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  • Lancement de l’atelier de formation des moniteurs et des coordonnateurs de la SDC 

    À l’initiative de la surveillance dirigée par la communauté (SDC), un atelier de formation de 4 jours, axé sur la tuberculose, la malaria et les VGB, est lancée ce mardi 11 juin 2024. Cette séance de formation a pour but d’outiller les nouvelles équipes formées de 42 bénéficiaires, dont 14 coordonnateurs et de 28 moniteurs de zones. Ces derniers auront à monitorer les sites de prises en charge liés à ces pathologies dans les jours qui viennent. La séance de formation se déroule au local de l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), à Delmas. Présents à ce lancement : la Coordonnatrice de la SDC, Soeurette POLICAR; la Présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline RATEAU; le Président du Forum de la Société Civile, Dr Fritz MOISE; Dr Eva Marly STEIDE, les membres du Groupe Communautaire Consultatif (GCC), les leaders d'Organisations du Forum de la société civile, les représentants du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), entre autres. À la genèse de la journée, les participants ont passé un pré-test ce qui permettra de tester leur niveau de connaissance par rapport aux différentes thématiques qui seront traitées au cours de la semaine. Ensuite, les propos officiels ont été prononcés par les différentes personnalités en présentiels et en virtuels. La tuberculose, une maladie infectieuse bactérienne « Le germe de la tuberculose peut vivre jusqu’à un an dépendamment du milieu où il se trouve.  C’est pourquoi il est conseillé d’ouvrir les fenêtres et les portes de vos maisons tous les matins, pour laisser pénétrer l’air frais. Les rayons ultraviolets du soleil tuent la bactérie » a clamé le Coordonnateur du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), Dr Richard MILO. La tuberculose est une maladie infectieuse bactérienne qui provoque, à terme, une infection des poumons, d'autres tissus et parties du corps comme le cœur, les ganglions, les os, pour ne citer que ceux-là. Après le paludisme et le VIH, l'une des maladies infectieuses les plus courantes au monde. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ deux milliards de personnes sont infectées par cet agent pathogène. Dans une ambiance conviviale, le personnel de la santé a animé la première thématique de la journée. Il a présenté la tuberculose à travers ses manifestations, ses signes et symptômes, ses méthodes de prévention et de prise en charge. Dr MILO a insisté sur le fait que la maladie est très dangereuse et mortelle surtout pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli et qui souffrent de malnutrition. Il a fait savoir qu’une personne ayant pris contact avec un tuberculeux risque d’attraper l’infection à partir des gouttelettes lors des prises de parole ou des éternuements de ce dernier. « Ceux qui vivent dans des zones où il est difficile de se nourrir et où il manque d’infrastructures sont particulièrement touchées par la tuberculose. C'est vrai que les agents pathogènes s'attaquent habituellement aux poumons mais ils peuvent s’en prendre aussi à d’autres organes internes. Il est à noter que seuls les tuberculeux pulmonaires peuvent transmettre la maladie à d’autres personnes », a-t-il expliqué. Symptômes de la maladie Les symptômes typiques de la tuberculose sont une perte de poids non désirée, une toux et une respiration douloureuse, une fièvre vespérale par intermittence entre autres. Dans un stade plus grave, la personne affectée crache du sang. Lorsque tous les organes sont atteints, il n’y a plus de chance de survie pour ce malade. « L’élimination de la TB comme problème de santé publique en Haïti nécessite l’appui et la contribution de tous afin de déboucher sur une Haïti sans TB »,  a conseillé Dr Milo pour conclure. Le paludisme, un tueur lent La journée s’est enchainée avec l’intervention du Docteur Marc-Aurèle TELFORT, coordonnateur du Programme National de Lutte contre la Malaria (PNLM). Ce dernier a fait le point autour du paludisme, une maladie considérée comme un tueur lent. Selon ses explications, il a fait comprendre qu’une personne peut vivre avec la malaria sans présenter aucuns signes et symptômes. Elle peut même perdre sa vie à cause des complications liées à cette maladie. « L’homme est le principal réservoir de la malaria, la meilleure prévention pour éliminer cette maladie dans une zone consiste à traiter les personnes infectées » a-t-il déclaré. Cette première journée était chargée. Elle s’est bouclée avec la présentation de Mirlanda LINDOR, représentante de la FOSREF. Dans son intervention, elle a mis accent sur la violence basée sur le genre, ses différentes formes et ses principales conséquences dans la société. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com

