des Nations Unies. Elle s’inscrit dans le cadre de l’exécution du projet visant à renforcer la capacité des participants pour une diminution de la violence dans les zones sous le poids de ce fléau. À la fin de cet atelier de formation, un concours basé sur l’entreprenariat et les micro-crédits sera lancé. 70 parmi les 120 participants des quatre sessions seront choisis et bénéficieront d’une enveloppe soit pour renforcer leur business soit pour créer leur entreprise. Esperancia Jean Noel esperanciajeannoel@gmail.com
- Séance de formation en faveur des membres d’organisation de la société civile.
Dans le cadre du projet CARICOM-PANCAP, le jeudi 16 mai 2024, en son local à Pétion-Ville, Housing Works a réalisé une séance de formation au profit d’une quinzaine de membres d’organisation de la société civile. Patronnée par le Centre d’orientation et d’investigation (COIN), cette journée avait pour objectif d’améliorer les compétences des associations en matière de plaidoyer. Un maillon clé de la chaîne de réduction des cas de contamination liés au VIH selon les objectifs de développement durable ODD, d'ici 2030. 10 heures tapante, la formation s'est lancée. À la genèse, les séances de présentation d'usage, les règles du jeu ont fait office de préliminaires sous l’égide de Thara Layna M. SAINT HILAIRE. « Quand vous entendez plaidoyer, quel est le premier mot qui vous vient en tête ? » a- t-elle demandée afin d'introduire le premier débat de la journée. À tour de rôle les participants ont donné leurs impressions : Plaider, stratégies, assistance, aide, personne, sont entre autres les différentes réponses proposées. Si pour chacun ce mot avait un sens particulier, la Coordonnatrice Générale de Gran Jipon, en a fait le point. « Le plaidoyer est une fonction essentielle au sein de la communauté. Il est incontournable pour agir sur des problématiques de la vie de tous les jours » a-t-elle déclarée. Que ce soit pour un problème insuffisamment pris en compte ou des actions priorisées qui ne sont pas les bonnes, les motifs qui conduisent à une stratégie de plaidoyer sont multiples. Il peut prendre aussi des formes très variées et est d'autant plus efficace qu'il se traduit par des stratégies combinées en fonction des publics visés, des sphères d'influence qui ont chacune leurs spécificités. Quel sont les techniques de plaidoyer efficaces ? Quelles stratégies utilisées ? Tout au long de cette séance de formation, Jean Michael MEME a apporté les réponses adéquates. En amont, l'étape préalable du plaidoyer se porte sur le fait de se former, s'outiller et se documenter sur les démarches à entreprendre. Comme tout projet, MEME a pertinemment montré combien il s'inscrit dans un cycle de planification « SMART » Spécifique, Mesurable, Accessible, Réalisable et temporellement définie. Quelles méthodes suivre ? Pour mener un plaidoyer selon les normes, a présenté MEME, il faut premièrement identifier les problèmes et ses déterminants, les éléments à « plaider » en s'appuyant sur des faits, des données avérées ou probantes au sein du groupe cible. Deuxièmement, analyser l'environnement social et politique afin d’identifier les cibles pertinentes, les échelles du plaidoyer (local, national…), les pouvoirs et les influences. Définir des objectifs et les changements attendus constituent la troisième étape. Quatrièmement, trouver des alliés, créer des coalitions et définir l'argumentaire, le message en fonction de chaque cible. Cette étape implique également l’identification au préalable de la forme (pétition, tribune, communiqué de presse, manifestation…) et de l'agenda. Cela nécessite de formuler clairement le changement souhaité et le délai en rapport avec les objectifs fixés. Enfin, il faut identifier les opportunités. Suivre et évaluer les actions de plaidoyer dans le temps. Les participants étaient attentifs à ces deux présentations successives. MEME a associé à ses propos avec une méthode d’apprentissage hors du commun en faisant répéter chaque terme clé à travers des jeux. Un exemple de plaidoyer en Haïti À 13 heures, la fatigue guette, plus déterminée que jamais Thara remotive son public à travers un modèle de plaidoyer réussi en Haïti. Depuis des lustres, les femmes entreprennent plusieurs combats afin de faire valoir leur droit au sein de la société Haïtienne. Les efforts consentis ont mené à plusieurs changements. Au regard de la loi, la violence sur la femme dans le temps pesait moins lourd qu’une feuille. Un constat qui a suscité divers plaidoyers. « Diverses thèses servaient de référence