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ODELPA, une organisation engagée dans le renforcement des capacités des jeunes

Ces dernières années, des cas de violence sont enregistrés au quotidien, particulièrement la violence basée sur le genre. Elle fait partie du lot de péripéties des habitants de la région métropolitaine à cause de la rivalité entre les groupes armés. Les femmes et les filles en sont les principales victimes. Pour accompagner les jeunes victimes ou non des VBG, l’Organisation de développement et de lutte contre la pauvreté (ODELPA) a organisé des sessions de formation pour renforcer leur capacité. La présidente de l’ODELPA, Mme Ficeline Râteau, nous parle du soutien de l’organisation aux jeunes dans les quartiers réputés dangereux et difficiles. Elle s’est confiée à notre journaliste Espérancia Jean Noël.

Attitude-Santé : Mme RATEAU pouvez-vous nous dire dans quel objectif ces sessions de formation ont été réalisées ?


Ficeline RATEAU : Ces deux sessions de formation ont pour objectif de former les jeunes sur le VIH, les VBG, les droits humains, la gestion de projet, l’utilisation des nouvelles technologies dans les affaires, pour ne citer que ceux-là. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, d’appui psychologique et de renforcement économique pour les jeunes de Cité Soleil. Cette aire géographique est considérée comme une zone de non droit.  Les habitants de cette localité sont des oubliés. On ne se penche pas vraiment sur leur cas. Parfois, ils passent inaperçus; or ils n'ont pas choisi de vivre là-bas. En réalité, il y a des intellectuels, des jeunes qui sont bien éduqués et bien formés dans cette commune. En dépit de leur volonté, ils se trouvent cloîtrés dans cette cité où la peur, l’insécurité, la violence et la domination font rage.


Attitude Santé : Est-ce que les attentes de l’ODELPA sur cette formation ont été comblées ?


Ficeline Râteau : Oui, je peux dire que nos attentes ont été comblées. Par rapport à la conjoncture sociopolitique actuelle du pays, se déplacer pour se rendre d’un endroit à un autre est vraiment difficile. Il faut souligner que la date fixée pour le deuxième groupe était marquée par beaucoup de turbulences. Ces jeunes, pour assister à la formation, ont dû braver de grands dangers. Certains d’entre eux ont emprunté la route à pied ; d’autres ont traversé des barrages de pneus enflammés pour venir ici. Ils ont fait beaucoup de sacrifices.


Durant le dernier jour, au moment pour moi de clôturer ces assises, j’ai demandé à ces jeunes de me faire part de leur impression sur la formation,l’une des bénéficiaires, sourire aux lèvres, a témoigné sa gratitude envers les responsables de l’ODELPA.  Elle m’a fait savoir suite au déroulement de cette activité, qu’elle se voit vraiment comme un être humain. Un sentiment de grandeur l’habite. Ses pensées sont mieux coordonnées ; elle souhaite déjà poser des actions pour faire valoir ses droits et renforcer sa capacité économique. Suite à ces mots, j’ai laissé la salle rapidement pour éviter de verser des larmes. Je me suis dit que cela en valait la peine.


Victimes de stéréotypes au quotidien



Attitude Santé : Pourquoi avez-vous choisi à deux reprises d’offrir ces formations aux jeunes de Cité soleil ?


Ficeline Râteau : La commune de Cité Soleil fait toujours l’objet de discrimination et de stigmatisation. Les habitants de ce bidonville sont victimes de stéréotypes au quotidien. Ils sont considérés comme des laissés-pour-compte. On leur colle toujours des étiquettes. Pour essayer de changer la donne, à ODELPA, on nourrit toujours l’idée de travailler avec les filles, les femmes et les garçons de cette commune. Malheureusement, aucun bailleur ne voulait financer un tel projet. On n’a jamais perdu espoir, et nous avons continué nos démarches pour concrétiser un tel projet.


Ce n’est qu’en 2023 que le programme commun des Nations unies sur le VIH(ONUSIDA) s’est joint à l’ODELPA pour offrir à ces jeunes une session de formation sur la violence basée sur le genre et ses impacts dans les communautés vulnérables. Suite à cette première séance d'activité, une cérémonie de remise de certificats a été organisée.  Le chargé de liaison du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNCH), Junior Rémy Mauvais, qui faisait partie des invités de cette solennité a remarqué l’importance d’un tel acte et a décidé d’apporter son soutien pour son renouvellement.


Attitude Santé : Pensez-vous que ces formations auront des retombées positives pour la commune ?


Ficeline Râteau : Bien sûr, une telle formation aura de grands impacts pour les bénéficiaires et leur zone de provenance. En effet, ces jeunes ont reçu une formation de qualité axée sur la violence et ses impacts dans les communautés vulnérables. En ce qui a trait au VIH, à l’heure actuelle, il existe encore des gens qui n’arrivent pas à cerner cette pathologie.  Certaines personnes ont des comportements hostiles vis-à-vis des PVVIH. En dépit des avancées médicales, les infectées du virus de l’immunodéficience humaine sont encore victimes de discrimination et de stigmatisation.  Cela est dû à un manque de formation. Pour pallier ce problème, la tenue des séances de formation sur le VIH pour la population et les jeunes en particulier est une condition sine qua non pour prévenir et vaincre le sida sans laisser personne au bord de la route.


Attitude Santé : Et pour la violence qui sévit à Cité Soleil, quelle contribution cette formation pourrait-elle apporter ?


Ficeline Râteau : Les jeunes qui ont reçu une formation dans le cadre de ce projet se voient déjà comme des agents de paix. Ils ont promis de partager les connaissances acquises à l’ODELPA dans leur communauté respective. C’est un pas positif visant à réduire la violence.  Les jeunes sont l’avenir du pays, les former est un impératif.

Tant que ODELPA existe, on se donne pour mission d’œuvrer pour la formation des jeunes.


Lancement d’un concours


Attitude Santé : Quelle est la prochaine étape pour ces jeunes qui viennent de recevoir ces formations ?


Ficeline Râteau : À l’ODELPA, nous ne priorisons pas seulement la formation mais aussi le renforcement économique des jeunes. Pour cela, à la fin de ces deux sessions, un concours a été lancé et les porteurs des 25 meilleurs plans d’affaires parmi les soixante (60) proposés bénéficieront d’une enveloppe de 200 dollars US chacun (e) pour démarrer ou renforcer leur petite activité génératrice de revenu.


Attitude Santé : L’ODELPA nourrit-elle l’idée de continuer avec ces séances de formation dans la commune de Cité Soleil. En outre, cette institution vise-t-elle d’autres agglomérations de notre territoire ?


Ficeline Râteau : L’éducation fait partie des axes prioritaires de l’ODELPA depuis sa création en 2007 jusqu’à date. Malgré la situation actuelle du pays, on ne va pas baisser les bras. On cherche des partenariats partout et ailleurs pour continuer à former des jeunes de ce pays parce que pour nous c’est un impératif. On ne sait pas encore si on va continuer à travailler avec la commune de Cité Soleil ou une autre zone car la violence est aussi flagrante dans d’autres agglomérations du pays. Cette décision ne revient pas seulement à ODELPA, le bailleur a aussi son mot à placer.

 

Esperancia Jean Noël

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