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  • Protéger les professionnels du sexe contre la violence, un défi énorme

    La situation des professionnels du Sexe en Haïti reste une problématique préoccupante pour les institutions œuvrant dans le domaine des droits humains. Protéger ce groupe contre la violence dans l’exercice de leur métier, constitue un défi majeur pour les acteurs du secteur. La situation devient un peu plus délicate avec la montée du spectre de violence au jour le jour notamment celle liée au genre. Les P rofessionnels du sexe (PS) sont conscients du danger qui les guette, toutefois ils ne sont pas rassurés face au comportement des forces de sécurité publique chargées de les protéger contre toute forme de violences. Plusieurs de ces professionnels sont bastonnés dans l’exercice de leur métier, violés sans recevoir un sou de leur client pour être ensuite sujets de moqueries de tout genre. C’est dans ces conditions extrêmes que les 150 000 PS exercent cette profession en Haïti selon les chiffres de la Fondation pour la Santé Reproductive et l’Education familiale (FOSREF). D’autres données, toujours de la FOSREF, montrent que 80% d’entre elles sont âgées entre 16 et 22 ans. Un documentaire réalisé par les journalistes Rachèle Magloire et Roosevelt Jean François dans les années 90, révèle que ce secteur reste l’apanage expérimental des jeunes adolescents entre 15 et 20 ans. Avec des données pareilles, les institutions de droits humains peuvent s’inquiéter notamment avec la situation économique dégradante et le niveau élevé de violence que connait le pays depuis ces deux dernières années. Une situation qui oblige notre Rédaction á s’intéresser aux Professionnels du sexe souvent abusés physiquement et verbalement. Notre Newsletter donne la parole aux principaux concernés et aux institutions qui travaillent avec cette catégorie dans la perspective d’une lutte plus efficace pour le respect des droits de ces travailleurs trop souvent victimes de discrimination et de stigmatisation, deux éléments extrêmement virulents contre l’émancipation de la personne. La Rédaction Aout 2022

  • Malia Jean, modèle de courage et de détermination

    Malia Jean est une de ces fières filles de la commune de Ganthier, dans le département de l’Ouest. Pleine de vie, elle arbore toujours un large sourire sur son visage. D’un courage remarquable, cette quinquagénaire est connue pour son implication dans la lutte visant à accompagner les personnes vivant avec le VIH/Sida, notamment les femmes, souvent victimes de stigmatisation et de discrimination. Suite au décès de son premier mari, Malia était l’objet de nombreux soucis de santé. Elle s'est rendue aux centres du Groupe Haïtien d’Étude du Sarcome de Kaposi et des Infections Opportunistes (GHESKIO), au Bicentenaire, pour faire un test de dépistage de VIH/SIDA. Et c'est là qu'elle a su qu’elle était infectée par le VIH. « Vu que mon premier mari est mort à la suite de complications liées à cette pathologie, je me suis préparée préalablement à n’importe quel résultat, confie la fondatrice de l’Association des femmes infectées et affectées par le VIH (AFIAVIH). Lorsqu'on m'avait informé de mon statut séropositif, je me suis promise de ne pas laisser la maladie m’abattre. Je me devais de me battre et de vivre », dit-elle, laissant transparaître toute sa fierté. Supportée par ces proches… Au cours des dernières années, énormément d’efforts et de progrès ont été enregistrés dans la riposte au VIH/sida à travers le monde et en Haïti. Mais il y a encore des défis à relever notamment la discrimination et la stigmatisation. Ces défis, en effet, constituent deux des fardeaux non négligeables pour les PVVIH. On n’arrive plus à compter celles qui en sont victimes. Avec un moral d'acier, Mme Malia Jean avoue n’avoir jamais été de ce lot. « Je n'ai jamais été l'objet de stigmatisation », affirme-t-elle. Je ne sais pas si on le fait à mon insu. En plus, je me place toujours à un niveau supérieur par rapport à ceux et celles qui pourraient éventuellement me stigmatiser. Du coup, je ne suis jamais atteinte ». Ajouté à tout cela, Malia a pu compter sur le support inconditionnel de ses proches. Ce qui vaut son pesant d’or, dans un contexte fortement marqué par la stigmatisation et la discrimination vis-à-vis des PVVIH. « Ma famille m'achetait les ARV vu qu'à cette époque, ces médicaments étaient rares », s’est-elle souvenue, les yeux pleins de gratitudes. Déterminée à mieux embrasser la cause des Personnes affectées et infectées, en Juillet 2007, l'auxiliaire infirmière a fondé, l’Association haïtienne des femmes infectées et affectés par le VIH (AFIAVIH). Avec le support de l’organisation Promoteur Objectif Zéro sida (POZ), cette association à encrage communautaire intervient, notamment au niveau de la zone métropolitaine, dans le dépistage et le traitement du VIH, l’appui psycho-social, la formation et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes femmes PVVIH. Association à but non lucratif, les bénéficiaires de l’AFIAVIH, à l’échelle du pays, se comptent par millier. L'AFFIAVIH continue d’œuvrer grâce au soutien de partenaires locaux et internationaux. Toutefois, il persiste encore énormément de besoins non couverts. « J’ai une liste de plusieurs personnes qui sollicitent de l'aide, entre autres, pour le loyer, l'éducation, l'alimentation. On fait de notre mieux, même si on est dans l'impossibilité de satisfaire tout le monde », regrette Mme Jean. Vivant avec le VIH depuis de nombreuses années, Malia Jean n’a jamais lâché prise. Elle prend régulièrement ses médicaments antirétroviraux. Et aujourd’hui elle a une charge virale indétectable. Figure incontournable de la lutte contre le VIH au cours des 30 dernières années dans le pays, Malia est, sans fausse modestie, un modèle à suivre. Esperancia Jean Noël

