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  • Haïti – 102 jeunes diplômés d’un programme d’insertion et d’autonomisation, une cérémonie marquée de solidarité et d’espoir

    Par Louiny FONTAL Photo de groupe avec les bénéficiaires Vendredi 27 juin 2025, l’Hôtel Montana, à Pétion-Ville, a accueilli la cérémonie de remise de certificats à 102 jeunes issus de différents quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et plusieurs sites de déplacés internes. Cette activité s’inscrit dans le cadre du programme « Sensibilisation, éducation, appui psychosocial et renforcement économique », mis en œuvre par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) avec le soutien de plusieurs partenaires internationaux. Les personnalités présentes La cérémonie a réuni un parterre de personnalités, parmi lesquelles l’Ambassadeur de Taïwan en Haïti, le représentant de l’ONUSIDA, Dr Christian Mouala, des délégués du HCR, des représentants de l’UNESCO, de l’UNFPA, de l’Hôpital DASH et du Forum de la société civile. Leur présence a témoigné d’un intérêt commun pour la formation et l’autonomisation des jeunes dans un contexte national marqué par l’insécurité et la précarité. En ouverture, l’hymne national a été interprété par Daïka Fanfan, suivi des propos de bienvenue et d’un rappel du contexte du projet. La présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline Rateau, a souligné dans son discours que « ce projet n’est pas une fin, mais une graine, une méthode qui a fait ses preuves », appelant à un engagement durable des partenaires pour la pérennisation des acquis. Les interventions des récipiendaires ont apporté un éclairage concret sur les impacts du programme. Pour Adassa Neïla Claude, bénéficiaire de la formation en coupe et couture, cette expérience « a redonné confiance et offert des perspectives professionnelles ». De son côté, Geralda Cheristin, formée sur les violences basées sur le genre, a rappelé les défis quotidiens des jeunes des quartiers vulnérables et l’importance de renforcer les espaces de résilience. La remise des certificats s’est déroulée en trois séquences, ponctuées d’intermèdes musicaux et d’un vibrant chant de remerciement interprété par Jeansmide Jocelyn. Moment particulièrement attendu, le défilé de mode présenté par les apprenants en coupe et couture a permis de mettre en valeur leur savoir-faire et leur créativité. Les robes, jupes et corsages confectionnés durant les deux mois de formation ont suscité admiration et fierté. Dans son allocution, Dr Mouala, représentant de l’ONUSIDA, a salué une « initiative courageuse » et encouragé la poursuite des efforts en faveur de l’insertion sociale et économique des jeunes. Le représentant du HCR à cette cérémonie, M. Remy Junior Mauvais, a également réaffirmé l’engagement de son organisation à soutenir les populations vulnérables et déplacées. Pour les organisateurs, cette cérémonie vient clôturer une première étape d’un processus d’autonomisation, dans un contexte où l’instabilité et le manque d’opportunités pèsent lourdement sur les perspectives d’avenir. La présidente de l’ODELPA a insisté sur la nécessité de « faire éclore une seconde phase » et de créer des passerelles concrètes entre formation et emploi. L’événement s’est achevé par un appel collectif à renforcer la solidarité entre les acteurs publics, privés et communautaires, afin d’élargir la portée de ce programme et d’en garantir la continuité.

  • Offrir un accompagnement psychosocial aux victimes de VBG : la nouvelle mission de l’ODELPA

    Le samedi 21 juin 2025, l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a organisé son premier focus groupe de suivi psychosocial. Cet événement a accueilli 25 femmes victimes de violences basées sur le genre (VBG) particulièrement la violence sexuelle. Il s’est déroulé en son local, à Delmas, autour du thème : « Ou ka leve ankò ! ». L’objectif visé : Apporter un support psychosocial à ces survivantes et permettre leur réhabilitation afin d’affronter les aléas de la vie.    Cette journée a été financée par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (UNHCR), la Fondation pour la Santé Reproductrice et Familiale (FOSREF), le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), le Forum de la Société Civile et l’Observatoire communautaire des services VIH (OCSEVIH).  « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l'espoir. Face à ces moments sombres que traverse le pays, ne vous découragez pas. Vous devez être forte, car cette situation ne peut pas durer éternellement. Elle doit changer .» Tels ont été les propos circonstanciels de Mme Ficeline RATEAU, Présidente de ladite institution pour ouvrir l'activité. Avec un sourire chaleureux, elle a salué le courage et la participation de ces femmes dont la majorité, des déplacées.    Sans plus tarder, l’assistante sociale, Myriame FRANÇOIS, a invité ces femmes, d'une part à lier connaissances et amitié entre elles. D'autre part, à exposer leurs ressentis psychologiques. Un exercice qui n'a pas été facile pour ces dernières. Elle a fait surgir des douleurs - des larmes - du désespoir - de la rage et surtout l'envie de vivre malgré tout.   « Je suis une déplacée à cause de la violence des groupes armés. J'ai été violée. Suite à cet acte ignoble, je souffre de douleurs abdominales continues. Le médecin m'a informé d'une inflammation du col de l'utérus. Je dois passer des examens médicaux et acheter des médicaments. Mais hélas! les coûts sont élevés et les moyens financiers me manquent », a relaté Joanne avec un visage pâle.     « Je revis par intermittence ces moment qui ont assombri ma vie.  Mentalement je vais vraiment mal », a lancé Miranda, les yeux embués de larmes.    A lire l'expression faciale de ces femmes, on peut remarquer la désolation, la déception, le découragement pour ne citer que ceux-là. Certaines ont expliqué que leur existence n'a aucun sens et se demande pourquoi continuer à vivre si leur quotidien est empeigné de douleurs, d’incertitudes et de doutes.  Pour d'autres, la vie est un combat, chaque coup encaissé est une forme de résilience et les cicatrices ne doivent pas être perçues comme une barrière mais un échelon.  Marie, une jeune dame, dans la quarantaine, avec une voix assez ferme, a décidé de mettre des mots sur sa vie. Selon elle, le bonheur a été toujours loin de sa personne. Depuis sa tendre enfance jusqu'à aujourd’hui, elle n'a jamais connu une vie de rêve. Elle raconte : « À mes 9 ans, j'ai perdu ma mère. Depuis, je patauge de maison en maison. Parfois, chez des tantes, des oncles, des proches de mon père. Une situation qui a eu des répercussions néfastes sur mon bien-être. Ma foi a été le seul fil qui m'a accroché à la vie durant ces moments difficiles ».  Après un long moment de pause, Marie arrive à mettre des mots sur ces anciennes blessures : « Lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, j’ai été fracturé aux pieds, j’étais clouée à une chaise roulante pendant plus de trois mois. Cette épreuve, je l’ai surmontée, bien qu'une certaine sensibilité demeure. Plus récemment, la situation actuelle du pays m'a forcée à fuir ma maison. Malgré tout, l'événement le plus traumatisant de ma vie, celui qui me pèse encore lourdement, est le viol collectif que j'ai subi de la part de douze agresseurs. J’ai toujours eu la chance de rencontrer des personnes qui m'ont aidées à aller de l'avant, j'espère que cette chance continuera de m'accompagner ».  Se vider pour se sentir mieux   Suite à ces échanges, les unes plus douloureuses que d'autres, le psychologue Robens DOLY a salué le courage de ces vaillantes femmes, qui ont accepté de partager leurs péripéties. Il les a fait savoir, que certaines fois, briser la glace contribue à se soigner psychologiquement.  D’un air assez serein, le professionnel en santé mentale les aide à comprendre la VBG, mettre des mots sur leurs douleurs et apprendre des gestes simples et concrets pour se protéger ou aider une autre femme en danger.  Pour alléger l'atmosphère, des exercices de méditation ont été proposés. Les yeux clos, le dos droit, les mains posées sur les genoux, DOLY a invité les bénéficiaires à écouter leur fort intérieur, à se vider, à se laisser porter par les vagues d'un instrumental relaxant. Après ce moment de détente, une joie s'est dessinée sur les visages des femmes. Sous les rythmes entraînants de « Viva les difficiles », la salle s'est transformée en une piste de danse. Chants et fous rires ont alors rempli l'espace.  La séance s'est clôturée avec la distribution de kits hygiéniques. Les survivantes n’ont pas caché leur satisfaction avec des mots remplis de gratitude. Une aventure qui ne fait que commencer, un deuxième focus groupe est déjà prévu dans les jours à venir.   Noms d’emprunts : Joannse, Mirlanda, Marie  Esperancia JEAN NOEL  esperanciajeannoel@gmail.com