  • Tenue de la 5ème édition de la foire médicale à l’ODELPA

    L’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), a réalisé le samedi 25 mai 2024, en son local, à Delmas, la cinquième édition de la foire de Santé. Cette initiative, organisée en prélude de la fête des mères, s’est déroulée autour du thème : “ yon manman an sante se yon trezò an plis”. Une activité financée par le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNCHR), l’ONUFEMMES, l’ONUSIDA et la FOSREF. Elle a pour objectif d’offrir à une centaine de mères en provenance de plusieurs quartiers défavorisés de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et des camps de déplacés, une journée de consultation et de sensibilisation sur les droits humains, le VIH, la Violence basée sur le genre VBG, entre autres. Le local de l’ODELPA s’est transformé en un véritable hôpital, ce jour-là. Il était 8h30, lorsque les mamans ont commencé à défiler. Sur la cour de l’institution, elles sont éparpillées attendant impatiemment leur tour. Au bas des escaliers, est placée la salle de diagnostic, une infirmière contrôle la régulation des signes vitaux et remplit les dossiers médicaux, pour ensuite les acheminer aux médecins. La salle de conférence est fractionnée en plusieurs pièces afin de fournir les services de consultation. Une pharmacie a été également dressée a proximité là où les patientes se procuraient des médicaments qui leur ont été prescrits. « C’est devenu une tradition pour nous à l’ODELPA, en prélude de la fête des mères en Haïti, d’organiser une journée de consultation et de sensibilisation, en l’honneur de ces femmes vaillantes. Ce rendez-vous déjà vieux de 5 années, où des médecins venus de la polyclinique de Turgeau assurent le bon déroulement de ce clinique mobile. Cette année on avait prévu de recevoir une cinquantaine de mères, mais avec le lot de demande qu’on a reçu, on a dû doubler le chiffre », a confié Ficeline RATEAU, Présidente de l’ODELPA, aux travailleurs de la presse. Selon le numéro 1 de l’organisation, les soins de santé prodigués à ces mères sont totalement gratuits y compris les médicaments. Après chaque consultation, elles ont pu regagner leur demeure avec un kit nutritionnel et hygiénique. Sensibiliser pour une meilleure santé Au cours de cette journée, une séance de sensibilisation sur le VIH, les droits humains, la VGB, entre autres, a été à l’ordre du jour. Elle a été animée par l’assistante officière de communication de l’ODELPA, Esperancia Jean Noel. D’entrer de jeu, Mme Jean Noel, a fait le point autour de la violence, ses différentes formes et ses principales conséquences. « Selon les dernières statistiques, les femmes et les filles sont les plus catégories les plus frappées par ce fléau », a fait savoir Mme Jean Noel. « Quand vous êtes victimes de violence, éviter de garder le silence, il faut en parler à votre entourage. Le plus important c’est de vous rendre à l’hôpital dans un délai ne dépassant pas trois jours. De telles dispositions vous empêchera d’être contaminer par une maladie ou une infection sexuellement transmissible », a-t-elle poursuivi. La juriste a enchainé avec la question des droits humains. Elle a clairement fait comprendre que ces droits sont universels, indivisibles et inaliénables à la personne humaine, sans distinction aucune, peu importante le niveau économique et intellectuel, la race, le rang social pour ne citer que ceux-là. Ils permettent de protéger la dignité humaine contre tout arbitrage. Quel est le bilan ? « Cette journée est vraiment satisfaisante. Contrairement aux années précédentes, nous avons reçu beaucoup plus de patientes. Elles étaient plus d’une centaine, de tout âge : des jeunes, des femmes âgées et des femmes enceintes. Pour cette édition, nous avons reçu des cas fièvre, de grippe, entres autres, mais l’hypertension artérielle, les céphalées et l’insomnie sont prédominants. Cette montée est due au stress causé par la situation insécuritaire qui sévit dans le pays ces derniers jours », a relaté Dr Jasmine Jean Louis, médecin généraliste. La professionnelle de santé nous a relaté qu’après chaque consultation, des médicaments nécessaires ont été offerts aux patientes. Pour les cas qui exigent des suivis médicaux, elle les a conseillés de se rendre dans un hôpital. Le cas le plus marquant de la journée, selon Dr Jean Louis, est celui d’une adolescente de 15 ans, enceinte de cinq mois et n’a jamais vu un médecin durant sa grossesse. Cette activité a pris fin vers les 17h30. En dépit de la fatigue, on peut lire sur le visage des membres de l’ODELPA et des bénéficiaires la satisfaction d’une journée réussie. « Ce n’est pas ma première fois et je n’ai pas à me plaindre de la qualité des services. On m’a consulté et donné des médicaments. L’infirmière et les médecins, m’ont donné tout l’accueil que j’espérais. De plus j’ai reçu un kit alimentaire », a raconté Yolaine Paul. « Ici à l’ODELPA, on nous traite bien. Je suis à ma deuxième participation, je ne serais pas retournée si je n’étais pas satisfaite. Je félicite l’organisation pour ce geste assez louable » a répliqué Guirlaine Pierre, une autre bénéficiaire.

  • AJCDS , une organisation au service des femmes victimes de violences

    En prélude de la journée internationale d’action pour la santé des femmes, le lundi 27 mai 2024, en son local à Tabarre, l’association des jeunes contre la discrimination et la stigmatisation (AJCDS) a réalisé une séance de formation au profit d’une vingtaine de femmes. Ce sont, entre autres, des professionnelles du sexe et des membres de la communauté LGBTQI+. Cette initiative a été déroulée sous le thème : « impact de la violence basée sur le genre sur la santé des femmes ». Elle a pour objectif de faire ressortir les différentes conséquences de la violence. Aussi, de montrer l’importance de la santé dans l’épanouissement quotidien. Il est 9 :45, plusieurs femmes défilent et prennent place, avec enthousiasme, dans la salle de conférence de l’organisation. D’entrer de jeu, Lobens Cornet, le responsable de la section jeune, au sein de l’institution, a procédé aux propos de bienvenue, aux séances de présentation l'usage et aux attentes des participants. Entre temps, les panelistes s’installent : Johny Lafleur qui fait office du Président de l’AJCDS ; Vaginal Login, responsable des professionnelles sexuelles et Sulfanise Maruis, secrétaire adjointe du bureau. Sans plus tarder, Cornet a cédé la parole aux différents orateurs pour leur intervention. Défis confrontés par les femmes PS Vaginal Login connue sous le nom de Chinoudre, a passé en revue les différentes difficultés que font face les femmes PS dans le cadre de leur profession. « Nous les femmes PS, nous subissons toutes formes de violences au quotidien. Certaines fois, sur notre chemin, nous rencontrons des clients assez arrogants et dangereux. Ils nous manquent de respect, nous violent et nous maltraitent physiquement. L'un autre côté, nous sommes stigmatisées et discriminées par la société et même par les membres notre famille », a-t-elle déclarée avec une voix triste. Selon cette dernière, ces situations impactent grandement la santé physique et mentale de ces femmes. Certaines d’entre elles se replient sur elles même. Elles se laissent consumer par le coup et l’effet du coup. Par peur d’être pointées du doigt, elles refusent toute aide médicale et psychologique. « Pour tenter de rayer ces moments sombres de leur mémoire, ces PS s’adonnent à la consommation de la drogue telle : la marijuana, le tabac, l’alcool pour ne citer que ceux-là », dicte-t-elle. Quel support offrir aux professionnelles sexuelles victimes de violence ? Faisant office de responsable du secteur PS à l’AJCDS, Chinoudre a informé à l’assistance que les portes de cette association sont toujours ouvertes pour soutenir ceux et celles en proie à la violence. Pour illustrer, elle a révélé que pour aider ces martyres, elle les accompagne chez un médecin, puis les ramènent dans l’enceinte de l’établissement pour un soutien psychosocial. La violence, un poison pour la santé Sulfanise Maruis, est formatrice à l’AJCDS. Dans son intervention, elle a fait le point autour des impacts de la violence basée sur le genre (VBG). Pour asseoir son intervention, elle a procédé à la définition de certains concepts comme la santé, la violence et les différentes conséquences qui en découlent. Ensuite, la jeune femme a établi le lien existant entre eux. Selon cette dernière, la santé peut se définir comme un état de bien-être physique, moral, psychologique et économique. Cet état bien-être ne peut être dissocié. La violence est, de son côté, l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre une personne à agir contre sa volonté. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, des pressions psychologiques, entres autres. « La violence est un poison pour la santé. Elle engendre des séquelles physiques, psychologiques et morales. Elle peut pousser la victime à la dépression. Dans certaines circonstances, la personne a un manque d’estime de soi, elle s’isole, évite tout contact avec le monde extérieur. On dénombre des cas ou les victimes se mutilent ou se suicident » a expliqué l’étudiante en médecine. « Garder le silence lorsque vous êtes victimes de violence, n’est pas la meilleure solution. Parlez-en à votre entourage pour avoir de l’aide », a-telle conseillé. Une heure d'horloge s'est déjà écoulée, l’ambiance régnant dans la salle est extrêmement chaleureuse, la fatigue est loin de la porte, le public est assoiffé de savoirs. Les deux premières présentations, ont fait surgir de multiples interactions. Lobens, en sa qualité de modérateur, a essayé de recadrer le débat pour ensuite inviter le numéro 1 de l’AJCDS de placer ses mots. Les expériences aident à mieux comprendre… Contrairement à ces prédécesseures, M. Lafleur n’a pas fait un grand étalage autour de la question. Il a simplement présenté ses expériences avec les PS, cette frange de la société, qui selon ses dires, est souvent victime de violence. « J’ai eu de très bonnes expériences avec les PS. Tout comme j’ai aussi connu de très mauvaises expériences avec elles. Je suis témoin de leurs maux dans le cadre de leur travail. Les stigmatisations et discriminations qu’elles subissent au quotidien. D’ailleurs, l’association a pris naissance avec les PS.Je suis très proche d’elles. En les approchant, je regarde la personne en soi, non la professionnelle. Cette personne devant jouir tous les droits édictés par le corpus juridique », a relaté le Président du Comité National de Plaidoyer et des Populations Clés. « Votre santé physique et psychologique dépend en premier lieu de votre personne. Vous devez tout faire pour avoir une bonne santé », a lâché Sulfanise pour clore cette journée suite aux battements des mains de l’assistance. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com

