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KSJFD pour une implication totale dans la lutte contre la violence basée sur le genre à Cité-Soleil

La violence basée sur le genre (VBG), surtout envers les filles et les femmes, est monnaie courante en Haïti. Elle constitue un véritable problème de santé publique et entrave le respect des droits humains. Cité-Soleil, commune d'Haïti, située dans le département de l'Ouest, constitue, depuis quelques temps, l'une des bastions de la violence dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Cette localité, souvent le siège d'affrontements entre gangs rivaux, expose ses résidents à toutes formes de violence dont la VBG. Pour mieux appréhender cette forme de violence dans les zones de conflits entre gangs armés, Attitude Santé a rencontré Valencia Ulysse, la coordonnatrice de Kouran Sosyal pou yon Jenerasyon Fanm Djanm (KSJFD), une organisation travaillant dans la lutte contre la violence basée sur le genre à Cité-Soleil. Elle s'est confiée à notre journaliste Marie Juliane David.


Attitude Santé : Mme Valencia Ulysse, comment comprenez-vous la violence basée sur le genre (VBG) ?


Mme Valencia Ulysse : On parle de violence basée sur le genre toutes les fois que les droits d'une personne ne sont pas respectés en raison de son identité de genre. Par exemple, Les hommes doivent comprendre que forcer une femme à avoir des relations sexuelles même quand elle ne veut pas est un viol et du coup une forme de violence. Ils doivent admettre que les femmes peuvent aussi décider quand elles doivent avoir ou non des relations sexuelles.


Attitude Santé : Quelles sont, d'après vous, les conséquences de la VBG sur la société ?


Mme Valencia Ulysse : Une société où il n'y a pas d'équité entre hommes et femmes, où les droits des femmes ne sont pas respectés est, pour moi, déséquilibrée. Certes, il y a des avancées qui se font de jour en jour sur la question, mais la lutte pour le respect des droits des femmes doit continuer tout en prenant en compte les différentes formes de violence basées sur le genre. Notons que ces formes de VBG ne se réduisent pas seulement aux viols, aux harcèlements, mais aussi à certaines pratiques courantes de notre société comme l'inégalité des salaires pour un même emploi au sein d'une entreprise.


KSJFD une organisation nationale


Attitude Santé : Mme Ulysse, vous êtes coordonnatrice de Kouran Sosyal pou yon Jenerasyon Fanm Djanm à Cité-Soleil, parlez-nous un peu de cette organisation.


Mme Valencia Ulysse : Kouran Sosyal pou yon Jenerasyon Fanm Djanm est une organisation nationale ayant son siège basé à Cité-Soleil. Elle a été fondée le 18 août 2014 dans le but d'accompagner les plus démunis spécifiquement les femmes souvent cibles de violence basée sur le genre dans le domaine de la santé, l'éducation et l'économie.


Attitude Santé : Vous êtes coordonnatrice de KSJFD. Depuis quand occupez-vous ce poste au sein de l'association ?


Mme Valencia Ulysse : Depuis 5 ans.


Attitude Santé : Cité-Soleil est souvent le théâtre d'affrontement entre des groupes de gangs rivaux, comment KSJFD arrivent-elle à accomplir sa mission au milieu de tout ce chaos ?


Mme Valencia Ulysse : L'un des objectifs que nous nous sommes fixés à KSJFD c'est de contribuer à faire régner la paix à Cité-Soleil en offrant aux jeunes une éducation alternative comme une arme pour se construire. Mais, quand les affrontements s'amplifient, nous sommes obligés de nous replier pour protéger nos vies. Quand le calme revient, on reprend le cours de nos activités.

Attitude Santé : Pouvez-vous nous citer quelques réalisations de KSJFD à Cité-Soleil ?


Mme Valencia Ulysse : Nous avons organisé plusieurs séances de formation pour les jeunes sur la VBG : la chimie industrielle, la mécanique, l'entreprenariat, le système de crédits etc. Nous avons permis à beaucoup de jeunes de reprendre le chemin de l'école et d'avoir accès aux soins de santé. Aussi, beaucoup d'entre eux ont été canalisés sur le marché du travail. En ce sens, nombre d'entre eux ont pu mettre sur pied leur propre entreprise.


L'impact de KSJFD à Cité-Soleil


Attitude Santé : Quel est l'impact de ces travaux sur la communauté de Cité-Soleil en général ?


Mme Valencia Ulysse : Dans la cité, beaucoup de jeunes ne croient pas dans la violence. Avec nos interventions, beaucoup d'entre eux ont désormais des métiers en main et travaillent soit pour une entreprise quelconque, soit à leur propre compte. Ce qui permet de réduire les violences quotidiennes.

Attitude Santé : Comment votre association s'implique-t-elle dans la lutte contre la VBG à Cité-Soleil ?


Mme Valencia Ulysse : Cette implication passe par plusieurs activités. Nous organisons des séances de formation, séances au cours desquelles nous réalisons des travaux et des simulations à travers des pièces de théâtre. Nous utilisons cette méthode pour aider les gens de la cité, les jeunes surtout à comprendre les différentes formes que la violence peut prendre. Définitivement, la violence constitue un poison pour la communauté.


Attitude Santé : La violence basée sur le genre est un sujet très sensible, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la mise en œuvre de votre plan d'action ?


Mme Valencia Ulysse : Ce n'est pas facile. Nous faisons face à beaucoup de pression parfois même des ironies pour tenter de nous décourager. Malgré tout, on continue avec détermination.


Attitude Santé : En dépit de toutes ces difficultés, qu'est-ce qui vous rend fier de votre intervention dans la cité ?


Mme Valencia Ulysse : Avec notre intervention dans la cité, la tendance à banaliser la vie des gens commence à diminuer. C'est, pour nous, un point positif.


Propos recueillis par Marie Juliane David

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