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Téléphone bleu : une stratégie pour contrer la stigmatisation et la discrimination des PVVIH

Dernière mise à jour : 11 sept. 2022


« Écouter », « conseiller » et « orienter ». Voici, entre autres, les maîtres-mots qui riment avec « Téléphone bleu ». Un dispositif qui prend tout son sens dans un contexte où la riposte au VIH/sida, à l’échelle nationale et internationale, mise beaucoup sur les freins que constituent la stigmatisation et la discrimination. Et surtout dans la dynamique de l’attente des trois 95 à l’horizon 2030.


À en croire Dr Sabine Lustin, directrice exécutive de Promoteur Objectif Zéro Sida (POZ), l’initiative Téléphone bleu répond à un constat inquiétant : « En raison de la stigmatisation et la discrimination dont elles étaient l’objet, en dépit du fait qu’on voulait les mettre à l’aise, les PVVIH étaient très réticentes à l’idée de nous en parler », explique celle qui mène la barque de l’institution initiatrice du Téléphone bleu. « C’est alors que nous mis sur pied le Téléphone bleu en 1998 ».

Anonymat et confidentialité

Le Téléphone bleu, accessible, à travers le réseau Digicel, via la combinaison *100, est un dispositif permettant à la communauté, notamment les PVVIH, d’échanger, dans l’anonymat, la confidentialité et gratuitement avec des interlocuteurs non jugeant. « Tu ne peux pas voir l’interlocuteur, mais il peut te conseiller », assure Dr Lustin.


Le champ d’expertise des téléconseillers de Téléphone bleu va des sujets en lien avec la santé sexuelle, passant par les IST/VIH/sida, jusqu’au sujet d’actualité (telle la Covid-19).

Depuis sa création en 1998 à date, le Téléphone bleu continue de jouer un rôle essentiel dans la riposte au VIH dans le pays. « À travers Téléphone bleu, nous apportons notre pierre à la lutte contre l’inégalité en matière de VIH/sida en Haïti », explique fièrement Dr Lustin. Selon elle, cette contribution passe avant tout par l’information de qualité que nous partageons avec la communauté, l’accès au soin (via le référencement).



Doléances des victimes de stigmatisation et de discrimination


Téléphone bleu reçoit également des doléances de personnes victimes de stigmatisation et de discrimination. « Dans ces cas-là, nous faisons remonter les informations vers les instances supérieures pour des investigations et corrections nécessaires », souligne Dr Lustin. « Après 40 ans de lutte, la stigmatisation et la discrimination sont encore présentes et empêchent à de nombreuses personnes de connaitre leur statut sérologique », regrette la directrice exécutive de POZ.


Fondée en 1995 par Dr Eddy Génécé, POZ est une organisation non-gouvernementale (ONG) qui lutte pour réduire l’impact du VIH/sida en Haïti. À travers ses annexes à Port-au-Prince, au Cap Haïtien et à Montrouis. Elle fait le dépistage du VIH, la prise en charge médicale du VIH et autres Infections sexuellement transmissibles (IST) ; POZ assure également la distribution de médicaments anti-rétroviraux (ARV); apporte un support psycho-social aux personnes infectées et affectées par le VIH (groupe de support), aux victimes de violence sexuelle et aux personnes victimes de stigmatisation liée au genre ou au statut sérologique ; elle offre un accompagnement éducatif et financier aux PVVIH par la mise en place d’activités génératrices de revenus ; participe à la mise en place d’association de PVVIH ; donne un appui direct aux groupes minoritaires particulièrement les Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HARSAH).

Marie Juliane DAVID

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