  • Au-delà des données, le CLM renforce ses équipes sur les Premiers Secours Psychologiques et la Communication

    « La santé mentale n’est pas juste l’affaire des psychologues. C’est une responsabilité collective et un enjeu transversal dans toutes les sphères de la société », cette affirmation du psychologue Robens DOLY a résonné avec une force percutante au sein d'un atelier de travail organisé sous l’égide du Community Lead Monitoring (CLM), les 21 et 22 mai 2025.    Tenue à l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), à Delmas, cette initiative visait à consolider les connaissances et à perfectionner les outils des moniteurs et coordonnateurs de zones du CLM. Au-delà de l'optimisation des techniques de collecte de données, ces deux journées ont révélé une ambition plus vaste : celle de doter les équipes du   CLM d'une compréhension approfondie sur des enjeux humains et relationnels inhérents à leur mission. L'intervention de Robens DOLY sur les Premiers Secours Psychologiques (PSP) et celle de Johnny CLERGÉ, membre du Groupe Communautaire Consultatif (GCC), sur les règles de bonne communication constituent les deux nouvelles pierres angulaires de cette formation. Elles viennent enrichir les moniteurs et coordonnateurs, leur permettant d'aborder la prise en charge des patients avec une sensibilité accrue et une efficacité redoublée, comme l’avait annoncé la Coordonnatrice du CLM, Mme Sœurette POLICAR à l’ouverture de cette activité.   Les premiers secours psychologiques : Une réponse à la détresse croissante Lorsque Robens DOLY a pris la parole, la salle s'est imprégnée d'une concentration attentive. Sous le halo d'un projecteur diffusant sa diapositive sur un écran, les participants, qu'ils soient présents physiquement ou connectés en ligne, suivaient chaque mot, prêts à interagir et à s'approprier de ces connaissances vitales.   DOLY a déployé son expertise, offrant un cadre méthodologique clair et accessible pour l'application des premiers secours psychologiques. Son intervention a mis en exergue les objectifs fondamentaux des PSP, axés sur la réduction de la détresse initiale et la promotion de l'adaptation face aux événements traumatiques. Il a souligné la nécessité d'apporter un réconfort émotionnel, d'évaluer les besoins, les préoccupations des personnes et de les guider vers des ressources appropriées si nécessaire. Il a également identifié les populations cibles des PSP : individus ayant vécu ou été témoins d'un événement traumatisant (violences, accidents, catastrophes naturelles), ceux ayant subi une perte brutale ou un deuil difficile, les personnes en situation de crise émotionnelle aiguë (attaque de panique, dépression sévère, tentative de suicide) et les personnes vivant un déplacement forcé. « Dans un contexte où les violences basées sur le genre constituent une réalité sociétale préoccupante, il est essentiel d’orienter les survivantes de la VBG vers des ressources pouvant les assister. Voilà pourquoi cette formation essentielle s'inscrit dans l'objectif de transformer chaque participant en un maillon crucial de la chaîne de solidarité, capable d'apporter un réconfort immédiat et une orientation pertinente et appropriée aux victimes de VBG », a-t-il affirmé.    Les règles de la communication: l'intervention tactique de Johnny CLERGÉ   « Les règles pouvant faciliter une bonne communication entre les patients et les équipes sont fondamentales pour instaurer la confiance et assurer une meilleure observance des traitements », a déclaré l'éminent membre du Groupe Communautaire Consultatif (GCC) au CLM lors de son intervention.   Après avoir défini ce concept, Johnny a abordé les éléments clés d'une bonne communication. Il a ensuite passé en revue les différents types et formes de communication, soulignant que celle-ci s'étend au-delà des mots pour englober les postures corporelles, le langage, l'écriture et même l'image. Plus important encore, il a détaillé les erreurs à proscrire en communication interpersonnelle, citant notamment l'utilisation excessive de jargon, des interprétations erronées dues à un manque d'écoute active, des généralisations et des ordres plutôt que des suggestions. L'objectif était de fournir aux participants des outils concrets pour établir une relation de confiance avec les patients, favoriser l'écoute active et désamorcer les situations potentiellement tendues.    Deux Journées d'intensification et de Stratégie Cet atelier intensif s'est avéré particulièrement riche en connaissances et en échanges. La session technique, placée sous la tutelle de Joanne H. ISIDOR, Directrice des Données et de Stratégies et de ses assistants, a été spécifiquement dédiée à la révision et à l'ajustement des indicateurs des formulaires de surveillance de la tuberculose et du paludisme. En collaboration étroite avec l'assistance, des modifications précises ont été identifiées afin d'affiner les interrogations à inclure ou à retirer de ces fiches, garantissant ainsi une collecte de données plus pertinente et efficace. Par ailleurs, Francesca Juliyanah BUTEAU, dès la genèse, a présenté le CLM, détaillant son historique, son importance cruciale, ses principes directeurs, ainsi que les rôles et responsabilités incombant à chacun de ses membres. Pour une évaluation pédagogique ciblée, un pré-test et un post-test ont été administrés aux participants, permettant de mesurer leur niveau de connaissance avant et après la formation. L'activité s'est achevée par la planification détaillée du calendrier de collecte de données pour le mois à venir, clôturant ainsi deux journées fructueuses, intégralement dédiées à l'excellence opérationnelle et à l'humanité au service de la santé communautaire.    Marc-Kerley FONTAL  marckerleyfontal@gmail.com

  • Commémoration de la journée internationale contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie en Haïti