  • En route vers la 5 ème édition de la foire de santé d’ODELPA

    « Yon maman an sante se yon trezò anplis» ,tel est le thème retenu pour la 5 ème édition de la foire médicale de l’Organisation de Développement et de lutte contre la pauvreté, ODELPA. Cette activité se déroulera, le samedi 25 mai 2024, au local de l’institution, au numéro 16, angle Delmas 52 et 54. Elle est Financée par le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés UNHCR, l’ONU femme , ONUSIDA et la FOSREF. Cette initiative participe des activités de la fête des mères commémorée en Haïti chaque dernier dimanche du mois de mai. Elle a pour objectif de permettre aux mères vivant dans des communautés vulnérables de l’aire métropolitaine de Port-au- Prince ou dans les camps de déplacés, de bénéficier d’une journée de consultation et de sensibilisation. Le menu de cette foire de santé sera bien garni : consultation, dépistage des maladies cancérigènes chez les femmes (cancer du sein et du col de l’utérus), dépistage du VIH, kiosque d’informations sur la santé, la violence Basée sur le genre, les droits humains et le choléra. « Nous aurons à recevoir au maximum 100 mères issues de plusieurs quartiers défavorisés et des camps de déplacés... Cette journée visera à les sensibiliser sur les différentes formes de violences particulièrement, la violence basée sur le genre, les droits humains, et autres. Aussi, les bénéficiaires recevront-ils des kits hygiéniques et nutritionnels », a confié Sœurette Policar, directrice exécutive de l’ODELPA. Des médecins en provenance de la polyclinique de Turgeau seront présents pour assurer comme toujours la pleine réussite de l’activité. Ils auront à consulter ces femmes, faire des prélèvements médicaux, les prescrire des médicaments que nécessitent leur cas. Il est à souligner qu’elles recevront les médicaments sans avoir rien à verser. Tout le package sera gratuit. Cette activité commémorative tient lieu dans un moment ou le pays traverse une impasse difficile où les droits humains sont violés au quotidien particulièrement le droit à la vie et à la santé. Plus de 34 institutions sanitaires sont fermés, des pharmacies incendiées, une pénurie de médicaments est enregistrée, selon les dernières révélations des autorités sanitaires. Une situation très préoccupante ! Réalisée une telle activité c’est aider les catégories les plus vulnérables d’avoir une idée sur leur état de santé et de pouvoir assurer les suivis nécessaires si le besoin se fait sentir. A en croire la numéro 2 de l’ODELPA, au sein de l’institution, défendre les droits de la personne humaine et accompagner les catégories les plus vulnérables c’est un impératif. Ces derniers mois, il y a une montée des cas de violences, malheureusement, les femmes et les filles sont les plus victimes de ce fléau. « Former ces mamans et faire des tests de dépistage du VIH et du cancer du col de l’utérus contribue à la réduction de ces pathologies dans le pays. C’est permettre aussi à ces femmes d’avoir une large connaissance sur les modes de transmissions et les moyens de prévention du virus de l’immunodéficience humaine. Les sensibiliser sur l’importance des suivis médicaux », conclue Mme Policar Esperancia Jean Noel esperanciajeannoel@gmail

  • Célébration, en Haïti, de la 34e journée internationale contre l’homophobie et la transphobie

