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  • Photo du rédacteurOdelpa

Célébration, en Haïti, de la 34e journée internationale contre l’homophobie et la transphobie


« Ne laissons personne de côté : Égalité, liberté et justice pour tous et toutes ».  C’est autour de ce thème que s’est déroulée, le vendredi 17 mai 2024, la 34e journée internationale contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie, en Haïti. Tenue à l’Hôtel Montana, à Pétion-Ville, cette activité visait à promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention en faveur de la communauté LGBTQI+.


Cette activité a été organisée sous l’égide du Comité national de plaidoyer des populations-clés en Haïti (CNPPCH). Discours circonstanciels, panel de réflexion et de sensibilisation, partie musicale, chorégraphie et remise de plaques d’honneur ont ponctué la journée.

Diverses personnalités du monde médical, des responsables des organisations de la société civile de défense des droits humains et des membres de la communauté, des représentants de l’Ambassade américaine en Haïti et de l’ONG World vision, ont pris part à cette festivité commémorative.

 

IDAHOT et son évolution historique et sociale


« Dans le temps, on considérait les personnes faisant partie de la communauté LGBTQI+ comme des malades mentaux, des gens n’ayant pas toute leur lucidité. », a évoqué Thara Saint- Hilaire, coordonnatrice générale de Gran Jipon, une organisation féministe et de défense des droits humains. Dans un envol historique, la militante a rappelé que la journée du 17 mai trouve en fait ses racines dans une décision prise par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 1990, de supprimer l’Homosexualité de la liste des maladies mentales.


 « C’est pour commémorer cette date symbolique que le 17 mai a été choisi comme journée de sensibilisation et d’action contre l’homophobie.  Depuis sa création, elle a pris de l’ampleur. A partir de 2003, elle est célébrée dans 130 pays à travers le monde y compris dans des pays ou les actes homosexuels sont encore criminalisés. Nous autres en Haïti, la première commémoration a eu lieu en 2012 », a poursuivi Thara Saint-Hilaire.   

De manière très claire, la Féministe intersectionnelle a perpétué son discours en faisant comprendre à l'assistance que IDAHOT est une journée dédiée aux personnes LGBTQI+. En Haïti, en dépit des avancées réalisées au cours de ces dernières années dans le domaine du respect des droits humains, cette communauté est malheureusement toujours pointée du doigt.  Des membres de la communauté sont souvent victimes de violences physiques, verbales et psychologiques.  Cette date rappelle aussi que certaines actions doivent être posées dans l’objectif de permettre aux LGBTQI de jouir pleinement de leur droit.


Propos de circonstances…


Johnny Lafleur, Président du CNPPCH, a profité de l’occasion pour remercier tous les partenaires de cette structure qui ont contribué à l’avancement de la lutte dans le pays. « Le chemin est encore long, mais pour atteindre l’objectif visé, l'implication de chaque acteur est d’une importance capitale », a souligné celui qui est connu sous le nom de Ziane, au sein de la communauté des LGBTIQI+.  


De son côté, le président du Forum, Dr Fritz Moïse, dans ses propos de circonstances, appelle la communauté LGBTQI+ et les populations clés à l'union.  Derrière ses fines montures, d’une voix déterminée, il réitère son engagement à supporter la lutte de cette frange de la société.  « Vous lesbiennes, transgenres, homosexuels, et autres, vous devez vous unir de manière permanente dans cette lutte. Très souvent, on s’attaque à un sous- secteur de la communauté, vous devez vous rendre compte que, face à de tels actes, c’est toute la communauté qui est victime.  Votre lutte est difficile et fragile. Étant président du Forum, je tiens à vous dire que vous avez l’appui total du Forum et de ses différents partenaires pour mener à bien votre combat », a-t-il déclaré.


La justice doit être pour tous et toutes


Le thème de cette année pèse lourd. Il suscite un grand débat et provoque un éveil de conscience collective. « Parler de justice pour tous et toutes, ne doit pas être circonscrit à une simple journée commémorative.  Vous devez faire des plaidoyers partout où vous vous trouvez pour gagner cette bataille. Elle ne résume pas à une affaire pénale, dans laquelle vous êtes victimes et vous souhaitez que l’auteur de l'acte soit puni. Cette justice est distributive et commutative », a relaté avec rigueur la directrice pays de Housing Works, Dr Eva Marly Steide.


Selon Dr Steide, pour rendre justice, on ne doit en aucun cas pas tenir compte de l'orientation sexuelle et de l’identité de genre d’une personne. Dans ses interventions, la médecin a invité la communauté LGBTQI et les populations clés à ne pas se confiner dans un cercle restreint et faire état des injustices subies mais plutôt de gagner les rues et les réseaux sociaux pour faire valoir leur droit et réclamer cette justice. 


Participer dans les affaires politiques du pays, un impératif


Au cours de cette journée, un panel composé de : Thara Saint-Hilaire, lesbienne politique ; Edwine Boursiquot, économiste et militant des droits humains et Jhonny Clergé, modérateur, est constitué.  Les panélistes ont réfléchi sur la représentation politique des personnes LGBTQI+ en Haïti. Comment favoriser leur participation et leur leadership dans les instances décisionnelles ? Telle est la question qui a animé le débat.  

Face à ce sujet, les intervenants ont soulevé les défis auxquels les LGBTQI+ font face pour intégrer la sphère politique haïtienne.  Pour remédier à cette situation, ils proposent certaines mesures pouvant aider à briser cette barrière. Parmi lesquelles, encourager la politique inclusive, organiser des campagnes de sensibilisation pour informer la population sur les droits des LGBTQI+.


Le CNPPCH a profité de ce moment pour décerner des plaques d’honneur à la responsable des services communautaires de GHESKIO, Dr Mureille Beck; au directeur administratif de l’organisation arc- en- ciel d’Haïti, Hérold Bellance et la présidente de KOURAJ, Hetera Estimphil, pour leur implication dans la lutte pour le respect des droits de la communauté en Haïti.

 

Esperancia Jean Noel

esperanciajeannoel@gmail 



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