    Le vendredi 17 mai 2025, l’Hôtel Montana, a accueilli la journée internationale contre l' homophobie , la  lesbophobie , la  biphobie  et la  transphobie , en Haïti. Cette activité s’est déroulée sous l’égide du Comité national de plaidoyer et des populations-clés en Haïti (CNPPCH), autour du thème : « le pouvoir des communautés ».  Elle visait à promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention au profit de la communauté LGBTQI+. Près d'une centaine de personnes, œuvrant pour le respect des droits de cette communauté, a pris part à cette initiative. On retient : Dr Fritz Moïse, Président du Forum de la Société Civile; Jhony LAFLEUR, Président du CNPPCH; Charles King, Président du conseil d'administration de Housing Works; Francesca Juliyanah BUTEAU, Présidente du Comité National Représentatif de la Communauté Trans Haïtienne; Soeurette Policar, Coordonnatrice du Community Lead Monitoring (CLM) ; Reginald DUPONT, Directeur Exécutif de la fondation SEROVIE; Dr Eva Marly STEIDE, Directrice Pays de Housing Works sans oublier les membres du CLM et de la communauté LGBTQIA+, pour ne citer que ceux-là.  La programmation de cette activité hybride a été bien garnie. Discours circonstanciels, panel de réflexion et de sensibilisation, présentation du rapport de collecte de données TB/Malaria du CLM, partie musicale, chorégraphie, remise de plaques d’honneur et mérite, entres  autres,  ont été au cœur de cette célébration.       IDAHOT à travers son prisme historique et social    Johny Clergé, secrétaire générale de la fondation Arc-en -Ciel d’Haïti (ORAH) « La journée du 17 mai a pris naissance à partir d’une décision émanant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 1990, consistant à supprimer l’Homosexualité de la liste des maladies mentales. C’est une date de grande importance dans la lutte pour le respect des droits de la communauté LGBTQIA+ dans le monde particulièrement en Haïti », a déclaré Johny Clergé, secrétaire générale de la fondation Arc-en -Ciel d’Haïti (ORAH).    Selon ce dernier, avec le poids des années, IDAHOT a pris beaucoup d’ampleurs.  Cependant, en Haïti, en dépit des différentes avancées, la communauté est toujours confrontée à une spirale de violences. La stigmatisation et de la discrimination ne sont jamais trop loin.  Elles pèsent lourdes. Avec les nouvelles technologies de communication, la situation s’intensifie au quotidien. Les membres de la communauté sont constamment  au pilori à cause de leur orientation sexuelle, leur identité de genre et autres.    Quel avenir du mouvement LGBTQIA+ en Haïti après la coupure budgétaire des programmes ? La dernière partie de la journée a été réservée au débat. Un panel composé de Jhony LAFLEUR, Francesca Juliyanah BUTEAU et Jhony CLERGÉ, a été constitué. Leurs réactions ont été portées sur le futur de la communauté suite au gel de fonds des programmes VIH.  Le Président du CNPPCH, a souligné que IDAHOT ne doit pas être seulement perçue comme une célébration. Elle doit être aussi empeignée de réflexions, de sensibilisations et d’actions.  « Le pouvoir des communautés, un thème qui nécessite la collaboration de tous les alliés. Ce thème nous rappelle nos principaux engagements envers nos communautés, peu importe l’endroit où nous sommes. Il est temps de se serrer les coudes pour avancer car l’union fait la force ». A droite, Johny Clergé, secrétaire générale de la fondation Arc-en -Ciel d’Haïti (ORAH) Cerné de regards, le premier citoyen de l'AJCDS a fait savoir que Le gel des fonds n’est sans conséquences sur la communauté.   Elle impacte les activités devant être réalisées au profit de celle-ci.  Pour pallier à ce problème, les leaders des différentes organisations doivent entreprendre des actions dans l’objectif de construire un avenir solide pour les membres.    Pour sa part, Francesca a fait savoir que cette mauvaise passe doit être le moment opportun pour identifier les stratégies durables pour l’avenir de la communauté LGBTQIA+. Aussi, identifier ses vrais alliés et renforcer les liens avec les partenaires internationaux qui continuent de soutenir la lutte.     D’un autre côté, Clergé a exprimé son inquiétude sur l’avenir du mouvement LGBTQIA+ en Haïti après la coupure budgétaire des programmes .  « La rupture des fonds alloués aux programmes VIH, par l’administration de Donald Trump, est comme une épée de DAMOCLES pour le pays particulièrement pour la communauté. C’est une violation flagrante des droits de la personne humaine. On peut comprendre que rien n’est jamais acquis en matière de combat pour le respect des droits humains. Cela doit se faire de façon continue. Car du jour au lendemain on peut tout perdre », a-t-il souligné.   Profitant du micro de l’ODELPA, le militant a exhorté l’ETAT de répondre à ses obligations régaliennes, vis-à-vis des LGBTQIA+ et des populations clés, conformément aux dispositions de l’art 19 de la Constitution Haïtienne. Car ces franges de la société doivent aussi jouir de l’ensemble des privilèges accordés, aux habitants de cette terre, suivant les instruments juridiques portant sur les droits humains.  « Le taux de prévalence du VIH va accroitre chez les jeunes et les HARSAH en raison de ses suspensions étrangères. La propagation du VIH va atteindre le pic en Haïti », a-t-il relaté avec beaucoup d’inquiétudes.   Le CNPPCH a profité de l’occasion pour décerner des plaques d’honneur et mérite  à  Frantzdy Napoleon, secrétaire de cette structure et Johny Clerge pour leur contribution et leur implication dans lutte pour le respect des LGBTQIA+.    Esperancia Jean Noel  esperanciajeannoel@gmail.com

  • Remise d’une plaque de reconnaissance et de remerciement à l’ODELPA pour son support inconditionnel à la communauté Trans en Haïti

    « En reconnaissance et remerciement à l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), pour son soutien indéfectible et son rôle décisif, important et sa contribution à la réussite de notre mission en Haïti », tels sont les mots figurés sur cette distinction remise en main propre de Monsieur Dominique St VIL, à Mme Esperancia JEAN NOEL, Officière de communication de ladite institution. Vêtu d’une tunique rouge et noire, le responsable administratif du Comité National Représentatif de la Communauté Trans Haïtienne (CNRCTH), a lu avec beaucoup d’émotions les écriteaux traduisant leur considération à l’égard des travaux effectués par l’ODELPA pour le respect des droits humains. Il a parallèlement félicité les leaders de cette organisation, qui, en dépit de leur foi religieuse, luttent aux côtés de la communautés Trans. Cette marque de gratitude du CNRCTH et du Réseau National la Communauté Trans Haïtienne (RNCTH), s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la visibilité des personnes Trans. Une activité tenue le lundi 31 mars 2025, par cette structure en partenariat avec Housing Works, à l’hôtel El Rancho, Pétion-ville. Elle a réuni plus d’une centaine de personnes issues de sphères différents mais luttant pour une seule et unique cause : le respect des droits de la personne humaine. Elle relevait de donner une voix à la communauté Trans, aussi de renforcer les actions de plaidoyer afin de construire une société plus juste et équitable ou l’identité de genre ne sera pas entachée de marginalisation. « Aujourd’hui marque la journée internationale de la visibilité des personnes Trans, une journée très importante pour cette communauté. Elle doit être aussi considérée comme une journée de réflexion menant vers des actions concrètes afin de changer le sort des personnes Trans en Haïti. Les droits de cette communauté sont violés en permanence surtout avec la montée exorbitante de l’insécurité. Lorsque vous rencontrez une personne qui s’identifie comme telle, la première chose qu’il faut savoir, c’est une personne à part entière, devant jouir de l’ensemble des droits consacrés à la personne humaine », a déclaré Mme JEAN NOEL. Et de poursuivre : « Au nom de l’ODELPA, je salue la détermination de chaque Trans ici dans cette salle, la détermination de chaque Trans du pays qui, malgré les multiples défis confrontés, s’arment toujours de courage afin de lutter pour le respect de leurs droits. L’ODELPA renouvelle son engagement afin de continuer à soutenir cette communauté et lutter à ses cotées afin de changer la donne ». Un moment truffé d’émotions… Cet évènement a été l’occasion parfaite pour les différents partenaires et leaders d'organisations présents de placer un mot en signe de motivation, d’encouragement et de félicitations à cette communauté souvent victime d’une spirale de violences. Aussi, de réitérer leur promesse à son égard. On retient : Dr Fritz MOISE, Président du forum de la société civile ; Dr Eva STEIDE, Directrice pays de Housing Works ; Dr Christian MOUALA, Directeur Pays de l’ONUSIDA ; Rebecca DORCE, membre de Negès Mawon, pour ne citer que ceux-là. Dans un discours vibrant, Francesca Juliyanah BUTEAU, Présidente du CNRTCH, a levé la voix pour raconter l’histoire souvent douloureuse des personnes trans au sein de notre société. Son cri de secours et porteur d’espérance, a resonné comme un appel urgent à l’empathie et à l’action. « Cette journée n’est pas seulement une célébration de notre identité mais aussi un appel à l’action pour l’égalité et l’équité, le respect, la dignité et la reconnaissance des personnes Trans à travers le monde. Aujourd’hui nous célébrons la résilience, la force du respect et l’amour de soi des personnes Trans. Nous célébrons notre existence qui ne doit plus être réduit au silence ou à l’invisibilité. Nous célébrons notre courage à vivre pleinement malgré les défis que la société nous impose au quotidien », a-t-elle déclaré. La femme Trans a fait savoir que cette journée fait place également à la réflexion en raison de l’inégalité et de l’injustice qui règnent vis-à-vis de cette communauté. Selon cette dernière, les personnes Trans sont souvent sujets à la stigmatisation, la discrimination, la peur du rejet, le non-accès à la santé et à l’éducation pour ne citer que ceux-là. Pour pallier à ces obstacles, œuvrer pour le changement des mentalités, des préjugés et de la promotion d’un environnement libre et serein pour tout un chacun sans tenir compte de son identité de genre et de son orientation sexuelle est plus qu'importante.. « Nous avons besoin que vous soyez des alliés visibles, que vous utilisez vos ressources, vos plateformes et vos voix pour nous aider à faire entendre les nôtres. Nous avons besoin de vous garantir que les investissements dans notre communauté ne se limitent pas à des actions ponctuelles mais s’inscrivent dans une démarche pérenne de transformation sociale, politique et économique », a-t-elle souligné. L’activité a aussi été marquée par la présentation des premiers résultats de l’enquête lancée le 10 mars dernier par Housing Works et le CNRCTH/RNCTH auprès des personnes trans. Cette dite enquête menée dans les dix départements géographiques du pays a pour objectif, d’une part, de mieux comprendre leur vie quotidienne par rapport à leur identité de genre. D’autre part, de recueillir leurs recommandations pour des actions de plaidoyers. L’atmosphère régnant au terminus de cette festivité a été dynamisée par des prestations culturelles insufflant une énergie enflammée chez le public.   La Rédaction