pour mener cette lutte, mais la Convention de Belém do Pará, ratifiée par l’État haïtien le 2 juin 1997 reste et demeure une arme tranchante » a-t-elle ajoutée. Etant l’instrument ayant recueilli le plus grand nombre de ratifications dans le Système interaméricain, l’adoption de cette Convention reflète une préoccupation uniforme à travers le Continent américain au sujet de la discrimination à l’égard des femmes. Elle fait le lien entre la discrimination et la violence faite aux femmes et de la nécessité d’adopter des stratégies intégrées conçues pour prévenir, sanctionner et éliminer ces deux problèmes alarmants. « Malgré cette convention, il y eut toujours des difficultés pour sanctionner les bourreaux. L’Etat Haïtien ne s’était pas vraiment positionné sur ce point. Ce qui a nécessité de nouvelles formes de plaidoyers. Beaucoup de femmes ont investi les rues de Port-au-Prince au quotidien au cours de l’année 2005 dans l’objectif d’éveiller la conscience des dirigeants du pays, les hommes de lois en particulier », a continué la féministe. Quelques mois plus tard, il y eut l’adoption et l’application du décret de juillet 2005 modifiant les prescriptions existantes sur la violence sexuelle dans le Code Pénal Haïtien. Elles établissent maintenant des peines plus sévères pour les cas de viol. Que disent ces lois ? Auparavant, elles prévoyaient une peine de réclusion, alors que le décret de 2005 établit une peine de travaux forcés, de 10 ans, maximum. Il peut être plus sévère selon les circonstances aggravantes. Dans le cas de mineures, la peine minimale est de 15 ans. En septembre 2006, le Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes a soumis trois projets de loi au Parlement. Le premier, prenait en compte la paternité afin d’assurer une responsabilité plus effective des pères envers leurs enfants. Le deuxième misait sur les unions de fait garantissant les mêmes droits qu’aux couples mariés et les travailleurs spéciaux. Et le troisième, était axé sur la violence faite aux femmes et sur l’égalité hommes-femmes. Elles ont été amendées et ratifiées par le Sénat de République. « Le processus de plaidoyer n'a pas de durée, il dépend des efforts consentis. Ces femmes sont parties d'un constat et ont réussi à atteindre le but. Quoiqu’il reste beaucoup de travail à faire pour bannir la violence dans cette société où les machistes s'installent en maitres. Ce modèle de plaidoyer réussi peut vous aider à vous armer de force afin de défendre les droits des PVVIH et des populations clés en Haïti » a-t-elle conclue. Telle une graine enracinée dans une bonne terre, ces propos motivants de Thara n’ont pas laissé les participants indifférents. 14 heures passées de 30 minutes, une séance de photo dans une ambiance agréable et conviviale sert de dernière note pour clôturer cette séance de formation. Marc-Kerley Fontal marckerleyfontal@gmail.com
- La chimie cosmétique, une opportunité économique pour les jeunes entrepreneurs haïtiens
« Les produits cosmétiques sont des moyens techniques, adéquats pour le maintien et le perfectionnement esthétique du corps humain. En d’autres termes, on peut les définir comme toute substance destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles corporelles, notamment l’épiderme, la partie externe de la peau constituée de plusieurs couches ; les systèmes pileux et capillaires, qui comprennent les poils et les cheveux. Ils sont divisés en 3 types : les produits destinés à la peau, l’hygiène et aux soins capillaires ». C’est en substance, les explications de Monsieur Felinord Jean, technicien en chimie industrielle, le mercredi 26 juin 2024. Il a fait cette déclaration à l’occasion de la deuxième journée de formation réalisée par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), en son enceinte, à Delmas. Cette activité se déroule à l’intention de 30 jeunes issus de plusieurs quartiers vulnérables de la capitale de Port-au-Prince, Fort-National et Saint Martin particulièrement. Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet de sensibilisation, d'éducation, d’appui psychologique et de renforcement économique. Aussi, participe-t-elle de la formation de ces jeunes sur le VIH, les droits humains, l’utilisation des technologies de l'information et de la communication, les PME, les violences basées sur le genre, entre autres. Quelle méthodologie appliquée ? Pour le déroulement de cette journée, la salle de conférence de l’ODELPA, s’est transformée en un véritable laboratoire chimique. Au milieu de celle-ci, est placée une table où sont déposés plusieurs matériels (cuvette, balance, mesurette, ph mètre, etc.), pour la fabrication de différents produits cosmétiques. Les participants, plumes et cahiers en mains, smartphones allumés, prennent des notes et enregistrent les explications du facilitateur et de son assistant. « Cette séance de formation a été divisée en deux parties : théorie et pratique. L’une est aussi importante que l’autre. Dans la partie théorique, nous avons pris le soin de présenter l’essentiel de la chimie cosmétique, à travers les caractéristiques, les fonctions, les classifications des produits cosmétiques. Aussi, a-t-on appris au participants le tableau des mesures, le rôle des matières premières et la quantité qui doit être utilisée pour la fabrication de chaque produit », a confié M. Jean. Sur un tableau, sont inscrites les formules applicables pour chaque produit : savon liquide, désinfectant, savon dur, pour ne citer que ceux-là. Pour débuter avec la séance pratique, deux jeunes ont rejoint M. Jean pour participer activement à la préparation de ces produits. Le technicien les a conseillés d’enfiler des gants et des masques dans l’objectif de protéger leur peau aux effets chimiques des produits. Impressions des participants « Je suis dans mon assiette. Pendant les deux premières journées de cet atelier, j’ai assimilé beaucoup de notions sur la communication, les droits humains et le VIH. Pour la deuxième partie de cette journée, la présentation est hors pair. Déjà, je me vois déjà dans la peau d’une entrepreneuse, une femme autonome et indépendante financièrement », a clamé Lovema Thimothée, une bénéficiaire. De son côté, James Charcelin, un autre participant, a salué cette initiative de l’ODELPA et l’HCR, visant à outiller les jeunes sur des thématiques qui leur seront d’une grande utilité tout au long de leur vie. « Ce que nous avons appris aujourd’hui, vont nous aider grandement dans l’avenir. Les savons liquides, les désinfectants le Hand sanitizer, sont des produits utilisés dans la société au quotidien. Savoir comment les préparer, est un atout pour nous. Étant jeunes, on peut créer un business axé sur la fabrication des produits cosmétiques », a relate Renaldine Sainvil. Cette journée s’est clôturée avec la distribution aux participants d’un échantillon de chaque produit. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com
- Propos tenus par la présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline RATEAU au lancement de la nouvelle cohorte de formation
"Renforcer la capacité technique des jeunes afin qu'ils soient mieux armés à lutter contre la violence basée sur le genre fait partie des missions essentielles de l'ODELPA. Voilà, en fait, ce qui justifie votre présence ici ce matin”. Un extrait du discours prononcé ce mardi 25 juin 2024 par la présidente de l'Organisation de développement et de lutte contre la pauvreté. Madame Ficeline Rateau a fait cette déclaration à l'occasion de la cérémonie de lancement de la première d'une série de quatre séances de formation de quatre jours chacune, à l'intention de 120 jeunes issus de Fort National et de Saint-Martin, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Le Numéro 1 de l'ODELPA en a profité pour encourager le groupe des 30 premiers participants présents à cette session à prendre au sérieux ces formations. "Vous êtes des chanceux, pourvu que vous êtes ici. Soyez responsables. Pensez aux autres qui n'ont pas cette opportunité et allez répliquer la formation à eux, les a-t-elle exhortés.
- Propos Officiel du Senior Protector Associate au UNHCR, M. Dudley SAINT JEAN
« L'insécurité et les catastrophes naturelles ont des impacts majeurs sur la société haïtienne. » Elles engendrent la misère, le déplacement interne et augmentent la violence. C'est ce que révèle le Senior Protector Associate à l'UNHCR en Haïti. Dudley Saint-Jean pense que doter les jeunes des capacités techniques nécessaires pour lutter contre ces phénomènes s'avère d'une importance capitale, surtout dans ce contexte difficile que traverse le pays. « C'est la raison pour laquelle le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés se met aux côtés de l'ODELPA en vue de l'atteinte de ces objectifs. » Dudley Saint Jean a fait cette déclaration à l'occasion du lancement de la première d'une série de quatre séances de formation à l'intention de 120 jeunes en provenance de Fort National et de Saint-Martin, le mardi 25 juin 2024. Pour cette première session de 4 jours qui prendra fin le vendredi 28 juin prochain, 30 jeunes hommes et femmes y prennent part.