    « Ne laissons personne de côté : Égalité, liberté et justice pour tous et toutes ».  C’est autour de ce thème que s’est déroulée, le vendredi 17 mai 2024, la 34e journée internationale contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie, en Haïti. Tenue à l’Hôtel Montana, à Pétion-Ville, cette activité visait à promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention en faveur de la communauté LGBTQI+. Cette activité a été organisée sous l’égide du Comité national de plaidoyer des populations-clés en Haïti (CNPPCH). Discours circonstanciels, panel de réflexion et de sensibilisation, partie musicale, chorégraphie et remise de plaques d’honneur ont ponctué la journée. Diverses personnalités du monde médical, des responsables des organisations de la société civile de défense des droits humains et des membres de la communauté, des représentants de l’Ambassade américaine en Haïti et de l’ONG World vision, ont pris part à cette festivité commémorative. IDAHOT et son évolution historique et sociale « Dans le temps, on considérait les personnes faisant partie de la communauté LGBTQI+ comme des malades mentaux, des gens n’ayant pas toute leur lucidité. », a évoqué Thara Saint- Hilaire, coordonnatrice générale de Gran Jipon, une organisation féministe et de défense des droits humains. Dans un envol historique, la militante a rappelé que la journée du 17 mai trouve en fait ses racines dans une décision prise par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 1990, de supprimer l’Homosexualité de la liste des maladies mentales. « C’est pour commémorer cette date symbolique que le 17 mai a été choisi comme journée de sensibilisation et d’action contre l’homophobie.  Depuis sa création, elle a pris de l’ampleur. A partir de 2003, elle est célébrée dans 130 pays à travers le monde y compris dans des pays ou les actes homosexuels sont encore criminalisés. Nous autres en Haïti, la première commémoration a eu lieu en 2012 », a poursuivi Thara Saint-Hilaire. De manière très claire, la Féministe intersectionnelle a perpétué son discours en faisant comprendre à l'assistance que IDAHOT est une journée dédiée aux personnes LGBTQI+. En Haïti, en dépit des avancées réalisées au cours de ces dernières années dans le domaine du respect des droits humains, cette communauté est malheureusement toujours pointée du doigt.  Des membres de la communauté sont souvent victimes de violences physiques, verbales et psychologiques.  Cette date rappelle aussi que certaines actions doivent être posées dans l’objectif de permettre aux LGBTQI de jouir pleinement de leur droit. Propos de circonstances… Johnny Lafleur, Président du CNPPCH, a profité de l’occasion pour remercier tous les partenaires de cette structure qui ont contribué à l’avancement de la lutte dans le pays. « Le chemin est encore long, mais pour atteindre l’objectif visé, l'implication de chaque acteur est d’une importance capitale », a souligné celui qui est connu sous le nom de Ziane, au sein de la communauté des LGBTIQI+. De son côté, le président du Forum, Dr Fritz Moïse, dans ses propos de circonstances, appelle la communauté LGBTQI+ et les populations clés à l'union.  Derrière ses fines montures, d’une voix déterminée, il réitère son engagement à supporter la lutte de cette frange de la société.  « Vous lesbiennes, transgenres, homosexuels, et autres, vous devez vous unir de manière permanente dans cette lutte. Très souvent, on s’attaque à un sous- secteur de la communauté, vous devez vous rendre compte que, face à de tels actes, c’est toute la communauté qui est victime.  Votre lutte est difficile et fragile. Étant président du Forum, je tiens à vous dire que vous avez l’appui total du Forum et de ses différents partenaires pour mener à bien votre combat », a-t-il déclaré. La justice doit être pour tous et toutes Le thème de cette année pèse lourd. Il suscite un grand débat et provoque un éveil de conscience collective. « Parler de justice pour tous et toutes, ne doit pas être circonscrit à une simple journée commémorative.  Vous devez faire des plaidoyers partout où vous vous trouvez pour gagner cette bataille. Elle ne résume pas à une affaire pénale, dans laquelle vous êtes victimes et vous souhaitez que l’auteur de l'acte soit puni. Cette justice est distributive et commutative », a relaté avec rigueur la directrice pays de Housing Works, Dr Eva Marly Steide. Selon Dr Steide, pour rendre justice, on ne doit en aucun cas pas tenir compte de l'orientation sexuelle et de l’identité de genre d’une personne. Dans ses interventions, la médecin a invité la communauté LGBTQI et les populations clés à ne pas se confiner dans un cercle restreint et faire état des injustices subies mais plutôt de gagner les rues et les réseaux sociaux pour faire valoir leur droit et réclamer cette justice. Participer dans les affaires politiques du pays, un impératif Au cours de cette journée, un panel composé de : Thara Saint-Hilaire, lesbienne politique ; Edwine Boursiquot, économiste et militant des droits humains et Jhonny Clergé, modérateur, est constitué.  Les panélistes ont réfléchi sur la représentation politique des personnes LGBTQI+ en Haïti. Comment favoriser leur participation et leur leadership dans les instances décisionnelles ? Telle est la question qui a animé le débat. Face à ce sujet, les intervenants ont soulevé les défis auxquels les LGBTQI+ font face pour intégrer la sphère politique haïtienne.  Pour remédier à cette situation, ils proposent certaines mesures pouvant aider à briser cette barrière. Parmi lesquelles, encourager la politique inclusive, organiser des campagnes de sensibilisation pour informer la population sur les droits des LGBTQI+. Le CNPPCH a profité de ce moment pour décerner des plaques d’honneur à la responsable des services communautaires de GHESKIO, Dr Mureille Beck; au directeur administratif de l’organisation arc- en- ciel d’Haïti, Hérold Bellance et la présidente de KOURAJ, Hetera Estimphil, pour leur implication dans la lutte pour le respect des droits de la communauté en Haïti. Esperancia Jean Noel esperanciajeannoel@gmail

  • La violence sexuelle et basée sur le genre en nette augmentation en Haïti, ces derniers mois

    « La violence sexuelle et basée sur le genre a pris une proportion considérable dans le pays ces derniers mois ». C’est ce que révèlent les résultats d’une enquête réalisée par le cluster VBG en haïtien en partenariat avec le ministère de la condition féminine et des droits des femmes (MCFDF), au cours du premier trimestre de 2024. En effet, sur un total de 1793 cas de violences analysés dans le cadre de cette étude menée dans 6 sur 10 départements géographiques du pays, 80% ont été portées sur des femmes et 14% sur des filles, contre 5% sur des hommes et 1% sur des petits garçons. En ce qui a trait au taux de violences sexuelles, il est passé de 3 à 25%, au cours de la même période, précise ce rapport qui souligne la nécessité d’attirer l’attention sur ce fléau qui continue de dévaster la population haïtienne.