  • Quand le CPMCV veut protéger la Population haïtienne contre l'hypertension artérielle

    « Mesurez votre tension artérielle avec précision, contrôlez-la et vivez plus longtemps », tel est le thème autour duquel se déroulera la campagne nationale de dépistage contre l’hypertension artérielle. Cette initiative du Centre de Prevention de Maladies Cardiovasculaires (CPMCV) sera organisée du 14 au 17 mai 2025, sur tous les départements géographiques du pays. Elle relève de partager au public des informations telle que la prévention, la détection et la prise en charge de cette maladie. « Depuis quelques années, nous assistons à une transition épidémiologique due à la mondialisation des échanges, l'urbanisation sans précédent et à des modes de vie malsains. Ces situations entraînent une augmentation de l'incidence et la prévalence des maladies cardiovasculaires, telles que l’hypertension artérielle, l’infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux. Etant donné que plus de 80% de ces maladies sont largement évitables si certains facteurs de risque sont détectés à temps. Alors, nous au CPMCV, nous misons exclusivement sur la prévention, d’où la réalisation de cette initiative combien louable et prometteuse », a déclaré Dr Francois Willy Staco, directeur exécutif du centre. Selon les données fournies par le spécialiste en Santé Publique, Haïti, est l’un des pays ou l'hypertension artérielle fait rage. Pour illustrer ses propos, il a fait état de cette pathologie qui, durant l’année 2023, a été la principale cause de morbidité dans la cité. Les départements de l'Ouest et du Sud ont enregistré le plus grand nombre de cas suivis du Nord et de l'Artibonite. Autrefois, ce problème de santé publique touchait les personnes âgées. Aujourd'hui, elle est aussi fréquente chez les jeunes. « Près de la moitié de la population haïtienne ne sait pas si elle est affectée par cette pathologie considérée comme un tueur silencieux. 50% des malades ne présentent aucun signe et symptôme, d’où la dangerosité de cette maladie. Une situation qui peut occasionner de graves complications : des crises cardiaques, des AVC et la mort », a relaté Dr Staco. Qui sont les principaux bénéficiaires ? Face à la montée des cas de l’hypertension artérielle ces dernières années, les responsables du CPMCV ont jugé bon de permettre à un grand nombre de personnes de prendre part à ce rendez-vous médical. « Nous avons prévu de recevoir 10 000 bénéficiaires pour cette campagne. Toute personne âgée de plus de 18 ans sur le sol haïtien, avec ou sans une assurance médicale. Cependant, Un accent particulier sera porté sur les personnes ayant des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires (HTA) ; celles ayant au moins un risque ou présentant un signe de maladies cardiovasculaires », a fait savoir le disciple d’Hippocrate. Et de poursuivre : « tous les services seront offerts gratuitement. Les patients ayant des chiffres tensionnels élevés seront immédiatement pris en charge et référés au besoin. » Qu’en est-il de la programmation ? Le menu de cette initiative sera bien garni. A côté des séances de dépistage, des conférence-débats axées sur l’HTA et les mesures comportementales et hygiéno-diététiques seront prévues. La divulgation de messages de sensibilisation sur la prévention et le contrôle de l’HTA, des distributions de dépliants, des Campagnes en ligne : partage de dépliants sur toutes les plateformes et d'autres médias sociaux seront aussi de la partie. Ces activités seront organisées dans les différentes institutions sanitaires du pays ainsi qu’au niveau des partenaires du ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Partager des informations sur l'hypertension artérielle pour sauver des vies « Après cette tournée, nous avons 2 grands projets : premièrement, offrir un cours combiné suivant un format pratique : la formation se portera sur les techniques de base de la Réanimation Cardio-Pulmonaire pour adultes et enfants et l'utilisation d'un défibrillateur externe automatisé (DEA). Le cours permettra également aux participants de reconnaître les signes d'une crise cardiaque, d'un accident vasculaire cérébral et d'un arrêt cardiaque. Deuxièmement, le Centre procèdera au lancement de la phase pilote du programme communautaire de prévention de l’hypertension artérielle au niveau de 3 départements du pays. Cette toute première innovation que représente l’implantation de ce Centre de Prévention des Maladies Cardiovasculaires s’appuiera sur une approche holistique et intégrée », a confié le médecin généraliste. Il est à noter que cette campagne a le soutien technique du MSPP, de l’Institut Panos, de la FOSREF et de l’OPS/OMS. Elle sera clôturée, au Cap-Haitien, par un rassemblement visant à joindre les services de santé au profit de la population, en facilitant l’accès à des consultations, l'exposition des matériels éducatifs pour ne citer que ceux-là. Esperancia Jean Noel