  • La lutte contre l'homophobie en Haïti : un défi majeur pour la communauté des LGBTI+

    Dans la société haïtienne, l'homophobie c'est-à-dire la peur des homosexuels, constitue un véritable problème pour la communauté LGBTI+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexuées et plus). Des propos stigmatisants et discriminants pleuvent à leur encontre de part et d’autre. Cette catégorie minoritaire fait souvent l'objet de bastonnade pour leur orientation sexuelle ou est pointée du doigt comme étant responsable de différentes catastrophes naturelles enregistrées durant ces dernières décennies dans le pays. Du milieu familial au milieu social, les LGBTI+ font en permanence l'objet de critiques, de rejets et mêmes de violences physiques. «Certaines personnes pensent parce qu'elles sont des hétérosexuels, cela leur donne le droit de frapper des homosexuels. Récemment, à la première avenue Bolosse, un couple homosexuel a été victime de violences physiques. Des gens ont fait irruption chez ces derniers puis les ont durement frappé à coups de machette. Heureusement, le couple homosexuel s’en est sorti de manière in extremis. Ces HSH ont été gravement blessés. On dénombre bien des cas similaires à celui-ci », déplore Johnny Clergé, président du comité national de plaidoyer des populations clés et d'une organisation appelée " Arc en ciel". Kouraj à travers ses actions Fondée en 2011 par Chalot Jeudy, « Kouraj » est une association qui se donne pour mission de défendre les droits des LGBTI+ trop souvent victimes de leur transidentité. De pareille situation constitue une violation des droits de la personne humaine et entraîne des conséquences graves sur la santé physique et mentale des victimes. Face à cela, Kouraj, cette institution de défense, offre plusieurs services à la communauté. « L’un des domaines d’activité de Kouraj est le plaidoyer. Fort souvent, nous sommes obligés d’accompagner la communauté lorsqu’elle est victime d’homophobie. On intervient à plusieurs niveaux, tout dépend de la façon dont elle est manifestée. Nous offrons un accompagnement juridique aux LGBTI victimes d’agression physique grâce aux partenariats avec des organisations comme le BDHH, le BDAI entre autres », a fait savoir Mme Hétéra Estimphil, présidente de l'association. La transgenre rappelle que si l’homophobie s’est manifestée de façon verbale ou psychologique, « Kouraj » apporte une aide psychologique pour aider la victime à garder son estime de soi. De sa création jusqu’à date, Kouraj ne cesse de déployer des efforts en vue de supporter la communauté LGBTI+. Mise à part le domaine du plaidoyer, elle intervient dans trois autres secteurs à savoir : la santé, la mobilisation communautaire et le réseautage. Dans le cadre de la lutte contre l’homophobie en Haïti, des formations sur le genre et l’orientation sexuelle, sur les droits humains particulièrement ceux des LGBTI+, des services de dépistage communautaire, des consultations médicales figurent toujours dans l'agenda de l’institution de droits humains. Dans le temps, la communauté LGBTI+ était considérée comme des malades mentaux, des gens qui ont perdu toute lucidité. Ce n'est qu’en 1990, que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a dissocié l'homosexualité de la démence et du même coup, la communauté a adopté une journée contre l'homophobie dans le monde. Une grande victoire pour cette dernière. En Haïti, malgré les différents efforts déjà consentis, cette communauté est encore noyée par des critiques négatives, leurs droits sont bafoués au quotidien. Face à cet état de fait, nombreuses sont les organisations comme KOURAJ qui luttent pour le respect des droits et l’intégration totale des LGBTI+. Cependant, la route menant à cette quête est encore longue. Esperancia Jean Noël esperanciajeannoel@gmail.com