  • Cinq jours de travail sur l’élaboration des fiches de solutions de l’OCSEVIH

    A l’initiative de l’Observatoire Communautaire des Services VIH (OCSEVIH), près d’une quarantaine de moniteurs et coordonnateurs de zone, d’assistants de données et des membres de l’OCSEVIH, en présentiel et virtuel, ont participé du 15 au 19 avril 2024 à un atelier de travail autour de l’élaboration des fiches de solutions. Cette activité, déroulée, dans les locaux de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), à Delmas, participe de la préparation des visites de solutions dans les sites de prise en charge des patients vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (PVVIH) et des populations clés. Cette semaine de travail fait suite aux données collectées au cours du premier trimestre de l’année 2024. Elle vise entre autres, l’amélioration de la qualité des services offerts dans ces sites. A l’ouverture de l’atelier, la responsable des données, Joanne I. Hyppolite, dans son intervention, a montré l’importance de ce travail « Vous êtes tous et toutes des héros, malgré la situation sécuritaire et sociopolitique du pays. Vous avez pu braver le danger pour aller collecter des données dans les sites. Cela concerne même les zones à haut risque, des départements de l’Ouest et de l’Artibonite. Cette semaine de travail est d’une grande importance. Elle va nous permettre de mieux identifier certaines faiblesses qui existent dans les sites de prises en charge et de faire des propositions dans l’objectif d’améliorer la qualité des services offerts dans ces sites » a-t-elle fait savoir. Quelle a été la méthodologie utilisée ? Pour sa part, Jacques Georges Casimir, assistant des données à l’OCSEVIH, nous a informé sur les procédures mises en place, pour la pleine réussite du processus. « Après la phase des collectes de données, sur tout le département géographique du pays, on a analysé et interprété les informations collectées, les traduire sous forme de rapport montrant les résultats par établissement visité et consolider les données en informations au niveau national. Ces rapports ont été enregistrés dans la banque d’informations de l’OCSEVIH. », a-t-il souligné. Pour atteindre l’objectif visé, 5 groupes constitués de 7 participants chacun ont été formés. Ensemble, ils ont élaboré les fiches de solutions qui sont des documents rédigés à partir des éléments recueillis sur le terrain. Objectif : formuler des propositions en vue d’améliorer la qualité des services offerts aux PVVIH et aux Populations clés, dans les sites de prise en charge. Les suivis … Les 4 premiers jours de l’atelier étaient consacrés à la rédaction des fiches de solution. Le dernier, à la révision de ces fiches. Selon Casimir, cette étape revêt d’une importance capitale pour l'avancement du cycle de Community Led Monitoring (CLM). Elle vise à s'assurer que toutes les fiches de solutions correspondent aux problèmes existants dans les sites de prise en charge. Après cette phase, les responsables des données auront la responsabilité de les valider et de les inscrire dans la base des données de l'OCSEVIH (Commecare). « Dans les jours à venir les équipes de terrain vont être déployées sur tout le territoire national. Ces derniers vont retourner dans les sites pour faire part des différentes solutions proposées aux responsables des sites. Dans le cadre ces visites, les responsables auront à prendre des engagements en vue d’améliorer la qualité des services. Pour clore le cycle, on monitore l’implémentation des changements promis, c’est-à-dire, la mise en œuvre des engagements des décideurs à tous les niveaux et détermine si ces engagements ont l’effet escompté », a souligné l’assistant des données. En dépit des difficultés qui persistent dans certains sites, Casimir reconnait qu’il y a des engagements qui demeurent très complexes et qui ne sont pas non plus du ressort des responsables de ces sites. Ils sont plutôt de la responsabilité des bailleurs et des autorités publiques. Pour aller plus loin, il souhaite que le travail de l’OCSEVIH ne soit pas perçu comme une décision coercitive mais plutôt une stratégie visant l’amélioration de la qualité des services offerts aux PVVIH et aux populations clés. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com

  • Poursuite de l’atelier de préparation des fiches de solution à L’OCSEVIH

    Regroupés en petits groupes, autour des tables de travail. Avec eux, pour faciliter le boulot, feuilles de papier pour la prise de note, ordinateurs branchés sur l’internet pour faciliter la communication avec les participants qui sont à distance. La situation d’insécurité du pays l’oblige. A l'instar d'une salle de classe, la salle de conférence l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) s'est transformée en un véritable atelier de travail. Nous sommes le mardi 16 avril 2024. Il est 11 heures du matin. L’ambiance est de plus en plus bruyante alors que chaque groupe s’active à préparer les fiches de solutions de l’Observatoire communautaire des services VIH (OCSEVIH). Cette journée d'activité s'ajoute à la semaine de travail réalisée pour remplir lesdites fiches afin de palier aux problèmes identifiés dans les sites de prise en charge des patients VIH et des populations clés. L’élaboration des fiches de solutions constitue la deuxième étape du cycle de travail de la surveillance dirigée par la communauté (SDC), en anglais Community Led-Monitoring (CLM). La première a été réalisée sur le terrain par les coordonnateurs et les moniteurs de zone, entre janvier et mars 2024. Il s’agit, entre autres, des données collectées sur le paquet de services de santé offerts aux patients VIH et aux populations clés dans les structures de prise en charge. Les informations collectées sont d’abord traitées pour être mises ensuite sous forme de rapport, disponible en tant réel sur le site de de l’OCSEVIH (www.observatoirevih-haiti.org). Bilan « 54 sites ont été monitorés à travers les 10 départements géographiques du pays pour 1901 personnes interviewées. Parmi elles, on compte 1358 PVVIH, 54 infirmières et 54 responsables de sites ». C’est en substance le bilan de cette enquête de l’Observatoire communautaire des services VIH, réalisée dans les sites de prises en charge des PVVIH et des populations clés. « Ce rapport concerne les données collectées pour le premier trimestre de l’année 2024, dans 54 sites répartis sur tout le territoire national », confié Jhonny CLERGER, membre du Groupe Communautaire Consultatif de l’Observatoire (GCC). Pour sa part, la directrice de données et stratégies Housing Works pour OCSEVIH, Joanne Isidor Hyppolite a énuméré certains problèmes rencontrés dans ces sites et qui méritent d’être solutionnés, pour une amélioration de la qualité de services offerts aux PVVIH et aux populations clés, dans les années à venir. Elle site entre autres, longue liste d’attente, lenteur dans les services de prise en charge, stigmatisation et discrimination à l’encontre des PVVIH et des populations, manque de respect de la confidentialité. En quoi consiste cette semaine de travail ? « Ici, comme vous voyez, nous avons la responsable de données, Mme Johanne I. HYPPOLITE, les assistants de données, les coordonnateurs et les moniteurs de zone et les membres du GCC. Nous travaillons sur les solutions à apporter dans les sites par rapport aux recommandations recueillies » a énuméré Jhonny. Ce travail d’implémentation s’achèvera jusqu’au vendredi 19 avril 2024 pour ensuite franchir l’étape des visites de solutions. « Après cette session de travail nous allons passer aux visites de solutions. Dans cette phase nous irons proposer aux responsables des sites les solutions sur lesquelles nous avons travaillé », a-t-il ajouté. Dès son lancement le 10 décembre 2020, à travers sa mission, L’OCSEVIH est l'une des stratégies les plus utiles pour améliorer la réponse liée au VIH. Un engagement qui consiste à permettre à ce que les PVVIH et les populations clés vivent dans la dignité et dans le respect de leurs droits. « Nous luttons pour un accès équitable du paquet sanitaire pour tous », conclut Jhonny Clerger. Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com