- Quatre journées de formation au profit des nouvelles équipes de terrain de la SDC
Du 11 au 14 juin 2024, en quatre journées consécutives, la Surveillance dirigée par la communauté (SDC) a réalisé, un atelier de formation au profit des coordonnateurs et des moniteurs de zone. Cette séance axée sur la tuberculose, la malaria et les VBG, a permis d’outiller les nouvelles équipes, composées de 14 coordonnateurs et 28 moniteurs, sur ces deux pathologies, avant d’investir les terrains pour faire le monitoring dans les sites de prises en charge. A l’ouverture de cette activité, déroulée à la fois en ligne et en présentiel, dans les locaux de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), la Coordonnatrice générale du CLM, madame Soeurette POLICAR a montré aux participants l’importance du travail qui leur est confié. Elle a aussi mis accent sur les objectifs et les résultats attendus. « Cette formation de 4 jours, pour les moniteurs, les coordonnateurs de zones et les membres du forum de la société civile, participe de faire respecter le principe du CLM. Celui qui donne aux communautés les moyens de surveiller la qualité de la prestation des services offerts dans les sites de prise en charge du VIH, du paludisme, de la tuberculose et des VBG en Haïti », a déclaré Mme POLICAR. Un regard sur les thématiques clés À côté des propos officiels, les présentations d'usages, l’évaluation du pré-test, le premier jour a été consacré à faire découvrir les pathologies clés de cette formation. Dr Richard MILO, Coordonnateur du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), a abordé la première thématique de la journée. Il a présenté la tuberculose à travers ses signes et symptômes, ses méthodes de prévention et de prise en charge. « La tuberculose est une maladie très dangereuse et mortelle surtout pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli et qui souffrent de malnutrition. Le germe peut demeurer plus d'un an dépendamment de l’espace où il se trouve. Il est à noter qu'une personne ayant pris contact avec un tuberculeux pulmonaire risque d’attraper l’infection à partir des gouttelettes lors des prises de paroles ou des éternuements de ce dernier », a-t-il clamé. Pour sa part, Docteur Marc-Aurèle TELFORT, coordonnateur du Programme National de Lutte contre la Malaria (PNLM), a présenté le paludisme, comme un tueur lent. Selon ses explications, il a fait comprendre qu’une personne peut vivre avec la malaria sans présenter aucun signes et symptômes. « L’homme est le principal réservoir de la malaria, la meilleure prévention pour éliminer cette maladie dans une zone consiste à traiter les personnes infectées », a-t-il déclaré. Cette intervention a fait surgir de multiples interrogations. « Pourquoi l’homme est-il considéré comme le principal réservoir de la malaria ? », a demandé un participant. Pour répondre, Dr TELFORT, a fait savoir que le moustique n’est pas le principal vecteur de la maladie. Si dans un espace, il n’y a pas personne infectée, il n’y aura pas de cas de paludisme même l’environnement est proliféré par des moustiques. Ce qui implique que la malaria prend vie chez l’être humain. Pour continuer, Mirlanda LINDOR, représentante de la FOSREF, a fait son intervention sur la violence basée sur le genre (VBG), ses différentes formes et ses principales conséquences dans la société. Les étapes de collecte et d'analyse de données, la méthodologie de la SDC, l’élaboration du guide de suivi et des outils de collecte, la gestion des données, les étapes de rédaction des formulaires, sont entre autres, les différents points abordés au cours du deuxième jour. Les travaux pratiques et l’utilisation de matériels de travail Mme Johanne HYPPOLITE ISIDOR, directrice de données et de stratégies à la Surveillance Dirigée par la Communauté (SDC), a assuré la troisième journée de cette formation. Elle a présenté le Commecare, l’application servant de base de données des informations collectéeslors des visites de terrain et ses techniques d’utilisation. Elle a enchainé avec l’entrainement sur les outils papier, qui, selon elle, s’avère être une étape très importante dans la collecte des données. La Deputy Director de l'Housing Works, Madame Leinadine Lucien Maurice, au cours des séances pratiques sur les outils papier, a mis un focus sur les différentes formes de violences, notamment le harcèlement sexuel. Elle a profité de l’occasion pour prodiguer des conseils sur les comportements à adopter sur le terrain. « Je vous encourage à maitriser vos différentes réactions (gestes, regards et paroles) lors des entrevues dans les sites, particulièrement avec les patients. Sans vous rendre compte, vous pouvez les blesser », a-t-elle suggéré. Pour clore cette journée, Dr Eva Marly STEIDE, Directrice Pays de l’Housing Works