  • Meurtre, torture et orientation sexuelle

    Dans l’article 248, “le meurtre est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est commis en raison de l’orientation sexuelle de la victime alors que sans ce facteur d’aggravation“, le fait de donner la mort à autrui serait passible de dix (10) à vingt ans de réclusion criminelle. Selon l’article 262, “le fait de soumettre une personne à des tortures ou à des actes de barbarie est passible de quinze (15) ans à vingt (20) ans de réclusion criminelle”. Cette infraction, selon l’article 265, “est passible de vingt (20) ans à vingt-cinq (25) ans de réclusion criminelle lorsqu’elle est commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime”. Source : Le Nouvelliste

  • Chiffre du mois

    La prévalence du VIH parmi les femmes transgenres en Haïti est de 27,6 %, soit 14 fois plus que pour l’ensemble de la population.

  • Comprendre le secteur des LGBTI, un choix difficile

    Être homosexuel en Haïti rime avec discrimination, Stigmatisation et violence de toutes sortes. L’intolérance envers la communauté LGBTI et l’ignorance sont deux traits qui caractérisent certains secteurs homophobes si l’on se réfère au secteur religieux qui croit qu’au 21e siècle l’homosexualité est une menace à combattre car dangereuse pour l’ordre social, religieux, moral et démographique. De tels agissements poussent les HSH à dissimuler leurs activités sexuelles ce qui entrave les étapes de soins comprenant la prévention, le dépistage, l’enrôlement aux soins et l’adhésion thérapeutique. Une enquête réalisée en Haïti et publiée par le Programme des Nations unies pour le VIH, montre que la prévalence de cette infection chez les HSH s’élève à 18,2 %. Nombreux sont les HSH qui développent des relations hétérosexuelles ; Souvent ce comportement sert aussi de pont pour la transmission du VIH de la communauté HSH vers la population générale. Pour la deuxième Edition de ATTITUDE-SANTE, les journalistes de la Revue mensuelle se sont intéressés à la Communauté des LGBTI. La Rédaction donnera la parole à cette communauté dans la perspective d’une lutte plus efficace contre le VIH. De l’entretien du Président du Comité de Plaidoyer de la population clé jusqu’au portrait d’une transgenre en passant par une institution de défense des droits LGBTI, la Revue Attitude Santé vous emmène au Cœur de cette minorité discriminée et stigmatisée au quotidien. ET/Rédacteur en chef

  • Violence basée sur le Genre: un nouveau défi pour les organisations de Droits humains

    La Violence Basée sur le Genre (VBG) envers des filles et des femmes en Haïti est un grave problème de santé et de droits de l’homme. L’accès aux soins, aux services psychologiques et aux recours juridiques est limité en raison du manque de ressources, de la volonté politique, de l’insécurité économique, des déséquilibres entre les sexes et de la pauvreté généralisée. Les rapports indiquent qu’une femme sur trois en Haïti, âgée de 15 à 49 ans, a subi des violences physiques et/ou sexuelles, et plus particulièrement pour les filles de 13 à 17 ans, les milieux scolaires étaient le deuxième endroit le plus commun pour les attouchements non désirés. Source: ZL

  • Campagne de sensibilisation : Formation des Pairs-Educateurs

    L’organisation de développement et de lutte contre la pauvreté(ODELPA) a tenu du 27 au 31 Mai 2022 une série de formation à l’intention des Pairs-Educateurs. Cette démarche rentre dans le cadre d’une campagne de sensibilisation entamée dans les différentes communautés allant de Port au Prince jusqu’au Plateau Central. Dans le cadre de ce projet, plusieurs centaines de personnes seront sensibilisées sur le Covid -19, le VIH, la violence basée sur le genre et les droits Humains.