  • L'appui de l'ONUSIDA dans la mise en œuvre du programme de l'OCSEVIH

    «Dans la riposte au sida, les communautés sont les héros, par leur courage et leur sacrifice au quotidien. L'ONUSIDA est solidaire avec vous. Voilà pourquoi cette Journée mondiale de lutte contre le SIDA n'est pas seulement un moment pour honorer le leadership des communautés. Il s'agit d'un appel à l'action lancé aux donateurs mais aussi au gouvernement de tel sorte qu'ils puissent soutenir pleinement le travail vital des communautés et qu'ils éliminent les obstacles qui se dressent sur leur chemin. Merci de continuer à faire progresser la lutte contre le sida " Tels ont été les propos du directeur Pays de l'ONUSIDA en Haïti, Dr Christian MOUALA à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre 2023 à l'Hôtel Karibe Convention Center. Cette allocution axée sur le rapport publié par l'ONUSIDA le 28 novembre 2023 intitulé " Confier le leadership aux communautés " avait comme objectif de montrer que le sida ne pourra disparaître en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030 que si les communautés en première ligne reçoivent tout le soutien dont elles ont besoin de la part des gouvernements et des donateurs. C'est dans ce sens qu'ONUSIDA a supporté l'idée de mettre en place un observatoire pour renforcer la lutte contre le VIH. Une stratégie payante puisque plusieurs institutions travaillant avec les minorités se disent satisfaites de l'apport de l'observatoire dans le combat contre la stigmatisation et la discrimination. Témoignage de Johnny CLERGER sur l'apport de l'ONUSIDA à l'OCSEVIH " Si l'ONUSIDA n'est pas un bailleur de fonds direct, l'apport de ces spécialistes est d'une grande importance dans le soutien technique à l'OCSEVIH. Cette agence onusienne apporte des solutions dans le contexte de la situation haïtienne ", a indiqué le Vice-Président du Comité de Plaidoyer des Populations-clés en Haïti, également secrétaire général de l'Organisation Arc-en-ciel (ORAH), Johnny CLERGER. L'OCSEVIH a pour mission de surveiller la qualité de la prestation des services liés au VIH/sida et de résoudre les problèmes identifiés. Pour lancer les activités de l'OCSEVIH, le 10 décembre 2020, l'ONUSIDA avait joué un rôle capital dans l'établissement de ce programme. Pour Johnny, c'est une symbiose très bénéfique pour atteindre l'objectif des 95% d'ici 2030. " Notre relation avec l'ONUSIDA est tout à fait horizontale. Cette agence des Nations unies ne nous fait aucune imposition. On apprend d'eux et vice versa. Ce partenariat nous facilite les échanges avec les CLM des autres pays et aussi nous permet de tisser des liens avec d'autres organisations onusiennes telles l'UNICEF, l'ONUFEMME, l'UNESCO et bien d'autres ", a souligné M. Clerger, Il a aussi fait savoir si cette symbiose entre l'ONUSIDA et l'OCSEVIH continue sur cette lancée, d'ici 2030, on atteindra l'objectif des trois 95 dans tous les domaines notamment la santé, la culture, l'éducation et la lutte pour l'égalité. ORAH, une association au sein de l'OCSEVIH Pour illustrer ses propos, le secrétaire général d'ORAH met en exergue son expérience avec l'ONUSIDA au sein de l'OCSEVIH. Cette association a vu jour le 17 mars 2014 dans l'objectif d'éradiquer l'homophobie et la transphobie sur tout le territoire national par l'art et la culture. " Tout comme les autres associations,ORAH bénéficie l'espace de l'ONUSIDA quand on doit réaliser une activité. Il met à notre disposition toute une panoplie de techniciens pour nous aider dans l'élaboration des projets, faire des plaidoyers, réaliser des formations, des ateliers ", a conclu M. Clerger. Témoignage de Novia AUGUSTIN, présidente du Refuge des femmes Haïtienne (REF-HAÏTI) REF-HAÏTI tout comme ORAH est une association faisant partie de l'Observatoire communautaire des services VIH. C'est une structure créée en 2016 avec la mission de promouvoir l'autonomisation des femmes et des filles en Haïti. " REF-HAÏTI organise des activités d'autonomisation, d'éducation aux droits, à la citoyenneté des femmes. Nous réalisons aussi des programmes de développement à l'échelle communautaire pour les personnes vulnérables tant au niveau social, culturel, intellectuel et financier ", a indiqué la présidente de REF-HAÏTI. Novia AUGUSTIN est aussi responsable du secteur femmes au sein de l'OCSEVIH. Suite aux propos du secrétaire général d'ORAH, elle indique combien la présence de l'ONUSIDA est d'une importance capitale pour eux. " Dès la création de l'Observatoire communautaire des services VIH tant sur le plan technique que financier, cette agence onusienne appuie sans condition l'OCSEVIH dans son plaidoyer pour les services de soins de qualité. ONUSIDA est un membre fondateur de l'OCSEVIH et apporte un financement dans le paiement des consultants pour l'appuie de l'Assitance Technique a l'Observatoire. Marc Kerley Fontal