  • ODELPA explore les racines et perspectives du féminisme haïtien

    Le 3 avril 2025, l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a célébrée la journée nationale du mouvement des femmes en Haïti à travers l’émission "Attitude". Ce programme a exploré en profondeur le sujet du féminisme haïtien, de son héritage historique à ses perspectives d'avenir. Commémorée pour la première fois le 3 avril 1986, cette initiative a pris une résonance particulière dans un contexte où les violences faites aux femmes atteignent le pic. On peut citer l'Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-VI) qui révèle qu'une femme sur huit en est victime d’une forme de violence au moins une période de sa vie.    Racines historiques et courants du féminisme haïtien   Cette émission en deux parties a été animée par la journaliste Esperancia JEAN NOEL avec la participation de Clyfane SAINTIL, secrétaire générale de la Fondation TOYA, militante féministe et gestionnaire. La première a été consacrée à la déconstruction des racines profondes des inégalités de genre qui persistent au sein la société haïtienne. La militante a offert une reconstitution historique captivante du mouvement féministe local. Elle a mis en lumière l'héritage souvent méconnu des pionnières haïtiennes et les résistances sociales tenaces auxquelles elles ont été confrontées. Elle a également pris le temps de détailler les différents courants féministes, insistant sur le fait que l'on ne peut se dire féministe sans s'inscrire dans une pensée, une action ou un courant féministe.     Le débat sur le rôle des hommes dans le féminisme   « Est-ce qu’un homme peut se qualifier de féministe, Clyfane ? » , a demandé la présentatrice.  « Un homme peut être pro-féministe, un allié de la cause, mais pas un acteur du féminisme en tant que tel, car il n'a pas vécu l'oppression systémique vécue par les femmes au sein de notre société » a-t-elle affirmé avec fermeté. Cependant, elle reconnaît l'existence d'autres opinions et précise que certains hommes qui se disent féministes se sentent très impliqués dans la lutte pour l'égalité des sexes.    Témoignages et analyse des violences   L'émission a pris une tournure particulièrement concrète et révélatrice avec le micro-trottoir réalisé par Marc-Kerley FONTAL, qui a clôturé cette première séquence. Les témoignages recueillis dans les rues animées de Port-au-Prince ont dressé un portrait saisissant d'une société haïtienne en pleine mutation. Les opinions divergentes exprimées, allant d'un homme percevant le féminisme comme « une guerre contre les hommes » à une jeune fille consciente des violences mais n'en saisissant pas toutes les implications. Chaque réponse a offert un instantané précieux des mentalités haïtiennes contemporaines.  C'est sur cette matière brute et authentique que s'est ouverte la seconde partie de l'émission, introduite par l'analyse rigoureuse et éclairante de Jobenson ANDOU. Le journaliste a décortiqué avec précision les mécanismes complexes des violences basées sur le genre, tout en rendant hommage au travail de terrain essentiel réalisé par les associations féministes. « Derrière chaque chiffre se cache une histoire humaine, et derrière chaque progrès accompli, des années de combat acharné », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité d'une approche multidimensionnelle pour lutter efficacement contre ce fléau.    Perspectives d'avenir pour le féminisme haïtien Le débat qui a suivi a exploré des pistes concrètes et novatrices pour l'avenir du féminisme haïtien : renforcement du cadre légal, éducation dès le plus jeune âge pour promouvoir l'égalité, meilleure coordination entre les différents acteurs de la société civile et les institutions étatiques. Le féministe a insisté sur l'urgence d'une mobilisation qui dépasse les cercles féministes traditionnels pour embrasser l'ensemble de la société haïtienne.  Cette émission a ainsi relevé avec succès le défi de concilier analyse historique approfondie et prospective sociale éclairée. En retraçant les racines profondes des inégalités et en proposant des solutions d'avenir concrètes, en alternant expertise pointue et voix de la rue authentiques, « Attitude » a offert une vision complète et nuancée des enjeux féministes en Haïti. La structure même du programme, avec sa transition naturelle entre micro-trottoir et analyse experte, a incarné cette nécessaire articulation entre réalité sociale et réflexion stratégique.  Pour ODELPA, avec le soutien du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNCHR) et du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), cette édition spéciale confirme le rôle crucial des médias en tant qu'espace de dialogue social et de sensibilisation.  Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com

  • À ODELPA, l’aiguille devient outil de résilience : un atelier de coupe-couture pour renforcer les jeunes face aux violences basées sur le genre

    Dans les locaux de l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté ODELPA, à l’angle de Delmas 52 et 54, c’est une ambiance mêlée d’espoir et de concentration qui règne ce lundi 21 avril 2025. Sous un soleil discret et un air chargé de promesses, l’ODELPA a lancé un atelier de coupe-couture, au profit de 30 bénéficiaires, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychologique et de renforcement économique, ciblant les jeunes des quartiers vulnérables comme Fort National, Saint Martin, Delmas, Tabarre, et des camps de déplacés internes.    Un fil conducteur : autonomisation et prévention des VBG     Cet atelier de couture, loin d’être une simple formation artisanale, se veut un outil de transformation sociale. Organisé avec le support financier du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Refugies (UNHCR) et de l’ONUSIDA, il s’inscrit dans une stratégie de réponse aux violences basées sur le genre (VBG), encore trop fréquentes en Haïti.    Quand l’aiguille donne une seconde chance     Après les propos de bienvenue proférés par Mme Esperancia Jean Noel, officière de communication de l’ODELPA , M. Dudley St Jean, représentant de UNHCR, a apporté un message inspirant sur la détermination : “Autrefois, on laissait la couture à quiconque présente des difficultés d’apprendre en classe, aujourd’hui des personnes ont déjà fait fortune dans ce domaine. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas de sauts métiers, a-t-il déclaré en s’inspirant de Paul Profilien, un jeune jérémien, ayant appris la couture dans un camps d’été, a aujourd’hui un site web ou il vend ses produits de partout.    Pour présenter le projet, Mme Jean Noel a exposé les liens entre précarité économique, vulnérabilité sociale et violences basées sur le genre. Selon les dernières données humanitaires, 1.2 million de personnes ont besoin d’un soutien face à la VBG en Haïti, et les jeunes des zones ciblées figurent parmi les plus à risque. L’objectif est clair : “faire de la couture un tremplin vers l’indépendance, une voie concrète vers l’autonomie financière pour celles qui, souvent, ont vu leur avenir compromis par la violence ou la misère.” Aussi a-t-elle présenté les facilitateurs spécialisés : Mme Elisabeth Sylvestre Jean et M. Ismaël Lainé, deux couturiers professionnels, encadreurs psychosociaux qui guideront les jeunes dans l’apprentissage de la coupe-couture, tout en leur offrant un espace d’écoute et de soutien.    La formatrice Daïka Fanfan, sans ambages, enchaine après l’officière de communication. Elle a animé un atelier sur la VBG, aidant les participantes à mieux comprendre les formes de violence, les mécanismes de consentement, et les ressources disponibles. Des échanges ont émergé, renforçant l’idée que cet atelier allait bien au-delà des tissus et des patrons.    Une initiative porteuse d’avenir     Avec cette activité, l’ODELPA tisse plus qu’un simple fil entre les jeunes et une nouvelle compétence. Elle recoud des liens sociaux, redonne de la dignité, et surtout, montre que même dans l’adversité, il est possible de créer, d’apprendre, et de bâtir un avenir meilleur.  Une prochaine session est déjà prévue dans les jours à venir, preuve que le changement, à l’instar d’un bon vêtement, se construit point par point, avec patience, volonté et solidarité.    Jobenson ANDOU,  jandou08@gmail.com

  • Rencontre de bilan du community Lead Monitoring (CLM) sur la tuberculose et le palusdisme