  • Séance de formation sur la vaccination anti Covid-19 à l'intention des leaders des populations Clés

    À l'initiative de l'Organisation de Développement et de Lutte contre la pauvreté (ODELPA) 25 participants ont pris à une séance de formation le mercredi 22 Juin 2022 autour de la vaccination contre le Covid 19 coronavirus. Cette formation s’est tenue au local de l’institution à Delmas 54 grâce au financement du Fonds Mondial et de la Fondation pour la Santé de Reproduction et la Famille (FOSREF). Cette séance participe de la sensibilisation des leaders des populations Clés et des groupes vulnérables sur la vaccination anti Covid-19, mais également pour mieux les outiller dans leur travail au sein des communautés. Se faire vacciner contre le coronavirus devient un impératif avec plus de 632 000 décès dans le monde dont 837 en Haïti. EJN

  • L’éditorial du mois

    Haïti a signé un ensemble de traités relatifs aux droits humains, toutefois cela n’empêche que le pays reste l’endroit où les droits humains sont peu respectés. Les Populations clés ne sont pas exemptes des violations enregistrées au quotidien dans cette nation de la caraïbe. ATTITUDE-SANTE est un NEWSLETTER mensuel qui entend informer la communauté sur ces violations mais encore donner la voix aux minorités. Pour le mois de juin, ATTITUDE-SANTE consacre son premier numéro aux personnes vivant avec le VIH(PVVIH). Dans cette édition, la rédaction s’intéresse aux difficultés des PVVIH victimes de discrimination et de stigmatisation dont ils sont l’objet tous les jours. La Rédaction entend aussi allumer dans ce numéro ses projecteurs sur un médecin, un pionnier dans la lutte contre le VIH en Haïti, qui est aussi le Président du Forum de la société civile, Dr Fritz Moïse. Il est celui qui avait osé ouvrir les portes de FOSREF sur la route de Lalue au centre-ville pour accompagner les jeunes généralement victimes des infections sexuellement transmissibles et des problèmes de reproduction. Son travail a été salué par les plus grandes institutions sanitaires tant au niveau national qu’international. Le Premier numéro de Newsletter lui rend aussi hommage pour son travail et son dévouement à la cause des populations Clés. ET/Rédacteur en chef