a animé une causerie sur les techniques de conduite de groupes de discussion et d’entretiens individuels. Une journée corsée La dernière journée quant à elle, a été surchargée. Évaluation du post-test, séances de travaux pratiques, techniques de recueillement d’informations sur le site de l'observatoire, ont été les points avec lesquels, on a débuté cette dernière journée. Un peu plus tard, la Directice Exécutive de l’ODELPA, Mme POLICARD a fait le point sur la communication comme un élément essentiel dans les activités de plaidoyer. La Miss Trans Haïti, Mlle Francesca Juliyanah BUTEAU, de son côté, a mené une présentation sur la Sexualité, l’Orientation sexuelle, lIndentité et l'expression de Genre (SOGIE) et Jonhny CLERGÉ, Membre du Groupe Communautaire Consultatif à la SDC, une intervention sur les droits humains. Impression d'un participant « Cette semaine a été très instructive, j'ai pu découvrir deux maladies considérées comme des tueurs lents, la tuberculose et la malaria. J'ai appris comment utiliser le Commecare. Maintenant, je suis bien armé pour les visites de terrain » a déclaré Alain SENAT, moniteur du département de Nippes. Un sentiment de satisfaction partagé par plusieurs autres participants. Au terminus de cet atelier de formation des kits de travail ont été remis aux membres des nouvelles équipes (tablette, casquette, bidon, entres autres). Les contrats signés, le travail est officiellement lancé. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com
- Les VBG au cœur de la formation pour les moniteurs et les coordonnateurs
La violence basée sur le genre (VBG), dénommée également violence sexiste, se réfère à l'ensemble des actes nuisibles, dirigés contre un individu ou un groupe d'individus en raison de leur identité de genre. Elle prend racine dans l'inégalité entre les sexes, l'abus de pouvoir et les normes néfastes. Selon le Cluster VBG en Haïti en partenariat avec le Ministère de la Condition Féminine et les Droits de la Femme, entre janvier et mars 2024, sur un échantillon de 1793 cas de violences analysés, dans 6 départements géographiques du pays, 80% de femmes et 14% de jeunes filles ont été les principales victimes. Ce qui explique l’augmentation considérable des cas de viol et la justification de la vulnérabilité de la femme au sein de la société. Au cours de sa présentation, Madame Leinadine Lucien Maurice, a mis accent sur les différentes formes de violences, notamment le harcèlement sexuel. « En Haïti, les jeunes filles ont souvent tendance à fuir les groupes d'hommes réunis dans un endroit spécifique. Parce souvent les commentaires lancés à leurs égards sont dérangeants », a expliqué la Deputy Director de l'Housing Works. Parallèlement, une participante a profité de l’occasion pour mettre des mots sur son vécu. « J’avais un compagnon qui contrôlait toutes mes dépenses, même mes rémunérations mensuelles. Dès que je rentrais avec mon chèque de travail, il s'en accaparait. Par amour pour sa personne, je ne comprenais même pas que j’étais victime de violences. Un jour, en discutant avec certaines collègues sur ma situation conjugale, surprises de mon train de vie, ces dernières m'ont conseillé d’ouvrir un compte bancaire. Et c'est là qu’a commencé mon calvaire », a-t-elle raconté. Et de poursuivre : « Mon conjoint estimait que c’était un manque de respect à son égard. Il était vraiment mécontent. C’était en fréquentant des organisations que j'ai compris la gravité de ma situation ». Suite aux regards de certains membres de l’assistance, Mme Maurice en a eu une prompte réaction. « Je vous conseille de rester impartial lors des visites de terrains. Quand vous aurez à questionner les patients assurez-vous de maitriser vos réactions (gestes, regards et paroles). Parce que cela peut faire du mal à la victime, sans vous rendre compte », a-t-elle suggéré. Cette troisième journée de formation a été particulièrement consacrée à des séances de travaux pratiques. Un peu plus tard dans la journée, Mme Johanne HYPPOLITE ISIDOR, responsable de données à la Surveillance dirigée par la communauté (SDC), a assuré une présentation qui s'est portée sur les techniques d’utilisation du Commecare. L’application servant de base de données des informations collectées lors des visites de terrain. Dr Eva Marly STEIDE, pour sa part, a animé une causerie sur les techniques de conduite de groupes de discussion et d’entretiens individuels. La journée a été longue, la semaine de formation sera bouclée ce vendredi 14 Juin 2024, avec d'autres thématiques, telles, les droits humains, les présentations des techniques de plaidoyer, les bonnes pratiques du CLM, entre autres. Des matériels de travaux seront aussi distribués par la même occasion. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com