    À l’hôtel Villa Thérèse, Pétion‑Ville, l’Observatoire Communautaire des Services VIH (OCSEVIH) ou le community Lead Monitoring (CLM) a présenté, au grand public, le jeudi 10 avril 2025, les résultats des différentes enquêtes menées dans les sites de prise en charge des patients souffrant de la tuberculose et du paludisme.  Cet évènement hybride a réuni plusieurs partenaires techniques et financiers comme le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) à travers UCMIT/PNLT/ PNCM ; le Forum de la société civile, le PNUD, l’ONUSIDA, l’ODELPA, Housing Works. Aussi, l'équipe du CLM composée : du comité directeur, du Groupe Communautaire Consultatif (GCC), des assistants de données, des coordonnateurs et moniteurs de zone. Ces enquêtes ont été menées, de juillet à aout 2024, dans 34 établissements sanitaires sur 53, à travers les 10 départements géographiques du pays. Au cours de ces dites enquêtes, 934 patients ont été interrogés parmi lesquels 531 atteints par la tuberculose ont été répertoriés. La directrice de données de Housing Works, Johanne HYPOLLYTE ISODOR, a exposé des statistiques reflétant la situation de ces patients et l’image de ces sites de prise en charge. Que révèlent les chiffres ? Sur 934 patients interrogés, 8% d’entre eux ont affirmé n’avoir jamais entendu parler de la tuberculos e. Sur 849 patients interrogés, 12 % ont confié qu’ils n’ont jamais reçu d'information relative à la prévention de la tuberculose lorsqu'ils viennent dans l’établissement. Selon Madame HYPPOLITE, ces données révèlent un manque d'information, de sensibilisation et d'éducation liée à la prévention de la tuberculose dans les établissements de santé.   Qu’en est-il de l’observation des équipes de terrain ? La tuberculose est une maladie contagieuse qui se propage particulièrement dans les milieux confinés. Elle se transmet part la toux ou l'éternuement d'une personne infectée, le non-respect des normes de prévention pour ne citer que ceux-là.  Le bilan fait état que lors de la collecte des données, les moniteurs ont observé que dans 18 % des sites visitées, les fenêtres des salles de consultation sont fermées. Ils ont aussi observé que, dans 30 % des sites, il n'y a pas d'affiches visibles sur la tuberculose rappelant aux personnes de se couvrir la bouche lorsqu'elles toussent ou éternuent.  «  nous pouvons comprendre que dans certain établissement  qu’il y a une mauvaise ventilation dans les salles de consultation , occasionnant une multiplication des cas relatives à cette maladie, ces données traduisent un manque de communication et de sensibilisation ainsi qu'un besoin d’amélioration des pratiques de prévention au niveau des sites », a relaté l’assistante technique pour le CLM.   Et de poursuivre : « 7% des responsables affirment qu'il n'y a pas d'agents communautaires chargés du traçage des patients et des familles de patients infectés par la tuberculose. Ces données montrent une carence d'agents communautaires pour le suivi des patients tuberculeux, ce qui nuit à l'efficacité des stratégies de prévention et permet une propagation accrue de la maladie ».   En ce qui a trait à la susceptibilité des PVVIH d’attraper la tuberculose, selon les statistiques, soit 100 % des établissements interrogés offrent systématiquement un test de dépistage du VIH aux patients tuberculeux. Des données indiquant clairement que l'intégration du dépistage du VIH dans la prise en charge des patients tuberculeux est bien appliquée dans tous les établissements interrogés.   La stigmatisation et la discrimination, deux problèmes résolus pour les patients TB La stigmatisation et la discrimination constituent deux obstacles majeurs rencontrés par nombreuses personnes souffrant d’une pathologie dans certaines régions du monde notamment en Haïti. Pendant les différentes visites de terrain, les moniteurs ont collecté des données montrant qu’un grand nombre de personnel offrant des services sanitaires aux patients TB a reçu des formations axées sur la stigmatisation et la discrimination liées à la maladie. Selon les chiffres avancés : « 85 % des responsables affirment que le personnel est formé. Parmi le personnel formé, on retrouve principalement les infirmier(ère)s (97 %) ; les médecins (94 %) ; les technicien(ne)s de laboratoire (77 %) ; les agents de santé communautaire (66 %) et les pharmacien(nes) 57%. »   Selon Madame HYPOLLITE ISIDOR, la présentation de ces résultats est le fruit des sacrifices des différents membres de l’OCSEVIH spécialement les équipes terrain. L’insécurité grandissante, que connait le pays, ces derniers jours, entrave le traitement des patients tuberculeux. L’impraticabilité des routes provoque une rupture de stock de médicaments antituberculeux au cours des trois derniers moi. Un fait relaté par 59 % des responsables des sites interrogés.   Après le partage de ces informations, le CLM espère vivement que les autorités étatiques, à travers le MSPP, puissent prendre des décisions afin de garantir l'accès continu aux traitements des TB. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com