  • OCSEVIH décryptée à la loupe par des organisations de la société civile

    L'épidémie du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui a débuté au commencement des années 80 a bouleversé le monde et sa perception de la sexualité. Des organisations non gouvernementales et des États du monde entier, en dépit des progrès énormes réalisés dans la lutte contre cette pathologie, restent mobilisés pour l'éradiquer d'ici 2030. Le Forum de la Société Civile qui travaille dans cette perspective a donné naissance à une arme dont l'efficacité fait l'unanimité dans le secteur de la lutte contre le VIH : l'Observatoire communautaire sur les services VIH en Haïti (OCSEVIH). Cet observatoire, depuis sa création le 10 décembre 2020, mène un combat sans répit pour améliorer la qualité des services auprès des prestataires de soins pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Un objectif clair En tant que plateforme de concertation et de prise de décision du forum de la société civile, l'OCSEVIH s'avère d'une importance capitale dans les progrès accomplis et les défis relevés en faveur des PVVIH. Cette entité regroupe onze (11) organisations qui travaillent dans l'objectif de changer les mentalités des communautés envers les PVVIH. Ces personnes qui mènent une vie positive ont droit au bien-être. En ce sens, le travail de l'OCSEVIH est salué par toutes les organisations membres du forum de la société civile et qui lutte contre le VIH. L'Association des Personnes Infectées et Affectées par le VIH (Apia-V/S), dirigée par le révérend pasteur Joël Sainton, apporte une perspective optimiste sur sa collaboration avec l'OCSEVIH. En tant qu'activiste de la société civile en faveur des PVVIH, le pasteur Sainton oeuvre au sein de l'OCSEVIH se donne un objectif clair : améliorer les services et la qualité des soins offerts aux PVVIH grâce à des recommandations judicieuses aux prestataires. Le révérend Sainton n'a pas caché sa satisfaction face aux progrès constatés dans la qualité de service et les avancées significatives enregistrées dans les sites de prestations aux PVVIH. C'est dans cet élan qu'il a déclaré : " Les lacunes identifiées ont été corrigées, renforçant ainsi l'efficacité des services de santé. " Selon une étude publiée en 2021 par la Fédération Haïtienne des Associations de PVVIH (FEDHAP+), près de quatre (4) PVVIH sur 10 (35,8 %) ont vécu au moins une fois une expérience de stigmatisation sous différentes formes : exclusion des réunions et activités sociales, religieuses et familiales, commérages, insultes, harcèlement, menaces verbales et physiques, voire des agressions physiques. Malgré ces préjugés renforcés de stigmatisation au sein de maintes communautés religieuses, pasteur Sainton souligne sa distanciation par rapport aux comportements de ses pairs dans le Seigneur vis-à-vis aux PVVIH avec qui il mène un combat de longue haleine. Avec le temps, l'homme de Dieu a fini par adopter une approche constructive pour motiver et encourager la population à abandonner ces pratiques. C'est dans cette démarche que pasteur Sainton déclare haut et fort : " Le plaidoyer mené par l'APIAVIH a gagné en puissance grâce à une collaboration fructueuse avec les communautés religieuses touchées par le VIH/SIDA. Un tel plaidoyer permet d'accroître la sensibilisation et la lutte efficace contre la stigmatisation à travers des séances de formation et des interventions ciblées " Œuvrer pour la pleine récupération des PVVIH Louise Augusta Moïse Milien, coordinatrice de l'organisation Solidarité Féminisme pour une Nouvelle Émergence (SOFENOE), témoigne également de cette collaboration enrichissante et positive avec l'OCSEVIH depuis deux ans. Leur partenariat se concentre sur le plaidoyer, le renforcement des capacités et l'amélioration des ressources matérielles aux PVVIH. Ensemble, elle s'engage à œuvrer pour la pleine récupération des patients vivant avec le VIH d'ici 2030. La coordonnatrice de cette structure explique que cette collaboration avec l'OCSEVIH permet d'identifier les causes des interruptions de traitement tout en développant de nouvelles stratégies en collaboration avec les prestataires de soins sur le terrain. Cette activiste dit espérer que beaucoup plus d'efforts seront déployés dans ce sens pour atteindre les objectifs ambitieux de l'égalité d'accès aux soins et aux traitements, dans le cadre des objectifs 95 95 95. Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre le VIH/Sida et la disponibilité de la prévention aujourd'hui, il reste encore beaucoup à faire pour provoquer des changements de comportement face aux minorités affectées par le VIH. Dès lors, il est essentiel, à ce stade, que davantage de personnes et d'organisations s'engagent dans cette lutte afin d'atteindre l'objectif zéro contamination au VIH d'ici 2030. Mackenz Dorvilus mackenzdorvilus@gmail.com

  • Les enjeux de la stratégie de l'OCSEVIH pour 2024

    Le Comité de Coordination Multisectoriel (CCM) d'Haïti joue un rôle crucial dans la gestion des fonds alloués par le Fonds Mondial pour la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Ces trois pathologies sont à la base de la mort de plusieurs milliers de personnes à travers le monde. Nous sommes allés à la rencontre de Louiny Fontal, Secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes en Santé (RHJS) et représentant du secteur Presse au CCM. Il est membre de cette structure mise en place pour renforcer la lutte contre le VIH, la malaria et la TB. Avec M. Fontal nous avons abordé le mode de fonctionnement du CCM-Haïti, les défis et objectifs-clés qui attendent l'Observatoire communautaire de services VIH (OCSEVIH) pour l'année 2024. Mackenz Dorvilus (M.D) : En tant que membre de CCM-Haïti, M. Louiny Fontal, pouvez-vous nous présenter cette structure brièvement ? Louiny Fontal (L.F) : Le CCM, abréviation pour Comité de Coordination Multisectoriel, est un organe composé de plusieurs grands secteurs. Il inclut le secteur gouvernemental avec environ 5 sièges ou 10 membres, représentant différents ministères. De même, le secteur de la société civile dispose également de 5 sièges ou 10 membres, organisés en binômes de groupes tels que le secteur média et les ONG locales, formant ainsi un seul siège ou deux sous-secteurs pour un siège. De plus, les partenaires techniques et financiers possèdent également 5 sièges au sein du comité de coordination sectorielle. M.D : Ce comité est composé de combien de membres ? L.F : Le CCM compte au total 30 membres et comprend également un bureau constitué de 3 membres : un président et 2 vice-présidents. Généralement, le président est issu du gouvernement tandis que les deux vice-présidents représentent les deux autres grands secteurs, à savoir la société civile et les partenaires techniques et financiers. M.D: Pouvez-vous nous décrire le travail de ce comité ? L.F : Le CCM-Haïti fonctionne comme un parlement qui prend ses décisions par vote ; parfois par consensus, mais généralement par vote. Notre travail consiste à surveiller la gestion du financement provenant du Fonds Mondial. Ce financement porte sur une enveloppe budgétaire sur une période de 3 ans pour lutter contre le VIH, la tuberculose et le paludisme (malaria). Une mission de surveillance M.D : Le CCM-Haïti surveille les financements décaissés par le fonds mondial. Quel est le mécanisme appliqué pour faire ce travail ? L.F : Notre tâche consiste à vérifier si les fonds sont bien utilisés pour aider à lutter contre ces maladies, si l'argent est utilisé efficacement. Nous effectuons également un suivi et une évaluation par rapport au plan de lutte contre ces pathologies fixées par le gouvernement haïtien. Nous veillons à ce que les actions menées correspondent au plan ou à la stratégie fixée par le gouvernement. M.D: Pour fonctionner efficacement, de combien de commissions le CCM-Haïti dispose-t-il ? L.F: Le CCM possède trois commissions : la commission de suivi stratégique, la commission de développement de propositions pour de nouvelles subventions visant à lutter contre ces maladies, et la commission de communication, de plaidoyer et de mobilisation de ressources. Plan stratégique national M.D : Pouvez-vous nous expliquer le travail de la commission stratégique au sein du CCM Haïti ? L.F : Dans le plan stratégique national jusqu'en 2030, des objectifs sont fixés, notamment en ce qui concerne le VIH, visant à atteindre zéro infection liée au VIH. Cela implique que les personnes nouvellement infectées vivent avec la maladie de manière thérapeutique et régulière, deviennent indétectables et donc non transmissibles. C'est un progrès majeur, notamment pour les jeunes et les populations-clés. Cette commission est chargée d'examiner les stratégies, les actions et les objectifs fixés étape par étape pour gérer efficacement la situation. Par exemple, le gouvernement a fixé un objectif qui consiste à avoir un certain nombre de personnes sous traitement antirétroviral d'ici 2026. La commission, elle, élabore les stratégies pour atteindre cet objectif. Dès lors, nous analysons, année après année, si les actions prévues sont réalisées selon les normes établies, tant sur le plan budgétaire que programmatique. M.D. : L'OCSEVIH est une structure stratégique qui fait le plaidoyer pour améliorer les soins aux PVVIH dans les centres de prestations de services VIH. Parlez-nous un peu des activités prévues par l'OCSEVIH pour l'année de 2024 ? L.F : Il y a tellement d'actions qui sont menées. Pour illustrer : la mise en place de l'OCSEVIH, un sigle qui signifie Observatoire Communautaire des Services VIH. En anglais, on parle de CLM ou bien de SDC. Ces surveillances sont dirigées par la communauté elle-même. Cela signifie que la communauté dans son ensemble, englobant tous les secteurs de la société civile, est impliquée. Par exemple, les PVVIH, les PS, les HARSAHs, les LGBT, les secteurs religieux, les jeunes, les femmes, les médias, etc.. À bien observer, tous les secteurs se regroupent. Il y a également des co-prioritaires qui font partie de l'OCSEVIH, ce sont les groupes de populations-clés dont je viens de vous parler. La question de l'insécurité M.D : Vous ne pensez pas que l'insécurité pourrait influencer négativement le travail de l'OCSEVIH et avoir un impact sur les bénéficiaires directs ? L.F : Certainement ! En raison de l'instabilité politique et de l'insécurité persistante dans le pays, les déplacements des bénéficiaires directs, notamment les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), sont devenus de plus en plus difficiles. Cette situation a entraîné la perte de contact avec de nombreuses personnes, affectant ainsi leur accès aux soins et à leur régime thérapeutique. De plus, l'insécurité alimentaire généralisée aggrave la situation en poussant de nombreux PVVIH à interrompre leur traitement faute d'accès à une alimentation adéquate. Parallèlement, la stigmatisation et la discrimination persistantes liées au VIH, ainsi que l'homophobie envers les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, constituent des obstacles majeurs à la santé et au bien-être des personnes touchées. Manifestement, il est crucial de renforcer les campagnes de communication et de sensibilisation afin de promouvoir une meilleure compréhension des droits humains. Dans cet élan, on a pour obligation d'insister sur le respect des droits de chacun, quelle que soit son identité, son origine, sa race, sa couleur, son sexe ou son orientation sexuelle. Cela est essentiel pour garantir que les objectifs fixés, notamment dans le cadre du plan stratégique jusqu'en 2030 pour la lutte contre le VIH, soient réellement atteints. Nous sommes actuellement à mi-chemin de l'échéance de 2024 et il reste environ cinq ans pour réaliser ces objectifs d'ici la fin de 2029. Bien que les défis soient importants, il est impératif de redoubler d'efforts et de collaboration pour les surmonter et atteindre ces objectifs cruciaux. Ce sera le travail de l'OCSEVIH de continuer avec les activités de plaidoyer et de collecte de données dans les sites de prestation de services même si la situation parait difficile. Propos recueillis par Mackenz Dorvilus mackenzdorvilus@gmail.com

