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À l’ODELPA, plus d’une quarantaine de jeunes femmes reçoivent un appui pour lancer leurs projets

Photo du rédacteur: Odelpa
Odelpa
il y a 3 jours
4 min de lecture

Plus d’une quarantaine de jeunes femmes ont reçu, le lundi 14 septembre 2026, un cachet de 300 dollars américain pour lancer ou renforcer leurs projets entrepreneuriaux à la suite des sessions de formations organisées par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA), avec le soutien d’ONU Femmes.


Cette initiative s’inscrit dans un contexte de crise humanitaire où les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux difficultés économiques, sociales et aux violences basées sur le genre. Un programme à travers duquel l’ODELPA entend contribuer au renforcement de leur autonomie économique et de leur capacité à développer des activités génératrices de revenus.


Durant cinq jours, les participantes ont bénéficié de formations portant notamment sur l’entrepreneuriat, le marketing digital, l’élaboration d’un plan d’affaires, les violences basées sur le genre, entres autres. Elles ont ensuite été invitées à présenter leurs projets devant un jury chargé d’identifier les bénéficiaires de l’appui.



Selon M Louiny Fontal, formateur en entreprenariat, le projet ne se limite pas à un accompagnement économique. Il comprend également des volets liés à l’éducation, à la sensibilisation et à l’appui psychosocial : « C’est un projet d’éducation, de sensibilisation, d’appui psychosocial et de renforcement économique », a-t-il expliqué.


Pour le journaliste senior, l’enjeu dépasse la seule réussite individuelle des bénéficiaires. Il s’agit également de démontrer que les jeunes femmes accompagnées peuvent devenir des actrices du changement au sein de leurs communautés : « Entre le dire et le faire, il y a toute une vaste étendue à parcourir », a-t-il souligné, appelant les bénéficiaires à travailler à la réalisation de leurs projets et à respecter les engagements pris dans le cadre du programme.


Quels critères de séléction employés?


La sélection des bénéficiaires a été réalisée par un jury composé de représentants de différentes organisations. Les membres du jury indiquent avoir adopté une méthode destinée à garantir l’impartialité du processus.


Mme Desinor Achlaie , membre du jury, explique que les projets ont été évalués à partir de plusieurs critères, notamment la participation aux formations, la qualité des plans d’affaires et les travaux réalisés en marketing digital. Afin de limiter les risques de favoritisme, les membres du jury ont reçu des codes correspondant aux dossiers des candidates. « Nous n’avions pas de nom, pas d’organisation à privilégier. Nous recevions des codes et c’est à partir de ces codes que nous faisions nos évaluations », a-t-il expliqué.


Chaque membre du jury a procédé séparément à l’évaluation avant une compilation des résultats permettant d'établir le classement final. 



Pour les bénéficiaires, l’annonce de leur sélection représente une étape importante dans leur parcours entrepreneurial. Samenca Demosthène,  la lauréate , n’a pas caché son émotion après avoir appris qu’elle allait bénéficier de cet accompagnement : « Je suis vraiment contente. Pour moi, c’est un nouveau commencement », a-t-elle déclaré, estimant que la formation lui a permis d’acquérir davantage de connaissances et de confiance en elle.


Son projet entrepreneurial repose notamment sur la commercialisation des épices.  Elle compte utiliser les réseaux sociaux (TikTok, Facebook et WhatsApp) comme outils importants dans sa stratégie de communication et de vente. Au-delà de son propre projet, la jeune femme souhaite également transmettre ce qu’elle a appris à d’autres jeunes : « Je veux encourager les jeunes à croire dans le business, à faire du marketing et à utiliser les moyens disponibles pour lancer leurs activités », a-t-elle affirmé.


L’autonomie économique comme moyen de résilience


Pour Augusta Moïse, responsable d’organisation ayant participé à l’initiative, l’autonomisation économique des jeunes femmes représente un enjeu majeur dans le contexte actuel. Selon elle, permettre aux jeunes d’avoir une activité économique peut contribuer à réduire leur dépendance et leur vulnérabilité face aux différentes formes de violences : « Lorsqu’une femme n’a pas d’activité économique, elle peut devenir dépendante et accepte de subir les différentes formes de violences bien qu’elle soit consciente de sa situation. Lorsqu’elle dispose d’une opportunité économique, elle a davantage de possibilités et d’alternatives », a-t-elle expliqué.


Aussi a-t-elle insisté sur la nécessité d’un accompagnement après la remise des appuis. Pour elle, le financement ne doit pas constituer la fin du processus, mais plutôt le début d’un travail de suivi permettant aux bénéficiaires de consolider leurs activités.


Les projets présentés par les participantes couvrent différents secteurs d’activités. Certaines souhaitent commercialiser des produits, tandis que d’autres ambitionnent de développer des services ou des activités utilisant les outils numériques.



Parmi les bénéficiaires figure également Laurens Ovide , une jeune femme trans, qui souligne l’importance de l’accueil et de l’environnement créé durant le programme. Elle estime que l’initiative lui a permis de participer à une activité dans un cadre où elle s’est sentie respectée et à l’aise, tout en bénéficiant d’une opportunité de développer son projet.

Pour les organisateurs, la véritable réussite du programme ne se mesurera toutefois pas uniquement au nombre de projets financés. Elle se mesurera surtout à la capacité des bénéficiaires à transformer ces appuis en activités durables, créatrices de revenus et capables de produire un impact dans leurs communautés.


« Nous sommes toutes des gagnantes », a rappelé l’un des responsables lors de la cérémonie. Un message qui résume l’esprit de cette initiative : faire de la formation et de l’appui économique non pas une finalité, mais un point de départ vers davantage d’autonomie et d’opportunités.




Jobenson ANDOU

 
 
 

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