  • SEROvie : L'impact des VBG sur les femmes dans les camps de misère 

    Dans le cadre du projet "Assistance Psychologique Spécialisée aux Survivant(e)s de VBG", une session d'orientation cruciale a été organisée par la Fondation SEROvie, le 31 mars 2025, au Restaurant la Réserve. L'objectif était clair : braquer les projecteurs sur une réalité trop souvent ignorée, l'urgence des violences basées sur le genre (VBG) dans les camps de déplacés internes en Haïti, et ce, en mobilisant journalistes et influenceurs.  La salle, baignée d'une lumière douce, bruissait de conversations feutrées. Autour de tables nappées de blanc et de bleu, des journalistes, calepins et stylos à la main, se préparaient à prendre des notes. Leurs regards étaient captivés par le projecteur, où défilaient les diapositives de la présentation, révélant des chiffres et des témoignages poignants. Sur un pan de mur, des feuilles de papier affichaient les attentes de chacun, une mosaïque de questions et d'espoirs.  M. Vinson NOEL, psychologue mentor à la Fondation SEROvie, a pris la parole, dressant un tableau saisissant de la situation. Sa voix, empreinte de gravité, résonnait dans la salle, captivant l'attention de l'auditoire. Il a défini les différentes formes de VBG, soulignant leur impact dévastateur sur les victimes, en particulier les femmes et les filles.  Quand les mots définissent l'horreur    « La violence basée sur le genre est un terme générique désignant tout acte nuisible perpétré contre la volonté d'une personne et qui est basée sur des différences (de genre) fixées par la société entre les hommes et les femmes ». Ces mots, énoncés avec une gravité qui a glacé la salle, ont ouvert les portes d'un univers où la violence se décline en une multitude de formes : auto-infligée, interpersonnelle (familiale et communautaire), collective, économique, sociale et politique.  L'indignation face à l'inacceptable dans les camps   Dans ces lieux de fortune, surpeuplés et insalubres, la violence règne en maître. Les chiffres, issus des déclarations recueillies par la SEROvie, ont déferlé comme une vague, submergeant l'auditoire de la réalité brutale des camps. 6 488 incidents de VBG ont été recensés en 2024, un chiffre qui ne représente qu'une partie de l'iceberg, tant les victimes hésitent à briser le silence. La majorité des victimes sont des femmes et des filles, représentant 76% et 17% respectivement. Mais les hommes ne sont pas épargnés avec un taux de 5% de victimes et 2% sont des garçonnets. « Un total de 64% des incidents de VBG contre les femmes et les filles sont des cas de viols et d'agressions sexuelles, souvent perpétrés par des gangs armés. Ces chiffres sont alarmants, mais ils ne racontent qu'une partie de l'histoire », a précisé M. NOEL, la voix chargée d'émotion.   Il a poursuivi en décrivant l'environnement de ces camps, des lieux où la promiscuité, le manque d'éclairage et l'absence de toilettes adéquates créent un terrain fertile pour les agressions. Il a évoqué les femmes contraintes d'échanger des faveurs sexuelles contre de la nourriture ou des biens de première nécessité, une forme d'exploitation abjecte.  Des blessures invisibles, des âmes brisées : L'appel à l'humanité   « Derrière chaque statistique, une vie brisée, une âme meurtrie ».  Ces mots de M. NOEL ont rappelé la réalité des souffrances. Les survivantes portent les stigmates de ces violences : traumatismes psychologiques, détresse émotionnelle, troubles du comportement, jusqu'à l'atteinte des croyances.  « Les impacts peuvent s'observer dans différentes dimensions du fonctionnement de la personne », a expliqué M. NOEL. Il a pris le soin de détailler les conséquences dévastatrices de ces violences sur la santé mentale des survivantes. Il a évoqué les cauchemars, les flashbacks, l'anxiété, la dépression, l'isolement social, la perte de confiance en soi.  « Ces blessures invisibles sont tout aussi réelles et douloureuses que les blessures physiques », a-t-il insisté, soulignant la nécessité d'une prise en charge globale, d'un soutien humain et compatissant.    Un cri du cœur venu des camps : le témoignage de Francesca BEAUJOUR     Depuis août 2023, Haïti est le théâtre d'une crise humanitaire sans précédent. Des milliers de personnes, chassées de leurs foyers, s'entassent dans des camps de fortune, des lieux où l'espoir s'amenuise face à la dureté de la réalité. Mme Francesca BEAUJOUR, vice-présidente du comité du camp Lycée Marie Jeanne, a témoigné de l'indicible, de l'horreur quotidienne vécue par les femmes et les enfants dans son camp. « La réalité est plus compliquée que ce que l'on peut imaginer », a-t-elle déclaré, la voix tremblante d'émotion.  Et de poursuivre : « Après avoir été chassés de nos maisons à Carrefour-Feuilles, nous avions trouvé refuge au Lycée. Malheureusement, au cours du mois de mars, les bandits armés nous ont démasqués encore et avons dû nous réfugier dans la cour d'une église mormone avec huit autres abris ». Ses mots, empreints de douleur et de résilience, ont résonné comme un cri du cœur, un appel à l'aide désespéré.    Francesca a décrit les conditions de vie précaires, l'insécurité permanente, la peur omniprésente qui ronge le quotidien des déplacés. « Bien que ce ne soit pas la réalité pour nous, issus du camp du Lycée du Cent-cinquantenaire, je suis consciente qu'il y a des femmes contraintes d'échanger des faveurs sexuelles contre de la nourriture, des jeunes filles violées dans l'obscurité des tentes, des enfants traumatisés par la violence », a-t-elle déclaré. Son récit poignant a illustré de manière saisissante les propos de M. NOEL, donnant une dimension humaine et concrète aux statistiques préalablement exposées.  Elle a également lancé un appel vibrant à l'État haïtien, l'exhortant à prendre ses responsabilités, à protéger les déplacés, à mettre fin à la violence, à offrir un avenir digne à ces femmes, ces enfants, à ces familles brisées .    Mobilisation médiatique et juridique : un impératif   Au cours de la deuxième partie de la journée, Mme Marjorie BERTRAND, spécialiste en genre, a présenté le cadre légal et les mécanismes d'accompagnement, insistant sur le rôle des médias dans la prévention et la réponse aux VBG.   « Les médias sont des vecteurs d'information essentielle. Ils doivent informer sur les services disponibles, utiliser des formats adaptés et saisir les occasions stratégiques pour diffuser des messages efficaces », a-t-elle souligné.  En conséquence, un atelier pratique a permis aux journalistes et influenceurs de développer des compétences pour un traitement médiatique éthique sur les différentes thématiques abordées au cours de cet atelier.  La journée s'est clôturée sur une note harmonieuse, avec la remise de certificats, des prises de photos et un lâcher de ballons symbolisant l'engagement collectif pour un avenir sans violence.  Marc-Kerley FONTAL  marckerleyfontal@gmail.com

  • Quand l'ODELPA sème les germes de l'entrepreneuriat pour une jeunesse résiliente

    « Pour réussir dans le monde des affaires, il ne suffit pas d'avoir de bonnes idées. Il faut les structurer, les analyser et les projeter dans un plan d'affaires solide », assurait avec une conviction concrète M. Gary COQUILLOT, dont la voix captivait un auditoire avide de changement. Il a émis ce discours dans le cadre de la quatrième journée de la 2ᵉ session de formation réalisée par l'Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA). Cette activité s’est déroulée, le vendredi 28 mars 2025, au local de ladite organisation à Delmas. Elle a illuminé les perspectives d'une jeunesse déterminée à sculpter son propre avenir.   Dans une atmosphère studieuse et vibrante, les vingt-cinq jeunes participants, les regards, concentrés et brillants d'espoir, étaient rivés sur M. Gary COQUILLOT. Le faisceau lumineux du projecteur mettait en exergue sa silhouette, tandis que sur l'écran, les diapositives d'une présentation dynamique dévoilaient les arcanes de l'élaboration d'un plan d'affaires. Le silence était rythmé par le léger crissement des plumes sur le papier, chaque mot de l'expert se transformant en notes précieuses, esquisses des futurs projets qui germeraient dans leurs esprits fertiles.   De l'idée à l'action : La méthode M. COQUILLOT La pédagogie de M. COQUILLOT s'est révélée un véritable catalyseur, transformant des aspirations en plans d'action concrets. Loin d'une approche théorique, la formation a plongé les jeunes au cœur des réalités entrepreneuriales : identifier les besoins pressants de leurs communautés, décrypter la concurrence, concevoir des stratégies marketing percutantes et établir des projections financières solides. Les ateliers pratiques, véritables laboratoires d'idées, ont permis de modeler des concepts abstraits en projets tangibles, insufflant la confiance nécessaire pour transformer la vulnérabilité en levier de succès. « Il faut identifier un besoin clair et offrir un produit ou un service simple mais nécessaire pour véritablement prospérer », a souligné M. COQUILLOT en s'appuyant sur les fondements même de la réussite entrepreneuriale.   L'Entrepreneuriat comme Arme de Reconstruction L'engagement tangible des participants a illuminé la salle de formation. Les échanges étaient vifs, les interrogations pertinentes, traduisant une soif d'apprendre. « Cette formation est une véritable révélation pour moi » s'exclama Anania GUSTAVE, les yeux brillants d'espoir. Etudiante en relations internationales, lors des périodes festives, elle est habituée à la vente de fresco,  à Delmas 33.  « Je n'accordais pas une importance capitale au marketing. Aujourd'hui, grâce à Mme Charline Joseph, j'ai enfin compris que c'est un pilier essentiel pour gravir mon activité vers de nouveaux sommets » nous a-t-elle confié, avec enthousiasme, son envie de structurer sa passion avec des stratégies professionnelles. Pour cette jeunesse, souvent confrontée à un avenir incertain, l'entrepreneuriat est apparu comme un vent de changement, une voie menant vers la dignité et l'indépendance économique. Les compétences acquises ne sont pas de simples outils techniques, mais des clés pour déverrouiller leur potentiel et devenir les acteurs du renouveau de leurs communautés. De leur côté, des témoignages poignants fusent, à l'image de Jefferson THAM : « J'ai grandi dans le sillage du business, mais l'éclairage apporté par M. COQUILLOT a ouvert davantage mes yeux. Il a réveillé l'entrepreneur qui sommeillait en moi avec une force que je ne soupçonnais pas. Je suis prêt, plus que jamais, à m'engager pleinement et à faire fructifier cet héritage avec les outils précieux que j'ai acquis ici. Un grand merci à M. COQUILLOT pour cette inspiration », a-t-ail déclaré.   ODELPA sème les graines d'un avenir entrepreneurial en Haïti Dans un contexte socio-économique complexe, l'initiative de l’ODELPA, avec le soutien crucial du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), prend une dimension essentielle. En dotant cette jeunesse des fondements de l'entrepreneuriat, l'institution ne se contente pas de stimuler l'économie locale. Elle offre une alternative concrète au désespoir, un chemin vers la résilience et la construction d'un avenir où l'ingéniosité et la détermination sont les moteurs du progrès. Les plans d'affaires esquissés sont autant de promesses d'un avenir où cette jeunesse ne sera plus seulement actrice de sa propre vie, mais aussi bâtisseuse d'une Haïti nouvelle. Il est à noter qu'à la fin de la 4eme phase de ce projet, un concours sur le plan d’affaires sera lancé. Les gagnants de cette épreuve bénéficieront d’un fond  pour démarrer ou renforcer une petite activité génératrice de revenus.   Marc-Kerley FONTAL marckerleyfontal@gmail.com

  • Avez-vous dit droit à la santé dans une Haïti à l’avenir incertain ?