  • Housing Works, un appui indispensable pour l'OCSEVIH

    Fondée en 1990 aux Etats-Unis d'Amérique précisément à New York, Housing Works est une structure qui intervient dans le renforcement de capacités des organisations de la société civile travaillant avec les Populations-clés pour une meilleure gouvernance. Implémentée en Haïti depuis 2008, cette institution est très présente dans la lutte contre le VIH. Aussi constitue-t-elle un appui indispensable dans la mise en œuvre des activités de l'Observatoire communautaire des services VIH OCSEVIH. A propos de cette structure importante dans la lutte contre le vih, Gino Ambroise, le chargé de communication de Housing Works, a déclaré : " Housing Works fait partie de l'OCSEVIH dès sa fondation en 2020. Avec O'Neil Institute, Housing Works a toujours été un bras technique pour l'OCSEVIH. Dans le temps, elle gérait la coordination des activités, mais à présent c'est l'Organisation de Développement et de lutte contre la Pauvreté (ODELPA) qui s'en charge. Cette organisation est impliquée dans toutes les activités relatives à l'OCSEVIH. " L'implication de Housing Works dans les activités de l'OCSEVIH Selon les explications fournies par Ambroise, Housing Works s'occupe de toute la partie technique de ce projet. En ce sens, elle participe à la gestion et à la formation des coordonnateurs et des moniteurs de zone recrutés pour les visites de terrain dans les sites de prise en charge des PVVIH. L'institution, par le biais de Mme Johanne Isidore, la responsable des données, assure également le développement des outils, la gestion de la plateforme CommCare et le dashboard, la production de rapports et l'analyse des données y compris la formation des organisations de la société civile dans l'objectif de faire des plaidoyers auprès des instances concernées en vue d'offrir des soins de qualités aux PVVIH et aux populations-clés et aussi pour le respect de leur droit. " Depuis notre création, Housing Works s'est donnée pour mission de travailler avec les populations-clés, la communauté LGBTQI+ et les PVVIH. C'est une structure très engagée dans la lutte contre le VIH aux Etats Unis et en Haïti. Le travail qu'effectue l'OCSEVIH dans la société marche de pair avec notre mission qui consiste à faire des plaidoyers en faveur des PVVIH et des populations-clés face à la thématique de VIH. Ces franges de la communauté sont très vulnérables et très exposées au virus de l'immunodéficience humaine. Se pencher sur leur sort est un impératif pour Housing Works tout comme l'OSCEVIH ", a fait savoir le responsable de Communication de l'institution. Plus loin, M. Ambroise reconnait que le travail de l'Observatoire des services VIH est une stratégie indispensable pouvant aider à atteindre l'objectif 95-95-95 fixé par le programme commun des Nations Unies sur le SIDA (ONUSIDA) visant à mettre fin à la propagation du VIH d'ici 2030. Elle peut aussi permettre aux PVVIH de vivre une vie saine, digne et épanouie. Il est à souligner que Housing Works est une organisation internationale qui a pris naissance dans un contexte très compliqué. En effet, des hommes, des femmes et des enfants étaient devenus sans abri en raison de leur statut sérologique. Pour répondre à cette situation, quatre membres du légendaire groupe militant contre le sida ACT UP du nom de Keith Cylar, Charles King, Eric Sawyer et Virginia Shubert ont décidé de se consacrer au service de l'une des populations les plus négligées de la ville de New York. On leur a offert un toit. Dans cette même dynamique, on continue de lutter pour le respect de leur droit. Notons que ette association possède deux filiales, Inter Cambios à Porto-Rico et Housing Works implémentée en Haïti en 2008. Esperancia Jean Noel esperanciajeannoel@gmail.com

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