  • Pour un personnel médical plus humain

    Une centaine d’étudiants en médecine formés sur la prise en charge des PVVIH à Limonade À l’initiative de la Fondation SEROvie, deux journées de formation ont été organisées, les 13 et 14 juin 2022, au Campus Henry Christophe de Limonade, autour de la prise en charge du VIH/sida. Organisée en partenariat avec le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et l’USAID, cette formation a été axée sur la stigmatisation et la discrimination à l’encontre des PVVIH. Les bénéficiaires, un peu moins d’une centaine d’étudiants finissants en médecine de cette structure universitaire étatique établie dans le département du Nord, ont pris part à cette formation. « Propos désobligeants envers les malades ainsi que leurs proches, refus de service pour les minorités sexuelles et les PVVIH…», ce sont en substance quelques comportements affichés par des professionnels de santé, ramenés sur le tapis par Dr Max Bond Saint-Val, médecin, spécialiste en santé publique. La discrimination et la stigmatisation, deux véritable freins aux efforts mis en œuvre dans la riposte au VIH dans le pays. C’est en réponse à cette situation aussi lamentable que grave que les instigateurs de cette initiative se sont lancés dans une vaste campagne de sensibilisation auprès des étudiants en sciences de la santé (médecins, infirmières…), entre autres. Pour le Dr Saint-Val, ces activités de sensibilisation visent à aider ces professionnels de santé à prendre conscience de l’ampleur de ces comportements malsains dans le processus de prise en charge du VIH. Impacts de la stigmatisation et de la discrimination dans la riposte au VIH « La stigmatisation et la discrimination sont des obstacles majeurs de la lutte contre le VIH et le sida. Elles freinent le processus de dépistage volontaire, ralentissent des activités de prévention et entravent les programmes de prise en charge et de traitement des patients VIH positifs», explique avec un brin de tristesse, Miss Lorcania Dorcin, spécialiste en santé communautaire. Sans un changement radical de ces tendances, le pays risque de passer à côté des objectifs fixés par l’OMS, en matière de VIH, estime-t-elle. « C’est un impératif pour nous en Haïti d’atteindre les objectifs, zéro stigma et discrimination, zéro nouvelle infection et zéro décès liés à des complications dues au VIH, d’ici à 2030 », rappelle la coordonnatrice régional du Nord de la Fondation SEROvie. Pour y arriver, tout cela doit passer par une prise de conscience collective de la population, des professionnels de santé particulièrement, souligne-t-elle. Sensibilisés sur la gravité du danger… Emmanuel Eugène est un étudiant finissant à la Faculté des sciences de la santé du Campus universitaire Henry Christophe de Limonade. Il a été témoin d’un cas de discrimination, alors qu’il était en stage à la maternité de l’Hôpital universitaire justinien du Cap-Haitien. « D'habitude, je suis arrivé très tôt à mon poste. Ce jour-là, pendant que je rentrais à la maternité, je suis tombé des nues en assistant à une scène révoltant mettant aux prises un médecin de service et une jeune dame sur le point d'accoucher. Accablée de douleurs, la jeune dame supplie le médecin de se pencher sur son cas. Chose impensable, au lieu de venir en aide à la future maman, il lui a plutôt répondu par des mots indignes du médecin qu’il est. Un jeune homme qui accompagnait la dame, dérangé par les propos désobligeants du médecin, a voulu réagir. Mais, le médecin lui a intimé l'ordre de se taire, sous peine de ne pas s'occuper de la jeune patiente. Ce témoignage ne fait que corroborer l’opportunité de cette séance de formation. Christelle Paillant, aussi bien que ses camarades bénéficiaires, est du même avis. « C’est triste tout ce qu’on a entendu au cours de ces deux journées. On peut bien imaginer pourquoi l’épidémie du sida perdure autant dans notre société, en dépit des efforts consentis par les autorités et leurs partenaires de la communauté internationale », dit-elle. Christelle ne cache pas sa satisfaction et sa joie après ces deux journées de formation. Aussi, promet-elle, d’afficher un comportement plus humain envers ses patients lorsqu’elle sera en selle. Un pas dans la bonne direction Le doyen de la Faculté des sciences de la santé du Campus Henry Christophe de Limonade, Dr Michel Pierre, estime que cette formation est un premier pas dans de bonnes directions. Il estime que ce programme devrait être inséré dans le cursus académique des étudiants en sciences de la santé. «Nous avons pris la disposition pour organiser une série de conférences pour compléter la formation de nos étudiants», a-t-il fait savoir. Et cette formation sur la discrimination et la stigmatisation avec la fondation SEROvie s’inscrit dans cette dynamique. Pour le spécialiste, le système de santé a besoin d’un personnel plus humain et citoyen. « Être plus professionnel et plus médical que possible, c'est utiliser tous les principes déontologiques et tous les principes éthiques du métier et de la pratique médicale », a rappelé Dr Michel Pierre à l’assistance. Fondée en 1999, la Fondation SEROvie est une organisation non gouvernementale haïtienne qui offre des programmes gratuits de promotion de la santé aux hommes, aux minorités sexuelles (y compris les lesbiennes et les transgenres), à leurs familles, avec un focus particulier sur les Hommes ayant des Rapports Sexuels Avec des Hommes (HARSAH), les professionnels du sexe (PS) et leurs clients. Mackenz Dorvilus mackenzdorvilus@gmail.com