    En ce 7 avril, Haïti, à l’instar des autres pays du monde célèbre le droit à la santé. Comment ne pas se pencher sur cet « état de complet bien-être physique, mental et social », comme le définit l’Organisation mondiale de la Santé. À parler de santé, peut-on oublier qu’Haïti, au moment de son indépendance voulait que tout être humain soit libre et vive sans les chaînes de l’esclavage ! « Nous avons inventé la liberté. Haïti est la première république noire du monde à être indépendante. Nous avons aidé d’autres pays à sortir de l’esclavage », ce sont, entre autres, des mots élogieux de la majorité des haïtiens et haïtiennes pour clamer leur fierté et leur appartenance à cette nation qui s’est mise debout contre le racisme, l’esclavagisme et le colonialisme. Une révolution unique au monde. Ces dernières années, une nouvelle donne se profile à l’horizon. À entendre le discours des citoyens de la terre du père de la nation, Jean Jacques Dessalines, on peut déduire que ce passé fier s’est relégué à l’ombre de l’histoire. Nombreux sont ceux qui expriment leur ras-le-bol par rapport aux différentes crises socio-politiques que traversent le pays. Une situation qui entrave la bonne marche de la cité et ayant des répercussions alarmantes sur ses sujets. « Autrefois, je haussais le ton pour exprimer ma nationalité. Une fierté s’emparait de moi à chaque fois que je parlais de ma terre natale surtout dans les discussions historiques avec des proches. Mais aujourd’hui, je n’ai plus ce sentiment », a confié, la mort dans l’âme, Dr Joachim, dentiste-chirurgien. « Au début des crises socio-politiques, mes parents, collègues et ami(es) n’ont pas arrêter de me conseiller de laisser le pays tout comme beaucoup d’autres jeunes. Mais mon attachement avec ce pays était tellement fort que j’ai toujours rejeté d’un revers de mains leurs conseils. Mais la situation ne fait qu’envenimer. Je regrette amèrement de ne pas les avoir écouté. Aujourd’hui, je paie le prix fort de cette décision. Je ne peux même pas me rendre à la clinque où je travaillais au centre-ville », regrette le médecin. Frustré, la rage au cœur, il livre le fond de sa pensée : « Je souhaitais mettre toutes mes compétences à la disposition de mon peuple, surtout les personnes issues des quartiers vulnérables. J’avais plein de rêves et d’idées, mais les malfrats ont tout emporté. Actuellement, j’ai honte de dire que je suis Haïtien. Il n’y a aucun avenir. Plus rien ne me retient. » Tout comme ce spécialiste en dentisterie, plusieurs citoyens doutent de leur avenir dans ce pays ou l’escalade des différentes formes de violences, orchestrées par les groupes armés, atteint le pic. Pourtant en Haïti, pays connu comme la mère de la liberté en Amérique, tout un arsenal juridique est consacré au respect des droits de la personne humaine. Dans le miroir de la réalité le reflet de la situation présente une physionomie contraire d’une république au bord de l’effondrement. Pour illustrer, pas un jour ne se passe où dans les médias le citoyen n’entend pas la même rengaine : ce sont de paisibles citoyens que les bandits ôtent la vie, ce sont des femmes et des filles que ces hommes sans foi ni loi violent, ce sont des maisons qu’ils pillent et brûlent avec une grande joie de semer le chaos pour le bonheur de leurs commanditaires. À chaque fois qu’ils vont prendre possession d’un territoire, ils l’annoncent à grand renfort de publicité sur les médias sociaux que relaient la presse traditionnelle. Et, immanquablement ils exécutent leurs menaces. Ce sont des maitres et seigneurs d’un État en décomposition dont les représentant dans les médias reconnaissent dans les faits nos territoires perdus. Nombre d’observateurs avouent sans regret : « Les semeurs du chaos ont le respect de la parole donnée. Ce qu’ils disent, ils le font. Les locataires de ces lieux, de leur côté, sans aucune protection, n’ont d’autres choix que de fuir pour tenter de sauver leur vie. » Les chiffres parlent… Selon l’Organisation Internationale de la Migration (OIM), de juillet 2023 à janvier 2025, la violence qui sévit en Haïti a entraîné le déplacement interne de plus d'un million de personnes. Un chiffre qui ne cesse d’accroitre au quotidien. Ces individus ont été contraints de quitter leurs foyers pour se réfugier dans des camps de déplacés, chez un proche ou dans une province. Quel avenir ? Originaire de Jérémie, Marie vivait une vie tranquille et paisible à Delmas 19. Pour s’occuper de ses enfants, elle vendait des fruits de mer. L’espace d’un cillement, cette mère de famille s’est retrouvée sans logement et sans marchandises. « À cinquante ans, je n’ai jamais imaginé, qu’un jour, pour sauver ma vie et celle de mes enfants, j’irais me réfugier chez une amie. On est entassé comme des sardines là oü je vis maintenant », s’indigne-t-elle. L’existence de Marie est passée d’une vie pleinement épanouie à une misère accrue. Elle s’est retrouvée dans un quartier inconnu, confrontée à la promiscuité et à la faim. « Je ne vis pas à mon aise. Je dors très mal et certaine fois je ne prends qu’un seul repas dans la journée. Hélas ! la situation s’impose. Je suis une séculaire, je peux mourir paisiblement, mais je ne peux tolérer de voir mes enfants souffrir sous mes yeux », a-t-elle confié, larmoyante. « C’est la première fois que je vis une situation aussi monstrueuse. On qualifiait le gouvernement de Duvalier comme dictatorial. Je la préfère à cette démocratie qui se réclame de garante du respect des droits humains. A bien regarder, cette démocratie de façade foule aux pieds tous les droits. C’est le grand désordre. Nous sommes livrés à nous-mêmes. Nous tous des morts ambulants. Nos vies ne valent plus rien dans cette Haïti que je ne reconnais plus », se désole Marie. Cette situation chaotique est le lot des citoyens qui vivent dans le département de l’Ouest avec son chef lieu, Port-au-Prince, la capitale. Comment parler d’avenir ? Comment peut se définir le futur à l’horizon lorsque le citoyen vit une crise existentielle ? Les droits fondamentaux ne sont que pures fictions alignées sur du papier que l’on utilise dans des discours répercutés dans les médias pour faire écran à la réalité. Dans un pays ou les droits à la vie, au logement, à la santé, à l’éducation, à la nutrition, aux loisirs ne sont pas pris en compte, que peut-on espérer ? En attendant, le peuple réclame à cor et à cri la sécurité, la sécurité et encore la sécurité. À l’heure où l’Organisation mondiale de la Santé rappelle que la santé est un droit fondamental, le peuple haïtien considère la sécurité comme le plus grand bien public et un déterminant incontournable pour son bien-être. Esperancia JEAN NOEL esperanciajeannoel@gmail.com

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