  • Entretien avec Dr Fritz Moïse du Forum de la société civile

    Avec une prévalence de 2%, Haïti reste le pays le plus affecté de la Région des Caraïbes par le VIH/SIDA. En dépit des efforts consentis dans la riposte à la maladie depuis l’introduction des médicaments anti rétroviraux (ARV) qui bloquent la multiplication du virus dans l’organisme des personnes infectées, stopper la propagation des nouvelles infections à VIH dans le pays, ne semble pas être pour demain. En cause : la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les personnes infectées. Ces deux phénomènes constituent un véritable obstacle à la prévention, au dépistage, à la prise en charge et au traitement des personnes séropositives, en particulier chez les populations clés : les professionnels du sexe et les hommes ayant des rapports sexuels non protégés avec d’autres hommes. Pour contrer ces phénomènes divers secteurs de la vie nationale se sont constitués en Forum de la société civile, en vue de mieux adresser les problèmes et du même coup de faire passer leurs revendications. Dr Fritz Moïse est médecin obstétricien-gynécologue. Fondateur et directeur exécutif de la Fondation pour la santé reproductive et l’éducation familiale (FOSREF), celui qui fait aussi office de président du Forum de la société civile de lutte contre le VIH, la tuberculose et la malaria est notre invité au Magazine : Attitude Santé. Dr Fritz Moïse répond aux questions de Marc-Kerley Fontal. Marc-Kerley Fontal : Dr Fritz MOÏSE, quand nous parlons du Forum de la société Civile, à quoi faisons nous allusion? Dr Fritz MOÏSE : En fait, le Forum de la société civile est pratiquement tous les secteurs de la société civile qui sont impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et la malaria. Nous parlons là, de toutes les populations vulnérables les PVVIH, les HARSAH, les LGBTI, toutes les catégories, les femmes, les jeunes y compris les Journalistes. Tous les secteurs qui s’impliquent dans lutte forment ce grand secteur qui travaille aux côtés de l’État Haïtien pour faire face à ces maladies. M.K.F. : Comment voyez-vous l’évolution de cette initiative dans le pays? Dr F.M. : Le Forum de la société civile de lutte contre le VHI, la Tuberculose et la Malaria est une initiative importante. Au fur et à mesure que l’on assiste à des évolutions spectaculaires dans la recherche et les actions de prise en charge et de traitement de ces trois pathologies, particulièrement le VIH/SIDA, on a donc pris conscience qu’il fallait la participation de tout le monde dans cette lutte. D’où l’implication au premier chef, des populations les plus infectées, les plus affectées, en d’autres termes, les plus vulnérables, dans cette démarche. Je veux reprendre pour vous que l'implication des populations les plus à risques face à ces maladies constitue la raison d’être du forum. Et les résultats sur le terrain peuvent en témoigner. M.K.F : Depuis quand le forum existe-t-il? Dr F.M. : Le Forum a pratiquement plus de 10 ans. Il s’est lancé avec l’introduction des projets du Fonds mondial et de PEPFAR en Haïti. Ca fait peut être 14 ans, si je ne me trompe pas. Au début, il e était exclusivement constitué de récipiendaires et sous récipiendaires des projets financés par le Fonds Mondial de lutte contre le VIH, la Tuberculose et le Paludisme en Haïti. Mais, au fur et à mesure que le temps passe et qu’on acquiert beaucoup plus d’expérience dans la riposte à ces trois maladies on a compris qu’il fallait démocratiser l’initiative. M.K.F. : A date quel bilan? Dr F.M. : Ah, en termes de bilan, je peux fièrement vous avouer que c’est très satisfaisant. Le Forum devient depuis ces 10 dernières années un partenaire clé et prioritaire pour le Ministère de la santé publique et de la Population. Nous avons une large ouverture vers l’extérieur. Nos membres participent régulièrement dans des actions de plaidoyers pour une meilleure canalisation des Fonds alloués à la riposte de ces pathologies. Le Forum a un regard critique sur la façon dont les projets du Fonds mondial et du PEPFAR sont exécutés dans le pays. Notre plus grande fierté c’est la mise en place depuis décembre 2020, de l’Observatoire communautaire des services VIH (OCSEVIH). Les résultats des enquêtes menés sur le terrain par les observateurs de l’OCSEVIH renforcent davantage notre détermination à œuvrer pour un monde plus juste et égalitaire en matière de santé et des droits humains. M.K.F. : En dépit de tous ces progrès réalisés au cours des 40 dernières années, la stigmatisation et la discrimination dont sont souvent victimes les PVVIH et leurs proches restent un véritable frein à la lutte. Comment expliquez-vous cela Dr Moïse? Dr F.M. : L'un des plus grands défis qui restent encore à relever est effectivement l’éradication de ces deux phénomènes, à savoir la stigmatisation et la discrimination, dans notre société. Mais, je peux vous dire que ce n’est pas du tout la même chose comparé au tout début de la maladie où le vih/sida était qualifié de maladie mortelle. Aujourd’hui, ce sont les groupes à risque qui sont les plus victimes de ces phénomènes. Je veux surtout parler des professionnels du sexe et des LGBTI. C’est dommage que malgré tant d’efforts consentis dans la lutte, ces phénomènes sont très présents au niveau des institutions de santé. Et cela a engendré du même coup un grave problème d’accès au service de santé. Nous autres au sein du Forum, c’est une question clé que nous sommes entrain d’aborder avec tact. C’est justement pourquoi les membres des populations clés en tant qu’acteurs de la société civile sont largement impliqués dans toutes les structures décisionnelles, soit au niveau du Comité de coordination multisectorielle (CCM), du Forum et du comité de plaidoyer des populations clés. Lutter contre la stigmatisation et la discrimination, c’est un combat permanent. On ne doit en aucun cas lâcher prise, si on veut vraiment atteindre les objectifs de développement durable en matière de vih, d’ici a 2030.

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